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LEE EVERTON

SING A SONG FOR ME
Par Corinne Tâche-Berther

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EST-CE QUE LEE EVERTON EST LE NOUVEAU “JACK JOHNSON” SUISSE ? EN CE MOMENT, LE TRÈS STYLÉ MUSICIEN ET ARTISTE ENTAME SA TOURNÉE MONDIALE AVEC SON ALBUM SING A SONG FOR ME AU JAPON. EST-CE QUE CE PAYS, RESPONSABLE DU SUCCÈS DE NOMBREUX GROUPES, SERA AUSSI LE TREMPLIN IDÉAL POUR LA CARRIÈRE DE LEE ? NOUS L’AVONS RENCONTRÉ À ZURICH EN OCTOBRE.

A ton avis, comment vas-tu gérer le succès, une fois que ta carrière aura démarré pour de bon ?
Je dirais que, pour l’instant, je fais de la musique depuis assez longtemps pour ne pas perdre pied, du moins pas encore. Je reste modeste, et je vis simplement. Mais je suis très curieux du feedback sur notre musique.
As-tu peur de jouer en public ? De la critique ?
Assez peu, étonnamment. Même enfant, je n’ai jamais eu le trac. Lors d’apparitions sur scène, il existe souvent ces “moments magiques”, où la musique devient comme autonome. Peut-être, le guitariste ou le batteur joue quelque chose de manière légèrement différente, et si le public applaudit, il se dégage de l’instant une telle intensité, une telle dynamique, que tu te laisses emporter.
Est-ce qu’il t’arrive d’avoir des black-out sur scène ?
Heureusement, ça ne m’est encore jamais arrivé. Mais il m’est déjà arrivé d’oublier une partie du texte. Parfois, on improvise. Dans le pire des cas, je reprends la strophe précédente. Tant que le groupe ne perd pas lui-même son assurance, le public n’y voit en général que du feu.
Parle-nous de ton style très original.
Je porte les mêmes vêtements en privé que sur scène… Je suis branché, mais je ne suis pas la dernière mode, et j’évite le mainstream. Je donne de l’importance à la qualité des fringues, j’aime les coupes rétro et les méthodes de confection des années 40 et 50, les boutons nacrés et les coutures de qualité. J’aime la mode venu du Japon. A mon avis, ils possèdent non seulement les meilleurs magasins de musique, mais aussi les meilleures boutiques.
Presque toutes tes chansons parlent d’amour, souvent d’histoires d’amour difficiles à digérer. Est-ce que ces histoires sont issues de ta vie ?
Je ne souhaite pas aborder mes histoires personnelles lors d’interviews. J’avoue que raconter des histoires qui contiennent des éléments autobiographiques me tient à cœur. Mais lors du processus d’écriture des chansons, elles prennent souvent une tournure propre, une direction qui s’éloigne du vécu personnel. En tant qu’artiste, il faut l’accepter.
Comment te décrirais-tu en amour ?
Je suis clairement quelqu’un de romantique, mais pas nécessairement naïf. En tant que fils de parents divorcés, j’ai assez d’expérience pour savoir que le grand amour n’est pas simple à trouver, et qu’il n’est pas indispensable à tout prix. Les histoires passagères peuvent parfois suffire. Je recherche une certaine profondeur, et je m’intéresse aux femmes qui sont enthousiastes. Je me méfie du physique, ce sont toujours d’autres caractéristiques qui finissent par me fasciner. J’en aime une pour ses idées délirantes, puis une autre pour sa façon de concevoir le monde, et une autre pour son beau cul… Je trouve que les gens devraient avoir moins peur de montrer leurs sentiments, qu’ils devraient plus vivre leur relation comme les adolescents, emmenés par leurs instincts. Car le cumul d’expériences présente aussi des dangers.
Qu’as-tu compris aux femmes ? Quelle est ton expérience personnelle ?
Long silence. Hmm… Il est difficile de dire quelque chose sur les femmes en général sans tomber dans le cliché. J’apprécie le regard des femmes sur les détails. Les hommes cultivent souvent une tendance au fanatisme, ils aimeraient changer le monde. Ce qu’ils font, ils veulent le faire parfaitement. Les femmes savent se réjouir simplement, quand elles trouvent une fleur sur le bord de la route par exemple. Il y a beaucoup de choses que l’on fait différemment en compagnie d’une femme, on se promène différemment.
Tu es graphiste, tu possèdes un studio, et tu enregistres des groupes comme Phenomden, Seven, DODO, Sektion Chuchichäschtli, et ce depuis déjà sept ans. Est-ce que tu souhaites désormais vivre entièrement de ta musique ?
Jusque-là, tout s’est enchaîné de manière assez naturelle. J’aimerais travailler encore plus pour d’autres musiciens en studio tout en continuant de travailler en tant que graphiste, car c’est toujours très excitant et inspirant. Ce n’est que l’année dernière que j’ai décidé de consacrer plus de temps à mes propres projets. L’année prochaine, j’aimerais bien prendre quelques mois de congé sabbatique. Rien que ma guitare et moi, partir n’importe où, et peut-être me consacrer à nouveau au piano. J’aimerais bien me prendre du temps pour ça… En général, je n’en ai jamais assez.
Qu’est-ce qui te touche le plus dans la musique, en général ?
La sensation que j’éprouve en l’écoutant… Les aspects techniques m’intéressent moins. En ce moment, je trouve qu’il se passe plein de choses très excitantes dans la jeune scène musicale suisse. Par exemple, je suis un très grand fan de la jeune artiste Fiona Daniel, qui vient de sortir de mon studio, ou de Phenomden, Sophie Hunger, etc… C’est un peu comme dans le foot : les jeunes footballeurs shootent différemment qu’on le faisait il y a encore 10 ans. Ça nécessite un certain courage et du culot.

Distribution : Nation Music‚ Sing a Song for Me
www.myspace.com/leeeverton

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