FAT BLACK SEXY MAMA
THEY ROCK !
Par Joël Espi
ENTRE UN CERTAIN KITSCH DU ROCK “CUIR ET TATOUAGES”, ET LES REMIX DE DJ NATIONAUX, FAT BLACK SEXY MAMA TROUBLE, POUR SON PLUS GRAND PLAISIR ET CELUI DE SES (FUTURS) FANS. AVIDES DE PRÉCISION, DE TRAVAIL ET BOULIMIQUES DE MUSIQUE, NICO ET HEDI, LES DEUX MEMBRES SUISSES DU GROUPE, ONT TRAVAILLÉ D’ARRACHE-PIED POUR CONCEVOIR ET PROMOUVOIR LE PREMIER ALBUM DU GROUPE QUI COMPTE TROIS AUTRE MEMBRE, À L’ÉTRANGER.
Nico : le chanteur, une voix qui se ballade sur la rocaille, une formation de batteur au Conservatoire de jazz, et des années d’expérience dans la musique. Hedi : batteur expérimenté, et fondateur du studio Groove Attitude de St-Prex (VD), dans lequel sont passés de nombreux artistes de la région. Les deux passionnés ont décidé de former un groupe eux-mêmes. Le nom, Hedi l’avait déjà : “Fat Black Sexy Mama”, tiré d’un surnom donné à la chanteuse Sandra Reaves Philips dans un article de journal. C’est le côté authentique de la “perfect black sexy mama” qui a séduit le batteur, cet aspect roots et fier de ses origines.
C’est justement le cas de Hedi qui, à moitié Serbe, a recruté des musiciens de ce pays pour compléter le groupe. Des talents certains, pour ne pas dire des virtuoses. Tommy, Johnsy et Netza passent leurs journées à gratter ou à jouer, et pratiquent leur art avec une assiduité que l’on ne connaît pas chez nous, d’après eux. “Il y a toujours une excuse pour arrêter ou diminuer la musique”, m’expliquent les deux musiciens. C’est également en Serbie que les membres du groupe ont tourné le clip vidéo Stand up and Dance, et c’est là qu’ils joueront leurs concerts cet été, lors de festivals et d’une mini-tournée de quelques dates.
Leurs origines, ce sont aussi et surtout leur musique et leurs influences. Avides de son, affairés durant des mois à donner la couleur qui leur convenait à l’album, Hedi et Nico dévorent sans transition ni cloisonnement Prince, Lenny Kravitz ou Led Zep’, de la pop ou même de la chanson française. Back to Basics, le titre de leur album, montre cette volonté d’hommage à toutes sortes de genres musicaux allant du hard mélodieux au grunge, en passant par le funk, le jazz ou la musique de film. Remixé l’année dernière par le DJ Igor Blaska, Bring me to Life a été intégré à la compilation du MAD de Lausanne, et Stand up and Dance a été remixé par Romain Peletti, DJ résident du Bypass de Genève. Avec un sens de l’autodérision et une volonté de surprendre, le groupe s’est amusé à passer pour une formation “dance”. A la conception de son album, le groupe est retourné à ce qui le faisait vibrer : le rock. C’est le fil conducteur de cet album mosaïque, un mélange entre un son pur et authentique et une volonté de renouveler les genres, que les cinq musiciens explorent, en prenant le plus grand soin de ne correspondre à aucun courant préétabli. Fat Black Sexy Mama est un groupe un peu unique, qui demande à se faire écouter plusieurs fois pour saisir toutes les nuances que ses membres ont savamment distillées dans leur premier CD.
Devenir des stars ? Pourquoi pas, mais pas prioritairement. Hedi et Nico expliquent que, grâce aux nouvelles technologies, il est possible de vendre des morceaux et des albums à travers le monde. C’est justement grâce à ces réseaux de promotion que Fat Black a trouvé des dates de concert à travers le monde, organise une autre tournée qui démarrera au Cap d’Agde, et qui passera par la Suisse à la fin de l’année, des émissions de radio, des interviews télé… FBSM est non seulement tourné vers le présent, le futur, mais revendique également un son authentique et pur, comme par exemple celui des Beatles. Le groupe aime les contradictions et c’est pour cela qu’on les aime…

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