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VANS OFF THE WALL 1966

une épopée qui nous vient directement du passé
Par Corinne Tâche-Berther & Ismael Tlili – Photos: Vans / Percy Dean

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Un retour aux sources du skate, un voyage dans le temps, les modes et les couleurs qui ont marqué les différentes époques. Un team Vans dans tous ses états traversant les âges d‘or du skate. 1966. On a adoré et on en veut plus ! Nous avons interviewé Alexis Jauzion, team manager de Vans.

Alexis, quelle a été l’idée de ce film ?
L‘idée de départ était de montrer l‘évolution du skateboard au fil du temps, depuis les premiers „cruises“ dans les années 60, à la fameuse époque „Dogtown & ZBoys“, en passant par les différentes périodes emblématiques de l‘évolution de la pratique, jusqu‘à aujourd‘hui, et la façon dont on skate actuellement. Tout cela étant naturellement lié à l‘évolution des tendances vestimentaires, graphiques, artistiques et musicales ayant influencé le skate au cours de chacune des cinq décennies passées. Tout cela nous semblait d‘autant plus évident que Vans est la seule marque de skateshoes qui a été fondée dans les 60‘s. Ainsi, nous avons voulu également mettre en évidence le lien privilégié qu‘a Vans avec le skateboard, en mettant en scène la vie d‘une paire de Vans, depuis le caoutchouc brut jusqu‘au moment où un skater achète la paire et fait un premier kickflip en les portant.

1966 est une vidéo de skate dans la lignée de ce qui se fait depuis le début des années 90 avec une bonne mise en scène des produits de Vans. Mais on ne peut pas pour autant la qualifier de „classique“. Qu’est-ce qu’elle offre en plus ?
C’est une sorte de rétrospective de l‘histoire du skateboard, avec un côté éducatif pour un public plus large. L‘editing est sensiblement différent d‘une vidéo de skate classique. La durée totale est de 43 minutes avec quelques interludes entre certaines parties, ce qui permet aux spectateurs non-initiés de regarder 1966 sans pour autant s‘ennuyer.

Vous avez fait se déguiser les riders pour jouer leur époque. Un document, une photo, et ils se sont débrouillés…
C’est à peu près ça. Et c’est important, notamment pour les riders qui ne skatent pas depuis assez longtemps pour avoir connu ces époques. Chacun devait essayer de récupérer le plus de choses possibles : shopping activity ! Puis Paco (le cameraman à la base du projet) et moi avons aussi cherché de notre côté pour compléter les „équipements“. Il faut savoir que, dès le départ, nous avions décidé d‘impliquer les riders le plus possible dans le choix des habits, pour trouver des plans musique ou donner des idées. Paco a déjà réalisé plusieurs projets de films pour divers compagnies, et il sait par expérience qu‘une vidéo de skate a besoin de la cohésion et de l‘implication du team pour apporter une âme au montage final.

D’après toi, quel a été le progrès le plus frappant depuis les débuts de Dogtown jusqu’à maintenant ?
Bien plus que le fait que maintenant les top pros volent avec leur board alors que dans les sixties ils ne faisaient presque que rouler, je pense que l‘évolution technique majeure qu‘a subi le skateboard depuis la période Dogtown jusqu‘à aujourd‘hui est le plus incroyable des progrès.

Quel aspect reste le même ?
Malgré tout ce que le skate-business et sa professionnalisation génèrent de nos jours, les gens étaient et sont toujours attirés par l‘aspect fun du skateboard. Skate for fun !

Est-ce que le skate d‘aujourd‘hui a encore une touche Dogtown, et laquelle ?
L‘époque Dogtown a fait plus qu‘inspirer les skaters au fil du temps, elle a établi une façon de faire, une façon d‘évoluer au sein d‘un groupe en marge d‘une société „moderne“ (…et polluante !) et d‘utiliser un monde urbanisé en attribuant au mobilier une autre fonction que celle prévue par cette société. Si l‘on skate des rampes aujourd‘hui, c‘est parce qu‘il y a 40 ans, les Zboys ont skaté des pools parce que c‘est fun… D‘après moi, le skate d‘aujourd‘hui a plus qu‘une touche Dogtown, c‘est toute la base du skateboard qui est construite sur l‘époque Dogtown.

Quelle époque regrettes-tu le plus ?
Je suis un peu nostalgique de l‘époque à laquelle j‘ai commencé, vers la fin des 80‘s, ce qui correspond à l‘intro de Sam Partaix dans 1966, mais je ne peux pas dire que je regrette vraiment, car j‘avais 12 ans et les boards étaient bien plus lourdes et difficiles à contrôler. Beaucoup de tricks n‘avaient pas encore été inventés, etc.

Qui, de ton team, t’a fait le plus halluciner en rentrant dans la peau d‘un skater du passé ?
Je n‘ai malheureusement pas pu assister à tous les shootings, mais Paco m‘a raconté les sessions en détail. Chaque fois qu‘il a filmé une des intro, ça a été un grand moment de rigolade pour les gens qui y ont assisté, et chaque rider s‘est beaucoup amusé. En regardant le résultat, je dois dire que je suis très fan de Ross (né en 1988 !) qui s‘en sort très bien dans la peau d‘un pool-rider des années 70. Chris Pfanner est assez marrant aussi… Chacune des intro est vraiment proche de ce que l‘on s‘imaginait pouvoir faire. Je les trouve toutes intéressantes, et puis les effets spéciaux re-créant les vieux formats, ou la façon de filmer propre à chaque époque, rajoutent forcément un côté typé qui apporte un effet supplémentaire au footage brut.

Quelques anecdotes sympas ?
Quand ils sont arrivés à Chicken Pool pour filmer l‘intro de Ross, Paco avait acheté une réédition de la board que Ross devait skater. Quand Chicken a vu ça, il leur a sorti l‘originale en leur proposant de faire le shooting avec celle-ci ! Autre anecdote : l‘intro de Flo est située dans les mid-90‘s, et il se trouve que Flo était déjà un très bon skater à cette époque. Il a donc connu les modes du moment, porté ce style de vêtements et réalisé ces tricks avec ce type de boards… Du coup, c‘était assez marrant de le voir s‘en souvenir au fur et a mesure, et alimenter ainsi son intro grâce à son expérience.

Combien de temps avez-vous tourné ?
Le tournage a duré 10 mois : de septembre 2008 à novembre 2009.

Et, fameuse question, comment vois-tu l’avenir du skate ?
Le skateboard a déjà énormément évolué en termes de nombre de pratiquants, d‘évolution technique, d‘accès à l‘information, de reconnaissance par le grand public… Il est difficile pour un sport aussi jeune de savoir quelle orientation il prendra dans 5, 10, 20 ou 50 ans. L‘évolution technique n‘a pas fini de nous surprendre : certains kids passent des heures sur Internet et ont tout de suite accès à ce qui se fait de mieux. Ils progressent très vite, surtout s‘ils ont des facilités ou du talent, et ils apportent leur contribution à cette évolution. Mais je crois ne pas me tromper en pensant que le skateboard a des chances de rester une pratique un peu en marge, car la nature de la totalité des pratiquants ne sera jamais homogène… Il y aura toujours des skate-nerds, et puis d‘autres skaters perdus dans leur campagne qui apprendront à rider seuls, il y aura toujours des transitions-skaters, et aussi des techniciens de la rue, des fans de hip-hop, ou d‘autres de punk rock, etc. Le skateboard n‘est pas une pratique obtuse, et presque n‘importe qui peut prendre du plaisir et choisir sa propre voie, tant les possibilités sont infinies… On a pu voir Danny Way ou Ryan Sheckler gagner des World Cups à 13 ou 14 ans en ne battant que des compétiteurs plus âgés… ou bien certains skaters de 1,50 m être beaucoup plus forts et engagés sur des gros spots que des riders de plus de 1,80 m… ça n‘a jamais posé aucun problème à personne. Par contre, je pense qu‘on ne verra jamais un joueur de basket de la NBA de 13 ans et mesurant 1,40 m de haut battre Shaquile O‘Neal ou encore un jockey de 1,80 m gagner une course hippique !

Featuring ?
Flo Marfaing, Danny Wainwright, Chris Pfanner, Kris Vile, Sam Partaix, Ignacio Morata, Ross McGouran, Phil Zwijsen, Tomas Vintr, Hugo Liard, Madars Apse, Sarah Meurle, Joris Brichet, Micky Iglesias and some of the other Vans skaters we met during the trips.

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