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ISPO MUNICH
DU 7 AU 10 FEVRIER 2010

et pour la première fois il y avait un 7skygreenroom! yeahhhhh!
Par Cira Riedel

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Pour tous ceux qui n’ont pas eu le temps de passer nous voir à Munich début février pour le lancement du 7skygreenroom à l’Ispo, nous sommes fiers de vous présenter les marques qui ont participé et leur philosophie en matière d’écologie.

On ne s’en rend pas toujours bien compte mais la production de vêtements répondant à des critères écologiques nécessite des années de recherche et de développement. Pour la plupart des marques cela signifie une confrontation permanente avec des facteurs inconnus et difficilement contrôlables. Malgré les progrès récents il reste encore beaucoup de choses à contrôler. La première est de s’assurer de la transparence de sa chaîne d’approvisionnement, notamment en Asie où ça pose pas mal de problèmes. Prenons le cas d’une veste: elle se compose en moyenne de cinq types de tissus différents. Si on prend en compte la doublure, les fermetures, les ornements, ça suppose au moins une dizaine de fournisseurs et tout ça pour une seule veste. Pas évident d’avoir un oeil sur tout le monde. La sous-traitance étant la règle pour la plupart des marques, la traçabilité des matières pose aussi un problème. L’autre grand chantier, c’est la prise en main de l’impact social et écologique de la production au niveau local. Ce qui sous-entend le contrôle des conditions de travail des ouvriers, la manière dont sont gérés les déchets, le traitement de l’eau etc.
Les marques présentées sur 7skygreenroom font partie de celles qui jouent le jeu. Pour preuve de leur transparence, elles ont acceptées de remplir le 7skygreenroom Eco-Rating qui permet de se rendre compte des détails de leur engagement. Evidemment il est difficile d’établir un barème qui corresponde à tout le monde. Le but n’est donc pas de comparer OH!Beanie, une jeune start-up qui compte deux employés, avec des géants comme Quiksilver, qui en emploie 2600, ou des spécialistes du hardgood comme Völkl ou Burton. Il s’agit d’observer la manière dont ces entreprises se développent. Les points du «eco rating» témoignent avant tout de la transparence de leur production

Patagonia 3-Top 51-100%
L’entreprise pionnière par excellence. 20 ans qu’ils travaillent à l’amélioration de leur production. Leur priorité est d’offrir le maximum de transparence de leur chaîne d’approvisionnement. Ils ont été à l’origine de presque toutes les innovations en ce qui concerne le développement d’une production textile plus écologique, avec des programmes comme Common Threads, lancé en 2005, grâce auquel les clients peuvent renvoyer leurs polaires ainsi que d’autres produits en polyester ou en nylon pour qu’ils soient recyclés. Avec son Footprint Chronicles qui permet de suivre en ligne les sites de fabrication d’un produit à travers le monde, de sa conception à sa livraison, Patagonia a inauguré son entrée dans une nouvelle ère en matière de transparence. Yvon Chouinard, fondateur et propriétaire de Patagonia, n’a pas eu peur de prendre des risques, comme lorsqu’il a décidé de passer au coton bio pour toute sa production en 1996. C’est l’énergie solaire qui sert à alimenter leurs bureaux et ils impriment tous leurs documents sur du papier FSC (venant de forêts aménagées de façon durable). Leur production bénéficie du standard bluesign et ils sont membres de 1% for the Planet (www.onepercentfortheplanet.org), une organisation ayant pour mission de rassembler des fonds pour préserver l’environnement. Ses créateurs l’ont fondée en 1985 puis l’ont ouverte aux autres entreprise en 2001. ça vaut la peine de lire Let my People go Surfing, un livre écrit par Yvon Chouinard lui-même, qui permet de mieux comprendre sa démarche. Comme on n’aura certainement jamais assez de place pour parler de l’immensité du travail réalisé par Patagonia, on vous conseille vivement d’aller faire un tour sur www.patagonia.com.

Teko 3-Top 51-100%
L’objectif de Teko est de fabriquer des produits outdoor de haute performance avec une empreinte écologique minimale. Leur matière première est la laine mérinos qui provient de fermes bio-dynamiques situées en Amérique du Sud. Ce type d’élevage de moutons n’utilise ni pesticides, ni antibiotiques, comme c’est la règle dans cette filière. Sur place tout le travail est fait avec l’aide des chevaux. Ensuite la laine est expédiée en Autriche pour être décolorée et lissée. Ce processus se fait en circuit fermé, sans chlore, avec un recyclage complet de l’eau utilisée, et donc sans rejets dans l’environnement. Le même procédé est employé par une autre société pour la coloration. Ensuite la laine arrive en Caroline du Nord où elle est tricotée avec du polyester 100% recyclé, du nylon et du lycra. L’ensemble des fournisseurs se situe dans un rayon de 200 miles autours de l’usine Teko. Le CO2 produit par le transport est compensé par des projets éoliens, et par la participation en Suisse au maintient d’une réserve naturelle dans le Jura. 100% de l’énergie utilisée par Teko provient de l’éolien et ils ont mis en place un système de recyclage des aiguilles à tricotter. Un grand pas vers le zéro waste management. Les chaussettes défectueuses, qui représentent 15% de la production, sont transformées en petits singes (CHF 50.–) revendus dans les magasins de sport. En Suisse, le bénéfice des ventes est reversé à une association qui achète des forêts.
www.tekosocks.com/

Quiksilver et Roxy 2-Medium 31-50%
Ils ont commencé très tôt, avec Quiksilver Initiative, à porter un regard sur les différentes difficultés sociales et écologiques. La construction des premiers bâtiments de la marque à St Jean de Luz était la plus écologique possible pour leur époque. Aujourd’hui, seule une petite partie de leur collection est green mais ils veulent aller plus loin. Ils ont mandaté des employés qui ne s’occupent que de ce type de développement. Maritxu Darrigrand, directrice marketing Europe de Roxy, voudrait prendre la direction du destin vert de cette immense société. S’il fallait décrire la stratégie écologique de Quiksilver, on pourrait dire qu’ils travaillent avec plusieurs projets pilotes. Les exemples sont nombreux. L’un de ces projets consiste à compenser les émissions en CO2 du Roxy Chicken Jam. Un autre est la possibilité offerte aux clients de rapporter leurs vêtements dans une quinzaine de magasins pour qu’ils soient recyclés. Parmi leurs autres initiatives sociales et écologiques on peut citer Save your Logo qui vise à préserver la biodiversité. A noter aussi qu’ils possèdent leur propre fondation (Quik Fondation) et qu’ils ont mis en place le programme QUEST, qui a pour but de prendre en compte les conditions de travail appliquées par les sous-traitants. Toutes ces initiatives vont dans le bon sens et elles méritent d’être consolidées. Il reste juste à poser un regard extérieur pour ajouter plus de transparence dans leur chaîne d’approvisionnement, ce qui reste un challenge de taille pour la plupart des grandes marques.
www.quiksilver.com

Völkl 2-Medium 31-50%
Cette marque a l’avantage d’avoir, avec Karsten Mohr, un homme dans la direction qui essaye sincèrement de transformer une production de hardgood polluante en quelque chose de moins toxique. Völkl possède deux usines de production, qui font partie du Jarden group. Une usine est en Allemagne où ils produisent 80% de leur marchandise et une autre est en Chine où ils produisent leurs snowboards. Le site allemand est un modèle exemplaire en terme de développement écologique et il a déjà gagné plusieurs prix environnementaux. Par contre, comme Monsieur Mohr le confirme, il y a encore pas mal de choses à améliorer, étant donné que moins de 10% de leur marchandise est réellement verte. Malgré ça, il se donne du mal pour relever le défi de la transparence notamment en publiant sur leur site web tous leurs efforts de production plus verte, à l’adresse www.voelkl.com/greenpage. En plus nous aimerions mentionner qu’ils ont reçu l’ISPO Eco Responsibility Award de 2009 et 2010 pour leur Amuruq Eco Ski.
www.voelkl.com

Vargu 2-Medium 31-50%
Est fondée par un Suisse qui s’appelle Reinhard Mergelisch en 2007. Aujourd’hui la société emploie 15 personnes. Tous leurs accessoires et les messenger bags sont faits à base de Tetron, de chambres à air recyclées et de ceintures de sécurité. Le team se charge eux-mêmes de la collecte des matériaux. Les marchandises sont produites en Inde dans des conditions équitables et une partie des bénéfices est reversée à une école dans les bidonvilles de Delhi. Vargu travaille avec des petits sous-traitants, et ils essayent de respecter au maximum les standards sociaux. Ils appliquent une ligne de conduite très claire avec les gens avec lesquels ils travaillent. Leur chaîne d’approvisionnement est relativement simple et ils se sont investis personnellement ce qui explique le contrôle qu’ils en ont aujourd’hui. Le but de cette entreprise est de combiner rentabilité et économie solidaire.
www.vargu.com

Bleed 3-Top 51-100%
Cette petite marque très récente a été fondée en Allemagne en 2009. Sa collection est inspirée par le lifetsyle surf et skate. Son staff est constitué d’une petite équipe très sympathique qui bidouille pas mal avec des nouveaux matériaux. Volker Ernst, travailleur indépendant, est responsable d’une production qui s’est voulue écologique dès le départ. Bleed bénéficie d’un bon contrôle de sa chaîne d’approvisionnement ce qui explique leur bonne place dans notre «supply chain eco rating». Bleed travaille uniquement avec des matériaux contrôlés qui correspondent aux standards en vigueur dans la production de vêtements techniques. Leur coton bio et leur chaîne d’approvisionnement spécifique en Inde est certifiée avec GOTS organic et Naturland. Les règles sociales sont cadrées également par le SA 8000 et GOTS organic, labels qui garantissent les conditions de travail. Toute leur ligne est constituée de manière la plus équitable possible. Ils sponsorisent des projets à vocation sociale comme BeToRe Rock-Festival pour les écoles en Inde. Ils n’utilisent que du papier recyclé FSC au bureau comme pour leurs emballages. Leur démarche est sérieuse et prouve qu’on peut bien faire les choses dès le départ. www.bleed-clothing.com

Imagine Surfboards 2-Medium 31-50%
Une petite entreprise canadienne gérée par des surfeurs qui propose une large gamme de planches eco. Parmi celles-ci on trouve une planche ingénieuse que l’on peut séparer en deux pour voyager. Une solution intéressante pour prendre l’avion facilement tout en gardant une planche performante. Toute leur gamme est fabriquée avec un profond respect de l’environnement. Ils utilisent des pains de mousse en EPS 100% recyclée (qui représente une réduction de CO2 de 36%) ou du polystyrène extrudé BXP-3 (60% réduction de CO2). Dans le même esprit, ils utilisent de la fibre de bambou à la place de la fibre de verre et leur résine époxy est à base d’aiguilles de pins. Imagine Surfboards est à l’origine d’une analyse du cycle de vie des planches de surf qui leur permet de prendre les bonnes orientations dans le cadre d’une production plus écologique. En plus de ça ils participent au 1% for the Planet.
www.imaginesurfboards.com

OH!Beanie 1-Basic 10-30%
Toute nouvelle sur le marché, cette entreprise est dirigée par Mareen Lissner. Cette femme a eu le courage de fonder sa propre marque après la rencontre Women in Boardsport (qui s’est tenue à Saas-Fee en septembre 2009) avec une arrière-pensée écologique. Maintenant elle travaille à connaître au mieux sa chaîne d’approvisionnement. La matière de base provient de Biore. Elle est transformée chez Filpucci et livrée aux clients Lana Grossa qui distribuent la laine en rouleau. Mareen est en contact avec Biore et Filpucci qui lui a affirmé qu’ils sont certifiés SA 8000 et qu’ils ont le niveau de base de Bio Inspecta. www.ohbeanie.com

Burton-Not rated yet
Comme beaucoup de sociétés de la même taille, Burton est confrontée à un véritable challenge en matière d’écologie. Pour réussir, il leur faut changer de direction sans prendre trop de risques au niveau financier. Trop grands pour switcher d’un jour à l’autre, ils sont aussi trop petits face aux impératifs budgétaires imposés par une forte augmentation de la recherche et du développement induits par l’eco conception.
Qu’à cela ne tienne, ils ont déjà commencé par voir ce qu’ils pouvaient faire dans leur propre usine du Vermont. Leurs premiers objectifs ont été de réduire la quantité de leurs déchets, ainsi que leur consommation d’énergie. Ils utilisent des matériaux recyclés et ils diminuent l’utilisation de produits chimiques là où c’est possible. Avec des projets comme le Green Mountain Project ils se sont engagés dans une production plus écologique. Leur démarche en est encore à ses débuts mais la volonté est bien présente. Burton a décidé de participer au 7skygreenroom au dernier moment et c’est pour ça que nous n’avons pas encore de “eco rating” les concernant. Les informations dont nous disposons proviennent de leurs déclarations pour participer aux efforts environnementaux.
www.burton.com

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