EFFECTIVE MICROORGANISMS
LES PETITES BÊTES QUI MONTENT
Par Joël Espi
Illustration Jenay Loetscher
C’EST UNE PETITE RÉVOLUTION, AU SENS PROPRE DU TERME, PUISQU’ELLE CONCERNE LES MICRO-ORGANISMES QUI NOUS ENTOURENT. UNE FOIS ASSOCIÉS, CERTAINS DE CES ORGANISMES DÉVELOPPENT DES PROPRIÉTÉS EXCEPTIONNELLES, DONT LES APPLICATIONS AU QUOTIDIEN SEMBLENT INFINIES.
Découverts il y a presque trente ans par le professeur Teruo Higa, docteur en science de l’agriculture, les micro-organismes efficaces (EM) auraient déjà dû être une macro-révolution, si les progrès en marge n’étaient pas parfois si difficile à être acceptés. Après avoir jeté sur la pelouse différentes particules, le Dr Higa s’est rendu compte, quelques jours plus tard, que l’herbe poussait mieux et se trouvait en meilleure santé dans la zone “contaminée”. Des levures, des champignons, des organismes de photosynthèse, des bactéries aérobies ou anaérobies, ce sont 80 composants qui s’équilibrent dans le mélange de base.
Quelles sont les applications de ces bêtes microscopiques ? Améliorer la pousse des végétaux, purifier l’eau, supprimer les mauvaises odeurs, aider au nettoyage, diminuer la consommation de diesel dans sa voiture… Alors que le besoin biologique est très simple – la terre est saturée avec 98% de micro-organismes oxydants contre les 2 % nécessaires –, toute la colonisation par des bactéries saines est à refaire. C’est une question d’équilibre, la notion la plus fondamentale de notre univers, mais la plus difficile à maintenir pour l’être humain et son environnement.
La mixture de base se met, par exemple, sur le compost ou le fumier pour les faire fermenter en un humus sain qui améliore la qualité des cultures. Elle est fabriquée en un temps record dans un processus analogue à celui de la choucroute. L’intégration du produit dans la terre annule le besoin de pesticides et d’autres produits chimiques ! Les céramiques, variantes qui sollicitent des fréquences vibratoires, peuvent être utilisées pour purifier l’eau, éviter la putréfaction dans les étangs et autres piscines, et même dans le réservoir diesel de votre voiture pour diminuer d’un tiers la consommation d’essence ! On trouve également des produits de beauté allant de la crème anti-âge au dentifrice. L’utilisation dans l’eau de lavage permet de purifier la maison, et aide de manière significative à retirer la saleté sans laisser de traces chimiques.
Avec toutes ces applications on ne pollue pas, et on contribue même à nettoyer notre environnement. Comme se fait-il alors que cela ne soit pas plus répandu ? D’un côté, le produit japonais commence à coloniser différentes parties du globe (de nombreux Nippons aident à replanter la forêt tropicale du Brésil grâce à ce produit au pH favorable), et la Suisse s’immisce, de manière de moins en moins marginale, dans ce lent mais prometteur mouvement. Pour certains, le manque de connaissances et le prix restent un argument habituel en la défaveur des produits biologiques ou écologiques, même si l’on peut, par exemple, diluer le produit dans la mélasse et le faire pré-fermenter pour augmenter sa quantité, et qu’à la longue les dépenses sont moindres, puisque la kyrielle de produits chimiques pour cultiver et des autres pour se débarrasser des premiers, n’est plus nécessaire.
On peut bien imaginer les réticences des lobbies chimiques, capables d’aisément faire pression sur les politiques pour maintenir un statu quo. De nombreux tests d’introduction et le refus d’utiliser ces produits à une large échelle permettent aux entreprises de déchetterie ou de production chimique (pesticides, engrais, etc.) de continuer à empocher le pactole… Encore une fois, il nous est donné la possibilité de prendre nos responsabilités, et d’initier un mouvement micro-biologique mais aussi macro-social.

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