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TIME FILM FESTIVAL

LAUSANNE, LA CAPITALE DU COURT-MÉTRAGE
Par Benoit Thil

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LA 3e ÉDITION DU TIME FILM FESTIVAL S’EST DÉROULÉE SUR L’ESPLANADE DU FLON LES 19 ET 20 JUIN. SE FAIRE UNE TOILE, UNE NUIT D’ÉTÉ, DEHORS, AU CŒUR DE LA JUNGLE URBAINE ? LE RÊVE ! UN RÊVE, PROPRE À BEAUCOUP DE CINÉPHILES, QUE NICOLAS MESPLE A FAIT UN JOUR DE 2005. TANT MIEUX, C’EST AINSI QU’UNE BELLE AVENTURE A DÉMARRÉ, C’EST AINSI QUE LE TIME FILM FESTIVAL DE LAUSANNE EST NÉ.

“D’accord, mais quel intérêt ?”, entonneront en chœur les esprits chagrins encore sous le charme du géant cannois. Comme son nom l’indique, le Time Film Festival de Lausanne fait référence au temps. Nous y voilà ! Le temps ? Oui, le temps que naisse un rêve… On l’aura compris, la manifestation (gratuite et en plein air) qui s’est déroulée les 19 et 20 juin dans le quartier du Flon a remit à sa place le court-métrage. Le court ? L’incontestable matrice du cinéma, pour sûr.

La Sortie des usines Lumière, L’Arroseur arrosé, L’Arrivée d’un train en gare de la Ciotat sont les premiers balbutiements bouleversants d’un art, le septième. Quelques poignées de secondes pour imprimer éternellement la légende sur la toile blanche. Quelques secondes sans lesquelles le cinéma ne serait qu’un mot vide de sens, aussi énigmatique aujourd’hui que le monolithe noir de 2001, l’odyssée de l’espace de Stanley Kubrick. Zoomons encore sur le cœur du problème. Qu’auraient fait ces enchanteurs qui se sont “amusés” à dilater le temps jusqu’au vertige (on pense notamment à Leone avec Il était une fois dans l’Ouest ou à Michelangelo Antonioni avec Profession reporter) s’ils n’étaient pas passés avant par l’exercice excitant mais incroyablement contraignant du court-métrage ? Des films de famille tremblotants peut-être mais assurément pas des chefs-d’œuvre. Le court pour parfaire la technique, le court toujours pour parfaire le goût puis le sens de la narration. Sans cela, on pourrait tout oublier dans le domaine de l’écran large.

Pour la troisième fois (l’an passé, la manifestation s’est elle-même mise entre parenthèses pour cause de championnat d’Europe de football), le Time Film Festival a investi l’Esplanade du Flon, avec son écran géant (12 sur 10 mètres) et son projecteur numérique 20     000 lumens. Le jury (cinq membres qui distribuèrent des prix d’un montant total de 10000 francs) et surtout les milliers de spectateurs attendus, ont pu découvrir une cinquantaine de films (suisses et internationaux) répartis en trois sélections (moins de 6 minutes, moins de 3 minutes, moins de 1 minute) ou encore apprécier les nombreuses animations. Rappelons-nous le vieux slogan : “Quand on aime la vie, on aime le cinéma”. Pour y ajouter le plus naturellement du monde : “Et quand on aime le cinéma, on fête le court”…

www.timefilmfestival.ch
(Affiche: www.doriane.ch)


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