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LAST HOPE

UN CONCENTRÉ DE MAGIC MOMENTS
Photos et texte by Stéphane Robin

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DANS LA LIGNÉE DE LITMUS ET DE MORNING OF THE EARTH, LAST HOPE EST UNE COMPILATION DE COURTS MÉTRAGES, QUI REFLÈTE L’ESSENCE D’UN LIFESTYLE. ICI, LE SURF SE TRADUIT PAR UNE DYNAMIQUE DU FLOW, AUX ANTIPODES DES STANDARDS DU SLASH AND BURN ORDINAIRE. UN MAGNIFIQUE ESSAI COLLECTIF.

Il pleut sur Biarritz. Il est tard. J’ai pris ce film avec moi, au cas où. Et j’ai bien fait. La fille que je suis venu voir s’est endormie avant que l’on termine la deuxième bouteille de vin. Elle est encore là mais en même temps elle est déjà un peu partie vers N.Y., où elle va bientôt refaire sa vie. Elle m’a laissé seul dans le grand canapé du salon. J’en ai donc profité pour visionner Last Hope. Si la vie est faite de moments, celui-là allait être grandiose. Je ne me rappelle plus très bien à partir de quand j’ai été aspiré dans l’univers à la fois familier et onirique de ce film. Mais j’ai vite perdu pied, transporté dans une galerie de portraits, tellement vrais, tellement loin du storytelling et de la propagande d’aujourd’hui. Un retour à la source, à l’essentiel. Ici la vague n’est rien d’autre qu’un territoire d’expression sans limite, où tous les styles ont leur place. Un antidote au formatage, dans le respect de l’être, et des autres. Maintenu éveillé par un son de guitare folk envoutant, je ne peux plus dire depuis combien de temps je suis posé devant l’écran. Le rapport au temps s’est soudainement distendu. Je suis perdu quelque part, au milieu des seize chapitres de cette œuvre collective. Les morceaux de footage transgénérationnels offrent une résonance à ceux qui sont venus avant nous et à ceux qui leur emboîtent le pas. Un film sur le partage, la beauté et le doute. Un film pour transmettre. Un film qui se démarque de toute notion utilitaire. Il n’est question ici que de performance esthétique. Le feeling que dégage le son de la guitare des Brown Birds from Windy Hill est à lui seul un concentré de pure joy.

Soul surf music
Si le surf est une suite de moments premiers, qui d’autre que des surfeurs peuvent traduire cette fusion entre le temps, le bleu, le passé et le présent. Andrew Kidman et Neal Purchase Jr. sont les musiciens de leur propre film. Ces deux-là se sont rencontrés presque par hasard, en surfant, il y a huit ans. Ils avaient pas mal de choses en commun, et ont commencé à jammer ensemble. Auteur de la bande-son de son autre film, Litmus, Kidman s’était d’abord associé avec Mark Sutherland au sein d’un groupe appelé The Val Dusty Experiment. Neal Purchase Jr. les a rejoint ensuite, pour former un trio de soul surfing musicians. Avec Kidman au chant, les Brown Birds from Windy Hill arrivent à nous transmettre une émotion insaisissable. L’osmose parfaite entre la vie et le surf. Certains morceaux du film sont extraits de leur performance live au Byron Bay Music Festival, ce qui ne fait qu’accentuer la portée du message. Bercé par un flow psychédélique, j’ai terminé le vin et je me suis endormi à mon tour. A mon réveil le film tournait encore, comme l’éternel reflet bleu qui scintille la nuit à la surface des vagues… inaltérable.

On ne célèbrera jamais assez la vision prophétique et le talent de tous les surfeurs cinéastes et musiciens qui ont participé à ce film. Jon Frank, Alby Falzon, Patrick Trefz Richard Kevin et les autres…

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