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LOST IN JAKARTA…

LE TEAM ANAGRAM AU PAYS DES MERVEILLES…
Photos et texte par Kévin Metallier

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AH LE VOYAGE! SOURCE D’EXPÉRIENCES UNIQUES, D’ENRICHISSEMENT MULTIPLE, DE RENCONTRES INATTENDUES, D’OUVERTURE D’ESPRIT, DE SOUVENIRS INOUBLIABLES, D’AVENTURES EXALTANTES, ET MÊME PARFOIS… “D’EMMERDES”! CETTE DERNIÈRE OPTION DU FORFAIT “GRAND VOYAGEUR” EST GÉNÉRALEMENT INCLUSE D’OFFICE DANS LE PACK, ET PEUT GÉNÉRER QUELQUES COMPLICATIONS DE DERNIÈRE MINUTE NON NÉGLIGEABLES. NOTONS ÉGALEMENT QUE LA QUANTITÉ “D’EMMERDES” AUGMENTE SIGNIFICATIVEMENT AVEC LE NOMBRE DE PROTAGONISTES. ET C’EST LÀ QUE LES CHOSES SE GÂTENT, PUISQUE L’ÉQUIPE D’ANAGRAM N’A PAS EU FROID AUX NEURONES, EN RÉUNISSANT ONZE JOUEURS, TOUS PLUS DÉJANTÉS LES UNS QUE LES AUTRES, POUR CETTE TOURNÉE À L’AUTRE BOUT DU MONDE.

Autant vous dire d’entrée de jeu que ça n’a pas été du gâteau pour gérer cette bande de bras cassés au quotidien. En temps normal, une petite escapade à quatre ou cinq riders normalement constitués n’est déjà pas chose simple, alors imaginez le “merdier” à onze! Surtout lorsque le Q.I. cumulé de l’équipe avoisine péniblement celui d’une mouche! Ce fut pourtant le vrai défi de ce voyage, faire cohabiter onze débiles profonds, pendant près d’un mois, sur une île au cœur de l’océan Indien, le tout sans effusion de sang. Voici donc le récit tourmenté d’un séjour agité au pays des merveilles.

Un départ… à la carte…
Comme dans toute expédition digne de ce nom, les premiers ennuis (l’option gratos dont je vous parlais plus haut) ne tardent pas à sympathiser avec nous, avant même que le voyage n’ait réellement commencé. Alors que nous nous apprêtons à enregistrer nos bagages sur le vol SQ 331 à destination de Singapour, Nils, qui a un don pour ne rien faire comme les autres, réalise brusquement qu’il a perdu sa carte bancaire. Fâcheuse nouvelle, puisqu’en plus d’être un moyen de paiement essentiel, sa carte de crédit constitue un justificatif indispensable pour pouvoir embarquer sur ce vol. En d’autres termes, pas de voyage en Indonésie pour le Biarrot, si l’on ne parvient pas à fournir son numéro de carte bleue à l’hôtesse dans les dix minutes. La tension est palpable sur tous les visages, les premières larmes commencent à couler, et chaque seconde qui passe rend la situation un peu plus critique. Heureusement, Dorian, “monsieur j’ai toujours réponse à tout” et “j’aime montrer mon sexe à tout le monde”, met à profit ses nombreuses relations, et un petit coup de téléphone à son collègue gouverneur de la Banque de France lui permet de régler la situation, alors que tout espoir semblait perdu. Notre équipe embarque finalement au grand complet sur cet appareil de la Singapour Airlines. Nous pouvons désormais savourer les seize heures de vol qui nous séparent de notre destination finale. Trois repas et six films plus tard, nous voilà enfin sur l’île de Java, à 800 km au sud de l’équateur…

Le pays des merveilles…
Ce qui nous frappe littéralement en arrivant sur place, c’est la taille démesurée de cette ville. Jakarta n’a rien du pittoresque village de pêcheurs perché au milieu de la forêt tropicale, des rizières ou des plages de sable fin, mais s’apparente à l’une des plus grandes mégalopoles de la planète. Ici, comme ailleurs, pollution, trafic automobile incessant, surpopulation et urbanisme sauvage animent le paysage. La température ambiante, les 32°C quotidien en plein mois de novembre, nous rappelle également à chaque instant que nous sommes désormais bien loin du froid hexagonal. A l’aéroport, après que nous ayons récupéré tous nos bagages sans encombres (oui parfois ça peut arriver…), nos camarades indonésiens sont là pour nous accueillir, et nous conduisent directement dans la villa où nous séjournerons durant tout notre périple. Située dans les faubourgs au sud de la ville, dans un quartier nommé Cipete Utara-Saraswati, cette demeure est suffisamment spacieuse et bien équipée pour que toute notre troupe puisse y résider en toute quiétude… Evidemment, cette quiétude sera de très courte durée, disons le temps du premier quart d’heure sur place. Passé ce délai, un joyeux bordel s’empare progressivement des lieux. Chacun commence à répandre ses effets personnels à travers les pièces sans le moindre souci d’organisation ou de rangement. Détail qui risque très rapidement de nuire à l’équilibre fragile de notre nouvelle vie en communauté. Heureusement, un homme de ménage, que je salue bien au passage, se chargera à merveille des diverses tâches domestiques, lors de notre présence sur place, et ce pour le plus grand bonheur de tous. Sans le savoir, il nous aura épargné un nombre impressionnant de conflits en tout genre, et je n’ose même pas imaginer à quoi auraient ressemblé les lieux au bout de quelques jours à peine s’il n’avait pas été là…

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Perdu de recherche…
Vu notre nombre digne d’une équipe de football, nous n’avons pas d’autre choix pour nous déplacer à travers la ville que de prendre systématiquement plusieurs taxis. Nous parviendrons cependant, à Bali, à grimper à douze dans le monospace de Guillaume, mais cet exploit ne se produira qu’une seule fois, pour des raisons élémentaires de sécurité et de confort. L’enjeu principal avec le cortège de taxis, consiste à ne pas se perdre dans l’immensité de la capitale indonésienne. Il faut préciser que la majorité de nos déplacements se font en direction de spots propices à la pratique de la plaque à roues, éparpillés aux quatre coins de la ville et, de fait, qui coïncident rarement avec des curiosités touristiques ou des places centrales. Du coup, sans l’aide de nos amis locaux, et principalement du Captain Mirza, nos chances d’arriver à destination tous ensemble s’amenuisent fortement. Ajoutez à cela le fait que la proportion de chauffeurs de taxi parlant anglais à Jakarta avoisine les 0,01 %, et vous voilà au cœur d’un joyeux “merdier”. Moins d’une semaine après notre arrivée sur place, ce qui devait inéluctablement arriver arriva: la perte d’un des cascadeurs de l’équipe. Et c’est Bastien, le plus jeune mais aussi le plus intrépide d’entre nous, qui s’y colle. Chacun son truc me direz-vous. Certains tentent le tour du monde en 80 jours, Bastien lui, n’aura besoin que de trois secondes pour se perdre dans Jakarta! Le plus fort dans tout ça, c’est que personne ne réalise l’absence du jeune Bayonnais. Ce n’est qu’au bout de plusieurs heures, une fois de retour à la maison, alors que la nuit est tombée et que la question du repas se pose, que nous prenons finalement conscience du drame… Après avoir parcouru de nombreux kilomètres seul sur son skateboard, en tentant sans succès de retrouver son chemin et avoir essuyé un violent accrochage avec une moto qui aurait pu lui coûter la vie, Bastien finit miraculeusement, avec l’aide d’un autochtone très magnanime, par trouver un moyen de nous contacter, ce qui nous permettra de le tirer d’affaire… A l’heure qu’il est, le jeune homme est encore sous le choc, et n’ose plus s’aventurer seul dans les rues, même chez lui à Bayonne, de peur de ne plus retrouver son chemin et de finir ses jours à errer dans l’espace tel un Ulysse en perdition…

Sucré, salé…
Parmi les aspects fondamentaux du voyage, il en est un auquel tout le monde attache de l’importance, et particulièrement les ventres à pattes qui composent notre équipe, vous l’aurez compris, je veux parler de la nourriture. L’avantage ici, c’est que le coût de la vie est si peu élevé qu’il est possible de s’octroyer une violente fracture du bide à n’importe quelle heure du jour et de la nuit pour un euro à peine. La cuisine locale est le plus souvent composée de riz ou de nouilles sautées, avec des légumes cuits et des émincés de viande, souvent de la volaille (appelé Nazi Goreng ou Mie Goreng), mais aussi de soupes diverses et variées. Certains d’entre nous, les plus aventureux du groupe, ne reculeront devant rien pour s’alimenter, en essayant toutes sortes d’expériences culinaires, même chez les petits marchands ambulants où il ne vaut mieux pas penser à la provenance de la viande ou être pointilleux sur les règles élémentaires d’hygiène. L’avantage dans cette région tropicale, c’est qu’il existe une quantité et une variété inimaginables de fruits, qui nous permettent de savourer de succulents jus exotiques quotidiennement. Autre curiosité gustative locale, les Donuts au chocolat et au fromage râpé! Un mélange assez spécial, qui fait recette ici, mais qu’aucun d’entre nous ne se risquera à goûter. Notons que mis à part Benat, qui a dû avoir la diarrhée du début à la fin du voyage, les autres ne semblent pas avoir eu de problèmes gastriques majeurs à déplorer. Heureusement. Imaginez un peu onze personnes vivant les unes sur les autres ayant toutes la “chiasse” simultanément… Ça fait désordre!

Escapade balinaise…
Difficile de séjourner à Jakarta sans aller passer quelques jours sur l’île de Bali. Petit coin de paradis, nettement plus touristique que Java, Bali est réputée pour posséder parmi les plus belles vagues de la planète. C’est pour cette raison que nous croisons sur place un nombre irréel de surfers australiens. Facilement reconnaissables à leur tête blonde et à leur corps athlétique, ils se retrouvent systématiquement la nuit venue à se vomir les uns sur les autres, après la bonne bagarre du soir… espoir. Pour notre part, nous sommes avant tout sur place, non pas pour le surf et le vomi, mais pour un contest de skateboard au Base Skatepark. Il faut dire que nos hôtes et amis sur place, Niko et Guillaume, deux frangins fort accueillants et motivés, sont à l’origine de la construction du plus gros skatepark d’Indonésie, à Bali, et développent ainsi le skateboard dans cette région. Certains d’entre nous décident ainsi de participer au contest international, étant donné que nous nous trouvons sur place. Contre toute attente, c’est notre “filmeur”, Seb Abès, qui montera sur la plus haute marche du podium en empochant au passage les 1000 dollars de prize money, tandis que Romain Jorda prendra la troisième place et repartira quant à lui avec 300 dollars en liquide… Inutile de préciser que la soirée qui suit est pour le moins arrosée, à tel point que certains d’entre nous gagnent haut la main leur titre honorifique de véritable surfer australien! Malgré toute cette agitation, durant ce court séjour à Bali nous trouvons le temps, armés de nos 125cc de location, de faire un peu de tourisme. Visite du fabuleux temple de Besakih (notons que l’hindouisme est la première religion chez les Balinais, contrairement au reste du pays, très largement musulman), baignades dans une eau turquoise à 29°C, balades pédestres au cœur de la forêt tropicale et de sa végétation luxuriante, sessions de skate enflammées au milieu d’un parc d’attractions désaffecté envahi par la forêt vierge et les crocodiles… Bref, autant vous dire qu’on a largement profité de notre séjour à Bali, qui aurait toutefois pu se solder par un regrettable crash aérien lors de notre vol retour vers Jakarta. Le seul conseil que j’aurais à vous donner à ce sujet, au cas où vous vous trouveriez un jour dans cette situation, ne montez jamais dans un appareil de la Lion Air ! Cela pourrait vous être fatal, comme ça l’a été à des centaines de passagers en 2006. On a d’ailleurs trouvé un nouveau slogan pour cette compagnie aérienne: “Lion Air, la mort assurée, à prix dégriffés!”. En tout cas, j’en ai longuement discuté avec mon camarade Julien, qui a failli faire un infarctus à bord, et on est tombé d’accord, la prochaine fois on fait le trajet à la nage…
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Epilogue…
Difficile donc de résumer au travers de ces quelques pages, l’intensité de notre voyage au cœur de ce merveilleux pays. Un périple dépaysant plein de contrastes et de rencontres, durant lequel nous aurons tous été marqués par l’incroyable gentillesse et l’accueil chaleureux des Indonésiens, mais aussi par la beauté des paysages et de la nature sauvage (surtout lorsque vous vous éloignez de Jakarta). La prolifération de moustiques n’aura pas non plus manqué de nous marquer (surtout mes deux bras…). Ce séjour nous aura également appris à vivre en communauté, à mieux connaître l’autre, surtout lorsqu’on se retrouve à devoir déféquer pendant que son pote prend sa douche face à soi. Nous aurons aussi connu l’étrange sensation de devenir millionnaire et appris le langage des signes pour communiquer avec les chauffeurs de taxis. Bref, tout le monde gardera un souvenir impérissable de ce séjour, surtout Dorian qui en aura profité pour montrer son sexe à tout le monde. Romain, pour sa part, rêve désormais de retourner vivre en Indonésie, et ira même jusqu’à rater son vol de retour! Est-ce un signe divin ??? Nan, juste une clope de trop…

L’équipe des onze sélectionnés:
Ludovic Masselot, recruté à l’inter-saison à Bayonne. Il est venu renforcer le milieu offensif de l’équipe. Son style et son bagage technique impressionnant font de lui un joueur très réaliste, qui concrétise systématiquement ses actions.
Benoit Stevenot, dernier transfert au sein du club, également en provenance de Bayonne, et coéquipier de longue date du précédent. Il joue au bout de l’attaque, et possède une vitesse de pointe et une endurance hors du commun, sans parler de son jeu de tête qui peut faire très mal…
Nils Inne, le créatif de l’équipe, milieu récupérateur de talent. Il trouve toujours une ouverture là où personne ne passe, et possède les meilleures stat’ de l’équipe au niveau des passes décisives. Il détient le record de sélections au sein de l’équipe.
Romain Jorda, capitaine de l’équipe, issu du centre de formation du Toulouse Football Club. Il est l’un des plus anciens de l’effectif, et incarne sérénité et lucidité au sein du groupe… Non pardon, j’ai inversé les fiches là! Lui c’est tout l’inverse, c’est un surexcité qui ne pense qu’au jeu, toujours à fond, sur tous les ballons, il est capable de créer l’exploit à tout instant. Les défenses adverses le craignent énormément… ses coéquipiers aussi…
Jean-Mathieu Vincent, star internationale de l’équipe, fraîchement débarqué du Canada, où il a longtemps été parmi les meilleurs joueurs du championnat. Malgré une blessure tenace, il sera titularisé pour cette coupe indonésienne, et s’illustrera à plusieurs reprises, lors de majestueuses phases de jeu.
Bastien Duverdier, l’une des plus jeunes recrues présentes sur la feuille de match indonésienne. Il est particulièrement redoutable dans le jeu aérien et possède un excellent contrôle, qui font de lui le pilier de la défense Anagram. Le montant de son transfert est le plus exorbitant de l’équipe.
Dorian Lesca, entraîneur général. Il gère les tensions, et maîtrise parfaitement les diverses spécificités et combinaisons possibles afin d’optimiser l’efficacité de son équipe. Il est également l’un des deux fondateurs du club, et ressemble physiquement à un certain Guy Roux, avec un sérieux penchant pour l’exhibitionnisme en plus…
Julien Braun, actionnaire majoritaire du club. C’est lui le patron à bord, toujours à l’écoute, et jamais à court de ressources. Il gère les budgets, les transferts et se charge de toute la logistique liée à l’équipe.
Sébastien Abès et Kévin Métallier. Nous formons tous deux l’équipe technique, et nous nous chargeons de l’image de l’équipe, de tous les communiqués de presse, de l’évènementiel, des interviews des joueurs, le tout après consultation avec Mr Braun et Mr Lesca.
Anne-Sophie Rochette, la seule blonde du staff. Personne ne sait réellement à quoi elle sert, mais elle entretiendrait des relations étroites, voire sexuelles, avec l’entraîneur. Ceci explique cela. En tout cas, elle possède un sacré sens de l’humour, conséquence probable de sa couleur de cheveux…

L’Indonésie en quelques chiffres:
4ème état le plus peuplé au monde. Plus grand archipel de la planète composé de plus de 17′000 îles dont 6′000 sont actuellement habitées. Les plus grandes sont Java, Sumatra, Bornéo. L’île de Java: 120 millions d’habitants, 850 habitants au km2 (soit 60 % de la population totale indonésienne). La forêt tropicale: elle couvre 30 % de la surface de l’île de Java. Le change: 1 euro = 13′000 Rp. 1 menu Big Mac = 25′000 Rp (soit moins de 2 euros). 1 Nazi Goreng = 8′000 Rp (assiette de riz aux légumes, typique, copieux et très bon). 1 billet d’avion A/R Jakarta-Bali (1h30 de vol) = 65 euros. 1 billet de train express Jakarta – Bogor (1h20 de trajet) = 1 euro. 1 course en taxi (environ 30 min) = 2 euros. Location d’un scooter 125cc pour une journée = 2,50 euros

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