L’HOLOGRAMME DE SALON
FANTASME OU RÉALITÉ ?
Par Joël Espi - Illustration Jenay Loetscher

DEPUIS QUELQUES ANNÉES, ON VOIT RÉGULIÈREMENT DES PROJECTIONS HOLOGRAPHIQUES DANS DES SHOWS, DES ÉVÈNEMENTS, OU À LA TÉLÉVISION, COMME LORS DES DERNIÈRES ÉLECTIONS AMÉRICAINES. LES HOLOGRAMMES NE SE SONT POURTANT PAS ENCORE DÉMOCRATISÉS, CE QUI FAIT DOUTER DE LEUR ARRIVÉE DANS LA SPHÈRE PRIVÉE ET COMMERCIALE.
Il y a déjà eu plusieurs présentations impressionnantes de ce procédé, comme le concert de Gorillaz aux MTV Awards 2005 où des hologrammes des personnages, normalement des cartoons, étaient projetés en direct sur la scène. On a également vu une image 3D de la magnifique Kate Moss, en robe flottante, lors d’un défilé pour Alexander McQueen, dans une superbe mise en scène où on voyait se matérialiser la brindille à partir de fumée. En plus petit, la marque Adidas avait installé une projection holographique dans la vitrine d’un de ses magasins. Les sportifs faisaient des exercices directement devant les passants médusés.
Alors, pourquoi ne voit-on pas encore les dinosaures s’asseoir à côté de nous sur le canapé, ou les footballeurs de la Champion’s League nous faire des passes dans notre salon ? Le procédé reste encore très coûteux. Les directeurs de CNN, par exemple, ont refusé de dévoiler le prix de la projection holographique de Jessica Yellin lors des élections présidentielles américaines de novembre dernier. Cette projection a fait fantasmer nombre de geeks amateurs de Star Wars. Le résultat final est en fait un montage : le corps de la femme est une image indépendante superposée à celle du plateau de New York où le journaliste l’interroge. Le résultat est incroyable, mais le matériel comprend vingt ordinateurs et trente-cinq caméras, plus une équipe de gens sur les dents pour cette première projection au monde d’un hologramme en direct. Autant dire que l’on doit trouver un moyen de réduire l’encadrement et le coût, pour arriver à des proportions domestiques. Les applications sont infinies. De la boule holographique de Google Earth aux reproductions de tableaux célèbres à accrocher dans son salon, tout sera reproductible et exportable.
Mais, on le sait, les concepteurs ont toujours une vision d’avance, et loin de se “limiter” à la projection holographie de salon, ils voient encore plus loin dans l’interactivité. La société Obscura Digital, déjà responsable de l’hologramme de Gorillaz, a développé un système d’hologramme “multitouch” nommé VisionAire, sorte d’écran virtuel 3D à la Minority Report. Il est impressionnant de voir les chorégraphies du “chef d’orchestre” qui manipule ces images.
On peut d’ores et déjà imaginer que l’informatique va basculer vers un engagement plus physique des utilisateurs – preuve en est la multiplication des consoles comme la Wii de Nintendo ou les ordinateurs à écran tactile qui vont arriver en force cette année – qui les impliquera de manière totale, en incluant, pour une grande partie, les gestes aux commandes, voire leur propre image virtuelle.
La première projection holographique à la télévision :
www.youtube.com/watch?v=thOxW19vsTg

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