SNOWBOARD VS. FREESKI
OÙ CELA VA-T-IL NOUS MENER?
Par andy Roth, Marco Pinggi Bleiker, Mattias Bauer
Team snowland.ch

IL ÉTAIT UNE FOIS UN TEMPS OÙ LES SKIEURS DOMINAIENT LA MONTAGNE, ET OÙ LES PIONNIERS DU SNOWBOARD SE BATTAIENT POUR OBTENIR LA PERMISSION D’UTILISER LES PISTES. QUELQUES ANNÉES PLUS TARD, LE SNOWBOARD ÉTAIT AUTORISÉ PARTOUT, ACCEPTÉ, MÊME CÉLÉBRÉ. IL ÉTAIT PUNK, GRINÇANT, STYLÉ. COMME TOUTES LES DISCIPLINES IL A FINI PAR DEVENIR ADULTE. GIAN SIMMEN NOUS A OBTENU UNE MÉDAILLE D’OR AUX JO, ET LA DISCIPLINE EST PASSÉE DE LA MARGE AU CENTRE. DÉSORMAIS, LES VENTES STAGNENT À UN NIVEAU ACCEPTABLE, ET LES FABRICANTS SE BATTENT POUR PRENDRE LA PLUS GRANDE PART DU MÊME GÂTEAU. ENTRE-TEMPS, UN NOUVEAU TREND EST APPARU EN DOUCE : LE FREESKIING. LES TWIN-TIPS ONT AMENÉ UNE PETITE RÉVOLUTION DANS LE SKI, ET LES JEUNES ADEPTES DE LA GLISSE GROUILLENT DÉSORMAIS DANS LES SNOWPARKS.
Le principal point commun entre les deux disciplines est la fascination pour les sports d’hiver. 7sky demande dans ce numéro, qui ou quoi est à la source de cette fascination. Pour nous, gérants d’un snowpark, c’est le fait que, chaque année, un nombre incalculable de kids investissent tout leur temps libre et leur budget dans les sports d’hiver, et qu’ils passent des moments inoubliables avec leurs amis dans la nature. On est heureux de constater que le snowboard et le freeskiing attirent autant de garçons que de filles à la montagne, plutôt que de se les imaginer en train de moisir devant Facebook. Mais ce qui nous fait froncer les sourcils et nous frappe, c’est l’intolérance grandissante entre les deux disciplines. Chez nous à Toggenburg, snowboarders et freeskieurs s’éclatent ensemble depuis des années. On y attache beaucoup d’importance. Mais la branche du snowboard semble avoir toute la peine du monde à accepter l’existence de deux disciplines jouissant des mêmes droits dans les snowparks. Les “Real Snowboard Brands” se gardent de laisser leur logo être associé au freeskiing. Quelques marques de vêtements ou de lunettes ne sponsorisent volontairement pas de freeskieurs, et renoncent par là à des parts de marché importantes. Dans la même idée, des magasins spécialisés ne proposent pas de matériel freeski. Quelques magazines de snowboard ne soutiennent plus que les contests où les snowboarders courent dans une catégorie à part. Et les sponsors n’acceptent le rôle de sponsor principal d’un event qu’à condition qu’il n’y ait pas de skieur. Des rumeurs ? Non, ces discussions sont à l’ordre du jour. Un rédacteur d’un important magazine de snowboard allemand nous a écrit l’automne dernier : “Ceux qui essayaient d’étrangler le snowboard par le passé remplissent aujourd’hui les parcs qui n’existeraient pas sans les snowboarders, portent nos vêtements, et incitent les entreprises à tourner le dos au snowboard et à produire des freeskis”.
C’est le genre de connerie qu’on peut entendre dans le mouvement actuellement. On rencontre aujourd’hui autant de freeskieurs que de snowboarders dans les parcs, peut-être même un peu plus de skieurs. Beaucoup de passionnés ne veulent pas voir que le snowboard est devenu adulte, et qu’il doit se définir à nouveau. Tout ce qui est estampillé snowboard n’est plus nécessairement “punk”. Les “freaks” sont devenus des athlètes. Les événements où on ne se prenait pas trop au sérieux sont devenus des compétitions qui brassent des millions. La petite famille du snowboard est devenu un sport populaire. Pour toutes ces raisons, le freeskiing passe pour être un peu plus cool auprès des kids en ce moment. Contrairement au snowboard, il a encore le souffle de l’inexploité et du révolutionnaire. En revanche, le niveau s’est incroyablement amélioré ces dernières années, le style est plus remarquable que jamais et grâce au TTR, nous avons un world tour qui fonctionne de manière très professionnelle.
Il est temps de devenir un peu plus cool et de nous souvenir de nos propres qualités. Pour nous, l’essence du sport freestyle est dans son nom : le style libre. Ce qui signifie aussi que nous devons rester ouverts aux changements que la branche opère. Le freestyle symbolise depuis toujours l’ouverture d’esprit envers les autres, les opinions, et les cultures. Cette ouverture pour ce qui est nouveau et innovant a fait du snowboard ce qu’il est. Il est donc faux de contester cette chance aux freeskieurs. Pourquoi ne pas suivre entre amis la manière dont le freeskiing se développe ?
Les mêmes personnes qui ont combattu la FIS pendant des années sont aujourd’hui autant entêtées que les fonctionnaires de l’époque, et n’ont pas remarqué que les skieurs étaient désormais très ouverts. Nous devrions leur être reconnaissants, car grâce à eux, les snowparks continueront à être rentables à l’avenir. Grâce à eux, de nouveaux marchés se développent. Personnellement, on aime voir que le sport d’hiver continue de susciter cet énorme enthousiasme sans limites. Mais cet enthousiasme doit rester accessible à tous, les snowboadeurs, les freeskieurs, les skieurs de randonnée, ou les skieurs de fond. C’est ça le freestyle : à chacun son esprit, à chacun son sourire après une belle journée. Open your mind !







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