WATER WALK
“les moines n’en revenaient pas de voir un mec marcher sur l’eau”
Texte et photos by Stéphane Robin

Objet de curiosité il y a encore quelques années, le SUP (Stand Up Paddle) commence à trouver sa place dans les vagues et sur les plans d’eau intérieurs. Plus qu’une simple alternative au surf, le SUP est un véritable sport qui offre un potentiel de fun quasiment illimité ! Vous êtes prêts ?
Maui and sons
La première fois que j’ai vu quelqu’un sur un stand up paddle c’était à Maui en 2001. Laird Hamilton s’amusait entre les planches à voiles, dans les vagues d’Ho’okipa, debout sur une planche gigantesque avec une pagaie en bois dans les mains. A cette époque il ne me serait jamais venu à l’idée d’essayer. La puissance des vagues paraissait être un obstacle radical. L’idée même de glisser sur une planche aussi longue et large ne me faisait pas envie. Le paddleboard est une sorte d’éloge au surf classique mais tellement difficile à manœuvrer que non, vraiment, ça ne me disait rien. Laird est d’ailleurs resté seul pendant des années. Une véritable aubaine pour lui. Partant loin devant tout le monde, il a pu prendre les vagues qu’il voulait quelle que soit l’affluence. Il valait mieux ne pas rester devant lui lorsqu’il était lancé ! Un jour, il a bien failli me couper en deux tellement ça filait droit son truc. Six ans plus tard, Laird, encore lui, est venu en France faire une démonstration de stand up paddle en freesurfing lors du Championnat du monde de longboard à Anglet. Un moment saisissant. Seul au large, en shorts, au mois de mai, il s’offrait des rides de 500 m sur des vagues de deux mètres très agitées et trop limites pour le surf normal. Un moment clé, suivi de plusieurs autres sessions au Pays Basque. Ses exploits filmés et projetés au Festival du film de surf de Saint-Jean-de-Luz ont été le déclencheur d’un mouvement stand up en France et plus largement en Europe. Des monstres de Guéthary aux petites lignes de la Côte des Basques, le ton était donné.
I love SUP
A la fin de l’été 2007, j’ai eu l’occasion d’essayer à mon tour. La planche qui m’avait été prêtée était rouge, longue de 12 pieds et pesait pas loin de 17 kilos. Je me souviens encore de l’avoir trainée sur le sable au retour tellement je n’en pouvais plus. Sur l’eau, l’expérience fut inoubliable : un nouveau rapport à l’élément. En stand up on se déplace plus vite, on voit plus loin, et la sensation de marcher sur l’eau est exceptionnelle. Les vagues étaient toutes petites ce jour-là, mais j’avais découvert un nouveau jouet que je n’allais plus lâcher. La session suivante, j’ai voulu prendre de vraies vagues sur un banc de sable au large. C’est là que je me suis rendu compte que les vagues étaient plus grosses qu’elles ne paraissaient vues du bord. En position pour le take-off, je me suis demandé si c’était une si bonne idée d’avoir piqué le jouet de Laird. La vague est arrivée, elle est passée sous ma planche sans que je puisse contrôler ma direction. Ramant avec difficulté, je me suis fait projeter dans la pente au dernier moment, complètement incapable d’imaginer une suite à mon mouvement. Comment tourner avec un truc pareil ? Victime de mon inertie et n’ayant pas le réflexe de prendre appui sur la pagaie, j’ai fait un magnifique plat dans le creux de la vague et la planche n’a pas bronché. Elle a filé droit devant, me laissant nager 500 m dans le courant pour la retrouver. La fois d’après je n’ai pas oublié de mettre un leash.
Makaha, the roots
Les racines du renouveau du stand up sont partagées entre Hawaii et la Californie. Complètement conquis par ce nouveau sport, j’avais envie d’aller à la source pour en savoir plus. C’est sur l’île d’Oahu que je suis parti à la rencontre de la plus vieille communauté de SUP’ers. A Hawaii, la pratique du canoë fait partie de la culture et c’est tout naturellement que les locaux ont adopté l’usage de la rame pour surfer. Un sport qui rapproche totalement leur culture maritime et la glisse. Né à Waikiki, le stand up est aussi devenu populaire sur la West Side du côté de Makaha, véritable temple du surf et surtout du longboard. Cette plage, bien connue pour son localisme, a été le théâtre des premiers championnats du monde longtemps avant Pipeline, Waiméa et le reste du North Shore. Aujourd’hui, des grands rassemblements alliant surf, pirogue et SUP témoignent de cette période où tout la scène du surf se retrouvait à Makaha. Si le SUP est très populaire à Waikiki et ailleurs sur l’île, Makaha reste un endroit clé. Plusieurs raisons à cela. La première est la présence d’un bon point break idéal pour la pratique du SUP. Le chenal pour aller au large est sûr et profond et la vague comporte pas mal de sections qui sont plus faciles à joindre en stand up. Ensuite, Makaha est le home spot de Brian Keaulana et de Dave Parmenter, fondateurs avec Todd Bradley de C4 Waterman, la marque la plus ancienne et la plus légitime dans le milieu du stand up. Ces trois-là se sont bien trouvés. Dave, illustre shaper, Todd, spécialiste du canoë, et Brian, waterman et surfeur légendaire. Ils ont conçu ensemble toute une gamme de modèles à la pointe de la performance. La baie de Makaha leur a permis de mettre au point et de tester leurs planches aussi bien dans des conditions de surf faciles que dans du très gros surf. Brian Keaulana fut d’ailleurs l’un des premiers à s’attaquer à des vagues de plus de 30 pieds en stand up.
Californian Dream
Il y a une autre région où le stand up est en train de connaître une véritable explosion : la Californie. Là-bas, la planche à tout faire se décline en plusieurs disciplines qui ont tout pour charmer les addicts du fitness et de l’océan. Outil à la fois ludique et sportif, le SUP permet d’optimiser le temps passé sur l’eau, avec ou sans vagues, et de s’affranchir des foules qui envahissent les line-up de plus en plus durablement. Il n’est pas rare de voir des SUP’ers de San Clemente partir avant l’aube pour parcourir plusieurs miles au large en s’arrêtant de temps en temps piquer une ou deux vagues aux surfeurs du bord. Aujourd’hui, les surfeurs en stand up sont presque minoritaires par rapport à ceux qui pratiquent le down wind, la course ou la simple balade… Les atouts du stand up sont multiples. Le premier est de pouvoir se faire plaisir rapidement sans avoir besoin de compétences techniques particulières. Pourvu que la planche soit suffisamment stable, n’importe qui peut s’improviser SUP’er sur l’eau plate. Ensuite c’est une pratique qui permet de travailler l’ensemble de la chaîne musculaire sans s’en rendre compte. Le côté cardio n’est pas à négliger non plus. L’effort à fournir pendant une session de deux heures de stand up dans les vagues est largement supérieur à celui demandé pour un jogging ou pour un tour en VTT. Le stand up c’est bon pour le corps. Nombreux sont ceux qui prétendent avoir perdu du poids et retrouvé un physique de compèt’ depuis qu’ils s’y sont mis. Les femmes ne se sont pas trompées, elle sont en train de devenir des pratiquantes assidues, aussi bien sur l’eau plate que dans les vagues. Et même si toutes les filles ne rêvent pas du physique imposant de Candice Appleby, elles trouvent dans le stand up un moyen de faire du sport en se faisant plaisir.
My stand up is short !
Alors que la taille moyenne d’un stand up varie généralement entre 9 et 10 pieds, il est de plus en plus courant d’en voir des beaucoup plus courts. Sans tomber dans l’extrême, comme la 5’11 dessinée par le shaper de chez Gong SUP, on peut tout à fait envisager de surfer un modèle aux alentours des 8 pieds après quelques mois de pratique. L’intérêt ? La maniabilité. Si un stand up large et volumineux est idéal pour faire ses premier pas, il demande pas mal de pratique pour être maniable dans les vagues. Un modèle plus court sera plus réactif et plus pratique pour passer les barres de vagues. Idem pour la pagaie : il ne faut pas hésiter à utiliser des petits modèles taillés à la bonne longueur. Une pagaie avec une pale de petite surface permet de moins se fatiguer et d’être plus efficace pour attraper les vagues. L’influence des short-boarders est importante dans ce rétrécissement des planches. Et il faut voir des anciens surfeurs pro comme Luke Egan maîtriser la discipline autant sur des grandes planches que sur des petites. Luke parle de ses petits stand up comme des shortboards extrapolées. Et ça ne fait que commencer !
Travelling large
Voyager avec un stand up c’est possible, mais ça réserve quelques surprises. Trouver une housse ou le ranger est un premier défi même si désormais on commence à en vendre en surf shop. Lors de mon premier voyage SUP je suis parti au Sri Lanka. Je ne sais plus très bien comment on est arrivé jusqu’à l’aéroport, mais je me souviens être resté coincé dans les souterrains à cause de la longueur du SUP qui ne rentrait dans aucun ascenseur. Ensuite, j’ai failli éborgner une demi-douzaine de personnes à chacun de mes changement de direction. Au comptoir d’enregistrement on a été placés en business class, pas uniquement à cause de la taille du SUP, mais parce que la franchise bagages correspondait mieux, nous a-t-on dit. Une fois sur place, la galerie du taxi a failli s’envoler dans les parages de Colombo. Pareil avec le mototaxi qui manquait de décoller à chaque accélération. Par contre une fois dans l’eau sur les points breaks un peu mous de la côte sud, je n’ai pas regretté de l’avoir pris avec moi. C’était vraiment l’outil idéal qui m’a permis de passer d’un spot à un autre en un rien de temps. Coté plage, les moines n’en revenaient pas de voir un mec marcher sur l’eau. En rentrant j’ai découvert la version gonflable du SUP : tout tient dans un sac de 10 kg. Vu la hausse des taxes sur le transport des planches c’est peut-être une bonne idée pour continuer de SUPer partout et tout le temps ! Ne reste plus qu’à plier la pagaie !
(Ndlr : Imagine Surfboards vous propose une autre bonne solution avec son plug-in (check : www.7skygreenroom.com). A noter également que la marque suisse Nidecker crée depuis longtemps de superbes SUP (www.nidecker.com).


Cooler Artikel! In der Zwischenzeit sind C4 Waterman-Produkte (insbesondere die aufblasbaren Boards) in der Schweiz erhältlich! SUP Switzerland GmbH ist neu der Generalimporteur in der Schweiz und unsere Spezialität sind die aufblasbaren Boards.
Keine Platz- und Transportprobleme mehr - 15 kg und Rucksackgrösse sind ja noch so transportierbar auf Flugreisen, oder?
Happy Paddling,
Neil