SKATE OR DIE
LE 6 FÉVRIER, SUNNYDAY SE PRODUIRA AU VOLKSHAUS
POUR UN CONCERT AU SON PUNK-ROCK INOUBLIABLE
Par Corinne Tâche-Berther – de l’allemand par Jessica Lang – Photo Skate Or Die
EN VUE DE CET EVENT À ZURICH, NOUS AVONS INTERVIEWÉ LE SYMPATHIQUE LEADER DU GROUPE SUNNYDAY, SANJAY, QUI TRAITE DANS SES CHANSONS DES THÈMES TELS QUE LE SUICIDE, LES DÉPRESSIONS ET LES PROBLÈMES DES JEUNES. IL EST MAGIQUE CE SANJAY! JUST LIKE THAT. YEAH.
Dis-nous Sanjay, que signifie pour toi la magie ?
Humm.. La magie est quelque chose de l’au-delà et non pas d’existentiel..
As-tu alors déjà vécu quelque chose de la sorte ?
ça dépend comment on voit la chose. Peut-être quand je me produis sur scène ou quand j’assiste à un concert. Bien sûr, ce n’est pas habituel mais on ne peut pas le décrire car c’est un sentiment que l’on ressent et qui n’est pas de ce monde.
Que ressens-tu quand tu fais de la musique ?
Une énergie incroyable, des dérives extatiques, mon propre et meilleur monde.
Le tout sans drogues ?
Bien sûr ! Tu n’as pas besoin de drogues pour ça. A part l’alcool, je ne consomme aucune drogue. Mais je dois l’admettre : en étant un peu saoûl, je perçois les choses avec plus d’intensité.
Quel a été ton aventure la plus magique jusqu’à maintenant ?
Certainement San Diego. Ou une femme.
Qu’est ce qu’une belle femme pour toi ? (Sur son fond d’écran, des femmes nues à forte poitrine… ce qui colle un peu moins avec l’image qu’il véhicule)
Blonde aux yeux bleus… Non, j’ai un faible pour les blondes mais chez la plupart des femmes, le visage exprime de la magie. A travers un regard ou un contact, une sorte d’éclair te transperce tout le corps et t’électrifie.
Sur scène, quand se produit la magie ?
La plupart du temps, je chante les yeux fermés. Dans les shows de casting je n’ai pas l’occasion de l’apprécier car le show est trop technique. En revanche, je trouve ça bien, car tu es complètement dans ton monde.
Pendant combien es-tu dans cet état ?
Assez longtemps ! Tout le long du concert en fait. Le plus intense c’est quand on vit pleinement la chanson. Quand elle se termine, tu es toujours autant “étourdi” et pas à 100 % présent. Bien que tu perçoives le monde extérieur, tout y est filtré comme si tu regardais à travers une vitre.
Ok, parle-nous cette vitre… (Je rigole)
(Lui aussi)… Oui, je l’admets, des fois j’en ai une grande (en allemand on utilise cette expression pour dire qu’on est saoûl), mais c’en est une autre de “vitre” !
Skate or Die ? Fais-tu du skate ?
Malheureusement non, mais j’aurais bien aimé ! J’ai une polio à la jambe gauche. J’aime la mentalité et la spiritualité des skateurs. Ce sont des personnes agréables et elles me fascinent. La musique a été pour moi une façon de remercier le monde du skate, du surf et du snowboard pour les moments uniques qu’ils me procurent. Quand je ferme les yeux, je vois en face de moi un skateur parcourant les rues de San Francisco, un snowboardeur sautant d’un hélicoptère ou un surfeur affrontant une vague de 3 mètres. L’énergie que l’on ressent à ce moment-là, j’essaie de la transmettre à travers ma musique.
Quels sont les thèmes clés de tes chansons ?
En grande partie, je traite des problèmes des jeunes et les questions telles que les premiers amours, devenir adulte, que signifie l’appartenance à quelqu’un/quelque chose, le sentiment de solitude, les gens qui ne connaissent pas cela, les dépressions, le suicide et un peu la politique. Ensuite je me marre avec des songs sur Britney Spears par exemple. Ce sont des chansons qui me viennent quand j’ai une “vitre”.
A 16 ans, tu as renoncé au piano et à la musique classique pour te consacrer à ta voix, à la guitare et à la batterie jusqu’à la sortie de ton premier album en 2007 Life Just Sucks. Comment es-tu parvenu à cela ?
Le déclic a été le cadeau de l’album live Mark, Tom & Travis Show de Blink 182 de la part d’un ami. Depuis ce jour, j’ai été totalement attiré par le punk et je décris ma musique comme du “California punk”, mélangeant un son skate, de la mélodie punk et de la pop-punk.
Quels sont tes modèles, tes héros ?
Toujours et encore Blink 182. Cela m’est complètement égal que les gens disent que c’est un groupe qui fait du commercial ou des trucs comme ça. Travis est le meilleur batteur du monde, Tom écrit les plus belles mélodies et possède la meilleure voix et Mark… Ils sont tous les trois des types géniaux. Tout fonctionne, leur sympathie et leur musique.
Pourquoi Skate or Die ?
Je voulais produire une plateforme pour les groupes, qui leur apporterait également quelque chose. Premièrement, quand tu dis que tu as joué au Volkshaus, c’est très qualitatif ! Deuxièmement, le punk n’est pas encore tellement accepté. Il existe peu de clubs zurichois qui passent du bon punk…. mais ça, c’est une question de goût. Avec seulement trois accords, Greenday a offert tellement de choses… Trois “putains” d’ accords qui déclenchent autant de fascination que de modes de vie ! C’est assez remarquable de voir ce que l’on peut atteindre avec si peu. Pour toutes ces raisons, I love punk-rock !
Qui jouera avec toi le 6 février au Volkshaus ?
Random Hero d’Allemagne, plus exactement d’Erlangen, et Headliner-Band Itchy Poopzkid d’Allemagne également. Les deux groupes vont dans la ligne inter-humaine. On accorde à l’autre le succès sans avoir l’allure de stars, ce qui est important pour un organisateur.
Qu’est-ce que Skate or Die t’apportera ?
Le but est de continuer à aller de l’avant avec d’autre bands. Créer une plateforme qualitative, pousser les groupes à prendre cela au sérieux et à s’investir à fond dans leur musique.
Malgré tes paroles à connotation dépressive, tu es une personne magique. Pourquoi tant de mélancolie ?
Le contenu de mes chansons n’est pas fictif mais bel et bien tiré d’expériences personnelles. Les 90 %, je les ai vécu moi-même et les 10 % restants je les ai repris d’autres personnes. Les chansons sont personnelles et proches de la réalité car j’ai vécu des choses difficiles. Pour moi, chanter est comme une sorte de thérapie, le traitement de tous les problèmes, des frustrations, de la colère, de la haine, de l’isolation… De tout et en partie de ce que j’ai vécu à l’école. Parfois, je suis moi-même étonné des textes. Cependant le son est toujours très énergique. A mon avis, la musique ne doit pas seulement divertir mais également transmettre un message. Et ceux qui s’y intéressent s’y reconnaîtront. Les paroles doivent dire : “Hé, tu n’es pas le seul à vivre cela”.








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