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IL N’Y A QU’UNE CHOSE À DIRE:
PATAGONIA

Par Cira Riedel - Photo: Jill Dumain

patagoniaIL EXISTE, DANS LE DOMAINE DU TEXTILE ÉCO-RESPONSABLE, UNE MARQUE MODÈLE RÉPUTÉE, PRÉCURSEUR, QUI DONNE LA TENDANCE. SON NOM : PATAGONIA.

Depuis la création de son entreprise en 1973, Yvon Chouinard et toute son équipe s’efforcent sincèrement d’améliorer et de réaliser une activité durable dans le secteur du textile. Même si lui et son équipe ont répondu très modestement à nos questions (cf. tableau en page…), ils étaient cités dans quasiment tous les entretiens (sur les procédés écologiques) que nous avions organisés avec les différentes marques. Et toujours la même idée revenait : “personne ne fait mieux et autant que Patagonia…”. Ils ont en effet été les premiers dans de nombreuses branches et ce, souvent avec une attitude qualifiée de “kamikaze” qui aurait bien pu leur être fatale. Ce sont par exemple eux qui ont instauré un programme international de recyclage des vêtements. Et ils ne s’arrêtent pas là. Ils sont toujours infatigables et audacieux. Nos amis de Bluesign nous ont recommandé de rencontrer Jill Dumain, responsable depuis 1991 des questions environnementales chez Patagonia et donc véritable locomotive de la petite entreprise. Et c’est peut-être même l’une des personnes les plus influentes sur ces questions.

Patagonia est l’une des premières entreprises écologiquement responsables. Quel rôle joues-tu dans ce processus ?
Lorsque j’ai débuté, je m’occupais de notre projet de coton écologique. J’étais censée faire en sorte que nous n’utilisions plus que du coton biologique à partir de 1996. J’ai donc travaillé avec des fibres polyester recyclées et j’ai été l’une des instigatrices du Common Threads Recycling Program ainsi que de notre nouvelle initiative The Footprint Chronicles.

Qui t’inspire ?
Les gens qui travaillent assidument à trouver tous les jours des solutions à nos problèmes environnementaux sont pour moi une source d’inspiration. Cela me motive et m’anime d’échanger des idées avec ces inconnus qui s’engagent de tout leur cœur et de toutes leurs forces pour faire de notre monde un espace de vie plus sain.

Qu’est-ce qui te captive dans la vie et dans ton travail ?
Je crois qu’avoir le sentiment d’accomplir quelque chose de bien pour cette planète est en soi un choix captivant. Nous avons tous la possibilité au quotidien, que nous soyons chez nous ou au travail, de prendre des décisions qui sont bonnes ou mauvaises pour l’environnement. Et c’est un sentiment très fort et puissant que de savoir qu’on est une partie de la solution et que l’on ne contribue pas à accroître le gâchis et la pollution. Cela m’apprend en outre à me contenter de peu et à vivre plus simplement.

Peux-tu décrire ce sentiment ?
C’est un sentiment mêlé de responsabilité et de pouvoir. Plus j’obtiens de résultats et plus je suis capable de reconnaître quelles solutions sont les bonnes pour l’avenir. Je n’ai pas toujours la réponse d’emblée mais je sais que la solution s’impose d’elle-même lorsque j’y réfléchis. J’ai la possibilité d’encadrer quelques équipes ici et d’en aider d’autres à réfléchir comme nous. C’est véritablement contagieux.

Quel est ton plus grand fantasme écologique ?
Probablement ma maison. Cela fait onze ans que j’habite dans une toute petite maison de seulement 37 m². Il y a trois ans, lorsque je me suis mariée, mon époux a emménagé chez moi. Et bien que nous ayons des projets d’agrandissement, nous avons appris à nous satisfaire de très peu, tout simplement parce que nous n’avons pas de place. Nous cultivons nos propres légumes dans notre potager et apprenons à faire des conserves pour l’hiver. J’adore être chez moi.

Crois-tu que l’homme soit capable de moins consommer ? Que devons-nous changer dans nos priorités et valeurs ?
Oui, je crois vraiment que c’est possible, surtout dans les pays occidentaux. Il existe beaucoup d’endroits sur la planète où les gens ne peuvent pas à la fois moins consommer et survivre. Mais chez nous, dans les pays riches, le gâchis est tout simplement incroyable ! Je pense que les gens doivent acheter de façon plus intelligente. Il ne faut pas faire de compromis sur la qualité, car au final, on conserve les articles de qualité beaucoup plus longtemps.

Crois-tu qu’il soit possible de ne produire que des vêtements certifiés “bluesign” sur cette planète ? Est-ce notre meilleure option ?
Par expérience, je peux dire que la technologie bluesign est la meilleure option. Elle est globale et comprend de nombreuses fibres, polymères et processus textiles qui sont importants pour notre activité.
Je pense également que c’est possible pour tout le monde, mais cela nécessite quelques réglages initiaux : tout d’abord, l’industrie doit s’engager à produire de manière écologique et ensuite, les consommateurs doivent pouvoir trouver les marques qui vont dans le bon sens. Et ce sont avant tout celles qui font de la recherche et du développement dans l’écologie et qui s’efforcent d’innover pour la performance que les clients doivent rechercher. Ainsi, chacun peut plaider, par le biais de ses achats, pour de réelles améliorations.

Et pour conclure, peux-tu nous parler un peu des dernières innovations techniques de Patagonia ?
Pour l’automne 2008, 63% de notre collection sera composé de e-fibres et 47% sera recyclable via notre programme Common Threads Recycling Programm. La veste Shelter Stone est la première veste en nylon au monde qui soit techniquement recyclable. Au printemps 2009, sortira sur le marché (uniquement en Amérique) le maillot de corps en laine et polyester le plus léger de toute l’industrie,
et vite sec. La collection de sacs sera recyclable entre 47% et 100%. L’ensemble des produits phares est fabriqué à partir de matériaux 100% recyclés.
Merci beaucoup Jill !

www.patagonia.com

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