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LILY ALLEN

lily_allenptFUNNY GIRL
Par Miguel Cid

LOVÉE SUR LE CANAPÉ D’UNE SUITE D’HÔTEL, LILY ALLEN FAIT LA MOUE. “JE NE PEUX PLUS CONTINUER À VIVRE COMME ÇA. ILS ME RENDENT FOLLE” GROGNE LA CHANTEUSE. SON INSOLENCE ET SES FANFARONNADES MASQUENT UNE MONTAGNE D‘INSÉCURITÉS. ET C‘EST POUR ÇA QU‘ON L‘AIME. RENCONTRE AVEC LA CHIPIE DE LA POP ANGLAISE.

Lovée sur le canapé d’une suite d’hôtel, Lily Allen fait la moue. “Je ne peux plus continuer à vivre comme ça. Ils me rendent folle” grogne la chanteuse, à propos des paparazzis qui squattent devant l’entrée du palace londonien où a lieu notre entretien. “Je ne peux pas avoir un copain dans ces conditions ni voir mes amis spontanément. Tout ça à cause de ces branleurs qui me suivent partout avec leurs téléobjectifs. Et puis lorsqu’on écrit des mensonges à mon sujet, cela affecte aussi les gens autour de moi. Et je n’aime pas faire du mal aux gens”. Diva, Lily Allen ? Pas vraiment. Soupe au lait, elle éclate de rire deux minutes après son coup de gueule. “Je ne suis pas aussi pourrie gâtée qu’on aime le dire”, précise-t-elle en tirant sur une Marlboro Light. La chipie de la pop anglaise est un nœud de contradictions. Révélée en 2006 sur MySpace, elle est devenue une cible privilégiée des paparazzis suite au succès de son tube Smile et des chansons piquantes de son premier album, Alright et Still. Sa grande gueule, son sens de la provoc’ et ses frasques font le bonheur de la presse people. Elle ne rate pas une occasion d’égratigner publiquement d’autres célébrités (Elton John, Katy Perry, Perez Hilton, pour ne citer qu’eux) ni de dévoiler ses états d’âme sur son blog. Alors pourquoi se plaindre si elle fait la une des tabloïdes ? “C’est vrai, je suis culottée et j’aime taquiner les gens. Mais je ne dis pas que des méchancetés ! Lorsque je dis du bien des gens, on ne le publie pas” se défend-elle. Son blog (sur lequel elle a fameusement écrit un jour “Je suis grosse, moche et plus merdique qu’Amy Winehouse”) lui apporte avant tout du réconfort. “Si je me sens mal, j’écris ce que je ressens et vingt secondes plus tard une centaine de fans me rassurent en me disant que je suis brillante”. C’est pour ça qu’on l’aime, Lily Allen. Son insolence et ses fanfaronnades masquent une montagne d’insécurité et un besoin constant d’être rassurée. Fille du comédien Keith Allen et d’une maman très rock’n’roll, la jeune Britannique s’est rebellée contre le divorce de ses parents (lorsqu’elle avait quatre ans) et un père absent (à qui elle dédie le titre He Wasn’t There sur son nouvel album) en se faisant expulser pour mauvaise conduite de toutes les écoles privées qu’elle a fréquentées. “Lorsque j’ai quitté l’école, je savais que je ne voulais pas travailler dans un bureau et que je devais faire un métier créatif, se souvient-elle. J’étais nulle en dessin et je ne m’imaginais pas devenir une bonne actrice mais j’ai toujours chanté, alors j’ai naturellement choisi la musique”. Lorsque son talent inné de songwriter et son humour mordant (”J’aime faire rire les gens pour qu’ils m’aiment, j’ai sans doute hérité ça de mon père”) la catapultent au sommet des charts, elle prétend ne s’intéresser qu’à l’argent, tout en admettant que son concert au festival de Glastonbury est le plus beau moment de sa carrière. “C’était une façon de me protéger. Si j’avais déclaré que je prenais la musique au sérieux, je prenais le risque qu’on me dise que je n’étais pas très bonne”. Après avoir été snobée aux Brit Awards et vu une nouvelle vague de chanteuses anglaises (Amy Winehouse, Kate Nash, Duffy, Adele) lui voler la vedette, la star de 23 ans avait quelque chose à prouver avec son brillant nouvel album, It’s Not Me, It’s You. “Pour moi, c’est une façon de prouver que je ne suis pas juste ‘la fille qui chante Smile’ et que je mérite toute l’attention que je reçois”. C’est désormais chose faite. Lily, on t’aime !

www.lilyallenmusic.com

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