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XAVIER RUDD
& IZINTABA IN CONCERT

Zurich, Kaufleuten, le 22.02.10
Océan, remède miracle

Par Cira Riedel et Corinne Tâche-Berther – Photo: © Kane Hibberd

rudd_01_ptPasser une soirée avec l’Australien, c’est comme un voyage. Nos sens vibrent comme au passage d’un nuage de sable venu du désert, ou comme à la contemplation de l’écume des vagues de Bells Beach, l’endroit où il vit.

Nous l’avons invité au buffet végétarien de Hiltl dans les environs du Kaufleuten où il donnera son concert ce soir. Il se comporte en homme libre, se fait des amis des personnes encore inconnues qui se servent à côté de lui au buffet, se laisse prendre par un coup de foudre, et savoure le vin rouge noble qu’on lui sert : l’instant est aussi précieux que celui où les premiers riffs de sa guitare, cette écriture unique et personnelle, résonneront dans la salle.

Le concert décrit, par cent nuances et sonorités, tous les stades de la douleur à l’amour, la liberté et la vie, ainsi que tout ce que peut offrir une âme aussi riche que la sienne. Nous nous perdons dans les longs et sombres tunnels de son didgeridoo, dans les nuances des sons de sa guitare. Il mène nos cœurs en des lieux inexplorés dont la beauté nous touche à en pleurer. La salle est remuée comme un désert un jour de tempête. Nous ne faisons plus qu’un, plus qu’une seule âme, la musique nous lie à nos voisins, à toute la salle. Un mur de sonorité unit nos esprits, dessine une forme qui évoque l’origine commune, comme une œuvre d’art issue du cœur de l’Australie, qui constituerait un être de 100 petits points.

Qu’est-ce que tu ressens lorsque le public suisse t’offre son célèbre “Ohmmmmm…” pour te demander un rappel ?
C’est comme si le public me renvoyait toute l’énergie que j’ai donnée pendant le concert sous une forme concentrée.

Décris-nous ta musique :
World roots, les racines des arbres de tous les continents ! Ma musique est naturellement influencée par les membres de mon groupe, Xavier Rudd & Izintaba, qui viennent de Johannesburg en Afrique du Sud. Tous deux ont grandi dans les années d’apartheid, ils ont des histoires très émouvantes… Ils m’ont été envoyés d’occident dans une période très difficile. Nous avons tout de suite senti un lien étroit lors de notre rencontre à un festival autrichien. Avec eux, musicalement et spirituellement, j’ai l’impression d’être perché sur une montagne. D’ailleurs, Izintaba signifie montagne. “You sit here Mana and we hold you up, always”… Mana est mon nom aborigène. Il m’a été donné à Anhem, au nord-ouest de l’Australie, il y a 8 ans. Il signifie requin.

Pourquoi requin ?
Le requin fait partie de la création. Le vieil homme qui m’a donné ce nom, mon père spirituel, est malheureusement décédé peu de temps après. Je n’ai donc que peu eu l’occasion de me nourrir de son savoir. Mais je sais que j’appartiens aux créatures d’eau de mer, et j’en apprendrai certainement encore plus en vieillissant (il nous montre son tatouage sur la face interne de son biceps gauche).

D’où vient ton lien étroit avec les aborigènes ?
Leur sang coule dans mes veines par mon héritage paternel. Sinon, j’ai des origines hollandaises, irlandaises et écossaises. Mais l’esprit aborigène m’a toujours accompagné et influencé. Ma musique me met en lien avec les indigènes australiens et leurs lieux sacrés. Leur culture n’est pas une religion, elle cherche à tout traiter dans le respect, et considère que tout a une valeur égale : les animaux, les plantes, les poissons, tout fait partie d’un même système. Si tu prends, tu dois aussi donner. C’est la “manière” aborigène. La terre se développe dans la coexistence avec tout ce qui vit, et pas dans la domination. Si une famille trouve une source d’eau, elle ne prendra que quelques gorgées, puisqu’elle est consciente que des animaux et des plantes vivent de cette source. C’est tout le contraire de l’homme blanc, qui boirait toute l’eau, s’approprierait le terrain, les arbres, les animaux, les habitants. C’est une culture fondamentalement différente. Les aborigènes sont un peuple pacifique : ils préfèrent se retirer plutôt que de se battre, comme à Anhem, où ne vit aucun homme blanc. Tout y est resté comme avant la colonisation du continent. Ma musique vient de cet endroit. J’ai également toujours senti une vieille femme près de moi, une sorte de grand-mère, un autre esprit : elle est une part importante de ma musique. La musique m’a été donnée, j’ai beaucoup de respect pour cela. Ça vient directement du cœur. Mon âme est bien trop petite pour la comprendre, je la laisse simplement s’échapper de moi. Je ne l’influence pas, la laisse comme elle vient, sans la remettre en question. Parfois, je ne comprends ma musique que 6 mois ou un an plus tard. C’est le cas pour mon dernier album : j’ai pu sentir la tempête venir, et ses ombres bleues foncées, Dark shades of Blue… J’ai d’abord senti l’obscurité, sans savoir ce qui allait venir. Puis, j’ai été happé par la tempête, et j’ai compris ma musique 6 mois plus tard. Aujourd’hui je me sens libéré de la douleur, mais ça a pris du temps. Maintenant je sais qu’il devait en être ainsi.

Qu’est-ce qui est encore important à tes yeux ?
L’organisation Sea Shepherd ! Les membres de Sea Shepherd se battent pour la protection des baleines et des dauphins. Sea Shepherd est un don à l’humanité, dans la mesure où notre vision limitée permet de saisir ce travail grandiose. Mourir sans connaître Sea Shepherdet son histoire serait une honte.

www.seashepherd.org
www.xavierrudd.com

2 comments à “XAVIER RUDD
& IZINTABA IN CONCERT”

  1. Xavier Rudd spielt am Donnerstag, 18. November 2010 in der Kulturfabrik Kofmehl Solothurn. Infos: http://www.kofmehl.net

  2. Bonjour,

    Je vous informe que la structure Suisse de Sea Shepherd existe depuis décembre 2009!

    N’hésitez pas à nous contacter à switzerland@seashepherd.fr pour nous soutenir ou connaître notre programme.

    Ou rejoignez nous sur facebook: Sea Shepherd Switzerland.

    For The Ocean!
    Rebecca

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