LADY SOVEREIGN & CADDY PACK
DES FEMMES QUI VOIENT LA VIE EN GRAND
Par Jonas Brander / restorm.com
LA PLATEFORME MUSICALE RESTORM.COM A DÉCOUVERT CADDY PACK, ÉTOILE MONTANTE ET PROMETTEUSE GERMANO-AMÉRICAINE DE TOUT JUSTE 20 ANS. ELLE L’A INVITÉE POUR UNE PREMIÈRE APPARITION SCÉNIQUE INTERNATIONALE, EN PREMIÈRE PARTIE DE LADY SOVEREIGN (GB). CADDY PACK CONVAINC PAR SON CHARISME ET CAUSE DE DANGEREUSES SECOUSSES DANS LE PUBLIC.
Une soirée automnale fraîche à Zurich. La Härterei se remplit lentement de casquettes, baggys et de beautés en jupes courtes. L’air se charge d’une tension pétillante, pétillante comme la bière qui remplit les gobelets. Certains la sentent de tout leur corps, et se mettent à se trémousser, avant même la première note de musique. On attend Lady Sovereign. Une petite bombe énergique trashy, une étoile filante londonienne. On lit un deuxième nom sur l’affiche : Caddy Pack. Qui se cache derrière ce nom ? Une imitation suisse du gangsta rap à l’américaine en maillots de bain roses et chaînes en or ? Un rappeur cracheur de feu en string et baggy pants venu de Londres ? Ou peut-être quatre gros noirs transpirants sortis du Bronx, accompagnés par des danseuses asiatiques ? Tout est possible.
Mais l’apparition sera très différente. C’est une jeune fille qui monte sur scène. Elle a l’air encore plus petite qu’elle ne l’est, sous son hoody géant jaune pétant et la casquette qui va avec. Des regards furtifs et légèrement embarrassés s’échangent dans la salle. Certains sourient, rient même. Mais ils auront vite fait de ravaler leurs moqueries. Dès que son flow se déverse sur la Härterei, aucun ne peut résister à l’envie de bouger. Les hochements des têtes prouvent la curiosité générale, et l’émerveillement muet des regards trahit l’étonnement. Caddy Pack ne met pas 5 minutes à faire chanter et danser toute la salle. Elle est faite pour la scène, et elle le sait. Elle place la barre très haut. “Je veux devenir connue, je le sais depuis l’âge de 6 ans. C’est mon rêve”. Ses yeux brillent, on y voit des étincelles, comme si elle avait déjà atteint son but. Elle soutient que le hip-hop est le médium parfait pour elle, le seul grâce auquel elle peut affirmer sa personnalité, et grâce auquel, contrairement à ce qui se passe dans la scène pop, elle n’est pas réduite à une figure artificielle. En ce moment elle travaille au son de son premier album avec plusieurs producteurs, et ne laisse rien au hasard : le résultat doit être énorme, de la musique d’avenir comme elle dit. Elle ne veut pas se fixer sur un genre en particulier. “Du rap pur et dur à l’electro en passant par des beats teintés de rock, on y proposera de tout” dit-elle pour nous faire envie.
La soirée à la Härterei appartenait entièrement aux filles. Lady Sovereign et Caddy Pack jouaient devant une foule d’hommes fous de ces performeuses à l’énergie inépuisable. Les deux artistes savent mieux que quiconque qu’il n’est pas facile de se faire une place en tant que femme dans la scène hip-hop. Souvent, on se moque encore des filles MC’s, et elles doivent impressionner deux fois plus que leurs collègues masculins pour se faire un nom. “Je continuerai à me battre”, affirme Caddy Pack, souriante, mais décidée. Elle le fera grâce à sa musique, et non pas grâce à son corps, comme elle le reproche à certaines de ses collègues. Lady Sovereign a déjà percé et a le monde du hip-hop à ses pieds en étant la première artiste non américaine à avoir signé avec le label Def Jam. Cady Pack est en bonne voie pour la suivre et approche de son but d’un peu plus près grâce à l’appel d’offres pour support-slots de www.restorm.com. Pendant l’interview, elle montre qu’elle a les pieds sur terre.
De quand date ton premier contact avec le hip-hop ?
C’est arrivé très tôt. A trois ans, je bougeais déjà mes hanches sur Can’t Touch This de MC Hammer. Ma mère a même enregistré l’événement sur vidéo. A 11 ans, j’apprenais les textes d’Eminem et d’autres artistes par cœur, et je les rappais, jusqu’à en maîtriser le flow. A 14 ans, j’écrivais mes propres textes.
Est-ce que tu vois une grande différence entre une pop star et une star du rap ?
Oui, quand même. J’ai l’impression que dans le domaine de la pop, on forme la personne pour en faire quelque chose qu’elle n’est pas. On détermine ce à quoi elle doit ressembler et à quoi sa musique doit correspondre. Dans le rap, on peut en partie encore influencer ses chansons, au moins par les textes. Dans la pop, il existe des songwriters.
Que signifie le hip-hop pour toi ?
Pour moi, le hip-hop signifie être libre, être en accord avec soi-même, comme on est.
Comment te sens-tu en tant que femme dans la scène hip-hop, un mouvement fortement dominé par les hommes ?
Il est très difficile de se faire une place en tant que femme. On entend souvent des commentaires du type “Tu rappes bien pour une femme !” ou “De toute manière, les femmes ne savent pas rapper”. C’est donc très important pour moi de réussir à prouver que ce n’est pas vrai, mais en mettant ma musique en avant, et non pas mon corps, comme le font beaucoup d’autres.
Tu donnes l’impression d’avoir envie de devenir célèbre. Est-ce que c’est un de tes rêves ?
Oui, ça a toujours été l’un de mes rêves, mon but principal même. Je ne cherche pas à faire fortune. Ce n’est pas de ça qu’il s’agit. J’ai envie de faire de la musique dans le monde entier, que chacun entende mes chansons, partout.








Laissez un commentaire