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DIY

LE “DO IT YOURSELF” S’EMPARE DE LA MODE
Par Sesame Not Online - Illustration Jenay Loetscher
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EN CETTE PÉRIODE DE CRISE IL EST DE BON TON DE SE SERRER LA CEINTURE ET DE FAIRE PROFIL BAS EN TOURNANT MOMENTANÉMENT LE DOS À LA MODE ET À SES TENTATIONS INFINIES QUI PEUVENT FACILEMENT VENIR À BOUT D’UN PORTE-MONNAIE AU RÉGIME SEC.

Cependant une vague euphorisante d’encouragement à la créativité en provenance de New York, où la crise a frappé de plein fouet, peut encore sauver tous ceux pour qui la vie ne vaut pas la peine d’être vécue si ce n’est avec un style extrême et des accessoires extraordinaires pour sublimer le quotidien. Grâce à l’esprit DiY (prononcez DEE-AI-WHY, c’est-à-dire Do It Yourself) qui fait fureur chez les fashionistas américaines et qui s’empare à présent du monde entier via Internet, il s’agit dorénavant de créer soi-même ses propres accessoires fashion sans aucune limite dans le choix des matériaux et des techniques, pourvu que le résultat soit original et audacieux.

En parallèle à l’engouement soudain pour le tricot chez les V.I.P new-yorkaises, notamment à travers l’explosion de la marque culte de “laine branchée” Wool and the Gang, on assiste à présent à une phase beaucoup plus radicale depuis que Karl Lagerfeld s’est exhibé tout l’été avec son fameux T-shirt arborant l’arrogant slogan peint en noir “Karl Who?”. Wool and the Gang a signé le démarrage de la vague DiY avec les soirées entre copines qui réalisent des pièces très tendance en buvant des tisanes plutôt que des Cosmopolitans, et Lagerfeld a peint lui-même son slogan avec une facture que l’on pourrait qualifier de purement punk et qui a officiellement démarré l’apparition de ce genre de pièces “faites maison” qui sont devenues à présent le nec plus ultra des soirées branchées et des magazines people. Il existe cependant plusieurs façons d’approcher le phénomène DiY.

Certaines personnes choisissent de reproduire un objet hors de prix vu sur un catwalk ou dans un magazine mais relativement facile à réaliser à moindre frais et sans trop de difficultés. Il existe d’ailleurs des sites spécialisés proposant des pièces très chic et surtout très faciles à faire soi-même. La lacération méthodique d’un T-shirt afin d’obtenir des franges ou la pose de clous sur un accessoire banal pour le transcender n’ont plus aucun secret pour ces bloggeuses créatives et magnanimes qui n’hésitent pas à proposer également le mode d’emploi de chaque pièce, accessible en quelques clics. Pourtant, il est indéniable que le vrai plaisir du DiY est de devenir créateur à son tour et si possible de mettre la barre très haut en tentant de faire en sorte que l’aspect “fait maison” soit visible, à la façon d’un “statement”.
L’objet culte qui a fait le tour de la Toile parodie le fameux sac matelassé Chanel et est réalisé à partir d’un sachet de papier kraft. Il se porte à l’épaule avec une chaînette trouvable en quincaillerie et son matelassage et le logo Chanel ont été tracés à la main au marker noir. Ce petit objet dérisoire, singeant à la perfection l’absurde course au luxe et à l’exhibitionnisme outrancier dont certains sont encore victimes, est rapidement devenu fédérateur des possibilités illimitées du DiY. Il faut bien avouer que ce petit sac de papier a créé bien plus d’émoi dans le monde de la mode et est passé nettement moins inaperçu que le énième véritable sac Chanel.

Le DiY s’est également attaqué au design, avec des sites très pointus proposant la création facile de speakers pour I-Pod à partir de deux gobelets en plastique blanc et de deux cure-dents, pour un résultat ressemblant spectaculairement à l’identité de marque des produits Apple. Ces “Ghetto Cup-Speakers” sont également devenus l’emblème du pied de nez possible à la consommation frénétique, pourvu que l’on soit capable de bien vouloir s’y mettre.

Wool and the Gang:
www.woolandthegang.com

Ghetto Cup Speakers
www.yankodesign.com/2008/11/13/macgyver-tries-ipod-speakers

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