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BEASTIE BOYS

beastie_boysptDU HIP-HOP À LA SAUCE PIQUANTE
Par Miguel Cid

LES TRUBLIONS NEW-YORKAIS REVIENNENT BIENTÔT DANS LES BACS AVEC SAUCE COMMITTEE PART 1 UN MANIFESTE FÊTARD DESTINÉ À NOUS FAIRE TRANSPIRER. RENCONTRE.

Interviewer les Beastie Boys est toujours un exercice périlleux. Les trublions du hip-hop sont passés maîtres dans l’art de contourner les questions et de désarçonner leurs interlocuteurs avec leur humour délirant. L’été dernier, ils nous recevaient dans un hôtel londonien pour défendre leur nouvel album, Hot Sauce Committee Part 1. La sortie du CD a depuis été repoussée, suite à la détection d’un cancer des glandes salivaires chez Adam Yauch, et est désormais prévue courant 2010. Ce manifeste fêtard terriblement jouissif est emmené par des grooves qui parlent aux pieds, des envolées funky et des raps déments. Ou, pour reprendre les propos de leurs auteurs, c’est “une sauce piquante destinée à vous faire transpirer, voire même à vous brûler”.

Notre rodéo verbal avec les New-Yorkais commence avec une anecdote sur leur dernière visite à Montreux, il y a 2 ans. “J’aimerais présenter mes excuses à Claude Nobs. Pendant qu’on était chez lui, Mike a piqué la montre qu’il garde dans un boîtier en verre” lance Adam Yauch, alias MCA. “Odieuse calomnie ! Si je m’étais donné la peine de la dérober, je la porterais fièrement à mon poignet comme un badge d’honneur. Cela dit, je raconte de drôles d’incidents qui me sont arrivés en Suisse dans le titre Nonstop Disco Powerpack” rétorque Mike D. Lorsqu’on demande au trio s’il existe une corrélation entre sa joyeuse humeur sur le disque et l’optimisme renouvelé qui anime l’Amérique depuis l’élection d’Obama (dont ils sont des fervents supporters), Adam Yauch redevient presque sérieux l’espace d’un instant. “Il est bien agréable de ne plus avoir George Bush à la Maison-Blanche, même si c’est un homme très spécial à sa façon. Je crois qu’il est préférable qu’il n’ait plus d’influence sur ce qui se passe dans le monde. Assurément, nous sommes contents qu’Obama soit au pouvoir”. Après quelques digressions délirantes (”Dans notre album, les basses sont tellement puissantes qu’elles pourraient presque faire exploser un testicule” avance Adam “Ad-rock” Horovitz), la conversation débouche sur l’utilisation des samples. “On sait qu’on a dégoté une bonne boucle lorsqu’on a envie de l’écouter sans arrêt” confie MCA. “Oui, mais on évite d’échantillonner des cymbales parce que les femmes n’aiment pas ça” ajoute immédiatement Ad-rock, pince-sans-rire. On trouve deux collaborations sur le CD, l’une avec l’explosive Santigold (le décapant Don’t Play No Game That I Can’t Win) et l’autre avec Nas, impérial dans Too Many Rappers. “Trop de rappeurs, pas assez de MC’s” scande l’Américain sur un rythme punchy. Mais quelle est donc la différence entre un rappeur et un MC ? “Très bonne question” souligne MCA. “Un rappeur est un type à qui il arrive de rapper. Un MC rappe correctement”. Mike D prend le relais : “Le MC est un vrai maître. Il contrôle vraiment la scène, le micro. Un rappeur, c’est quelqu’un qu’on entend sur un disque pop, sur un rap de 30 secondes”. Ad-rock conclut : “Les rappeurs sont des carriéristes. Ils enregistrent des albums entiers où ils n’interviennent que sporadiquement. Tu vois ce que je veux dire…”.

On comprend bien à quelle catégorie appartiennent les Beastie Boys. Défenseurs d’un hip-hop de qualité, les New-Yorkais restent les maîtres en la matière après 25 ans de carrière. Welcome back !

Hot Sauce Committee Part 1, dist. EMI. Sortie en 2010.

www.beastieboys.com

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