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DIVA CANDIDE

CARRÉMENT UNIQUE EN SON GENRE…
By Corinne Tâche-Berther & Cira Riedel - Photo Christophe Margot

candide

IL DÉTESTE LES INTERVIEWS… ET LES QUESTIONS UN PEU TROP INTIMES. QUAND ON ESSAIE DE LE JOINDRE, IL EST INJOIGNABLE. C’EST LUI QUI DÉCIDE QUAND ET OÙ! CE JEUNE HOMME À L’ALLURE D’UN SCHTROUMPF  :-)  AVEC SON PANTALON BLEU EST SIMPLEMENT LE MEILLEUR FREESKIEUR QUE LE MONDE AIT CONNU. AVEC SA TROISIÈME PLACE AU NISSAN XTREME BY SWATCH ET SON TITRE DE CHAMPION DU MONDE, IL A SU ÉPATER LA SCÈNE ENTIÈRE DU SKI FREERIDE. ET CET HOMME-LÀ, ULTRA DIFFICILE À JOINDRE, NOUS A FAIT L’HONNEUR… NON SEULEMENT DE PASSER UN LONG MOMENT AVEC NOUS LORS DE LA SOIREE DU VERBIER XTREME, MAIS AUSSI DE NOUS ACCORDER UNE INTERVIEW VIA SKYPE… ET DE CARRÉMENT NOUS DÉVOILER… SON APPROCHE DU BEC!

Personne ne voulait croire que Candide Thovex allait remporter ce grand titre… A côté de tous ces freeriders pros depuis toujours, il fait tache… Habillé façon freestyle, avec un pantalon baggy bleu XXXLarge, XXXbas et XXXrembourré, il attaque la montagne comme LUI l’entend. Et descend la belle pente à 60° comme un initié, sous le regard ébahi de la foule. Malgré ses jambes en feu à cause de son accident à Squaw Valley, il descend d’une traite la face. Yihaaaaa !!! Lui qui sort d’une longue convalescence de 3 ans due à une fracture du dos… Un accident qui aurait facilement pu lui coûter sa mobilité, et qui lui a coûté plusieurs participations actives aux XGames en tant que favori. C’est la première fois qu’on le voit à nouveau rider lors d’un événement dont il n’est pas l’organisateur (Candide Invitational). Même son sponsor, Quiksilver, plus représenté dans le freestyle que dans le freeride, avec une délégation de trois personnes, est présent aux Gentianes pour suivre cet événement exceptionnel de près. Un événement qui lui vaut deux grandes médailles grâce à Aline Brock, Roxy et Völkl rideuse, qui, quant à elle, remporte le titre de Championne du monde de Freeride en snowboard !
Il est notre parfait précurseur d’une ère nouvelle, où le freestyle pur se mélange au freeride… Un gars ouvert, touchant, pas toujours à l’heure pour les interviews, (et pas non plus très joignable par téléphone…), mais ô combien attendu dans ce circuit de freeride depuis Jonas Emery. Un éclat, une ère nouvelle, le présent, le futur. Nous avons déjà hâte de voir Candide défiler lors du grand concours l’an prochain avec des skis adaptés, pour attaquer cette merveilleuse face tant redoutée, et en apportant encore un peu plus de freestyle, à sa sauce. Qui l’eût cru ?

Candide, qu’est-ce que ça te fait de finir 3e au Nissan Verbier Xtreme by Swatch et d’être Champion du Tour ?
ça me fait vraiment plaisir ! Je suis content parce que j’ai passé tout l’hiver sur le circuit ! J’ai eu beaucoup de chance quand je me suis brisé le dos il y a 3 ans de ne pas avoir fini paralysé… On m’avait alors posé des vis dans le dos, que j’ai toujours, et le médecin m’avait dit d’oublier le ski, que ce n’était plus possible. J’avais toujours une envie folle de rider, mais beaucoup de douleurs. Alors je me suis concentré sur l’Invitational. L’année d’après, je n’ai fait aucune compétition, histoire de me remettre en selle. A côté de ça, j’ai filmé Candide Kamera.
Comment es-tu arrivé au ski freestyle ?
En ce qui concerne mon parcours, j’ai d’abord fait du ski de bosses et ensuite du snowboard. Je n’avais à l’époque que des potes snowboarders, mais j’aimais trop ce que je faisais en ski et je me suis, comme tous les skieurs freestylers, clairement inspiré du snow (la marche arrière, les tricks).
Comment perçois-tu le développement du freestyle ?
Du point de vue sportif c’est une superbe ambiance. On a tous des styles différents et c’est ça la beauté de ce sport. Il n’est de loin pas monotone ! On invente constamment de nouvelles choses et on améliore notre façon de rider : on se permet des walls, des stairs, des arbes, et on s’est pas mal inspirés du snow pour ça.
Pourquoi ces deux mondes, le snowboard et le ski, se mélangent si peu dans l’univers freestyle ?
En ce qui me concerne, j’ai toujours ridé avec des snowboarders. En France ces barrières n’existent pas. Ce sont juste deux disciplines différentes, avec chacune son univers. Chez nous on parle plus de ski que de snow, aux States plus de snow, avec Shaun White.
Tu dis donc clairement que le snow est la base du ski freestyle ?
C’est clair !
Quel snowboarder t’a alors inspiré le plus ?
Quand j’étais jeune, j’étais un grand fan de Terje Haakonsen. Il m’a marqué et inspiré.
Et si nous parlions un peu freeride… Comment décrirais-tu ta compréhension de la montagne ?
Je dois dire que j’avais très peu de connaissances avant cette saison et c’est seulement l’hiver passé que j’ai découvert les peaux de phoque ! Heureusement, j’aime bien marcher. Sinon, je connais les bases en cas d’avalanche, donc je sais utiliser un biper. Mais c’est clair que si tu participes à un tel contest, tu dois passer beaucoup de temps à faire du repérage, pour qu’une fois sur la pente tu saches exactement par où passer. J’ai donc bien su repérer les plus gros cliffs même si c’était la première fois que je mettais les pieds sur ce Bec :-)  .
D’après toi, ton run, c’était de la chance ou autre chose ?
J’avais prévu de mieux l’exécuter. Il y a eu des endroits que j’imaginais plus raides et qui l’étaient moins et vice versa. Je me suis fait mal à Squaw Valley donc j’ai eu longtemps des béquilles et après la barre de Gilles Voirol je n’avais plus de jambes. Je n’ai pas pu faire tout ce que je voulais. J’ai pris le même run que tout le monde alors qu’on s’attendait à ce que je prenne le dog leg. Le couloir central me semblait plus facile techniquement pour me repérer et prendre de la vitesse. Je dois dire que je suis content de pouvoir prouver que je peux me placer sans figures ! J’ai aussi eu de la chance parce que j’ai tout calculé et il suffit d’une erreur pour finir dans les rochers. Enfin, je suis juste super content d’avoir pu rider  :-) . Ce qui m’arrive est vraiment cool pour ma carrière.
Comment t’ont traité tes co-équipiers ? Tu étais quand même un peu l’extraterrestre pour eux, non ?
C’était une super ambiance. Ils m’ont tous bien accueilli… Ensemble, on parle des endroits dangereux et on s’entraide. Une fois au sommet, Xavier de le Rue m’a beaucoup conseillé, il m’a vraiment aidé.
Quel est ton mode de vie aujourd’hui ?
Entre Facebook et Internet, on n’a même plus le droit d’être malade. Je ne suis pas non plus un grand fan du téléphone (!!!…) et j’aime les moments à l’extérieur et pour moi. Avant, je faisais beaucoup de choses en même temps : les compétitions, les films, les sponsors… Je n’avais même pas le temps de regarder un film. Mais depuis que j’ai eu le dos fracturé, je prends à nouveau bien plus de temps pour skier, pour être avec mes amis.
As-tu eu d’autres accidents ?
Je me suis cassé les deux genoux. A chaque fois que je me suis blessé, j’ai appris à écouter attentivement mon corps : la fatigue, sentir le saut ou pas… Je suis donc déjà passé deux fois par là. La dernière fois, je venais juste de gagner les X-Games ! …Dans un de ces moments où tu te sens bien…
Un projet en vue ?
Partir en vacances, surfer et me déconnecter un peu. J’aime voyager, skater, profiter de la vie. Pourquoi pas un roadtrip ? ça me dirait aussi bien de partir avec des amis aux Maldives.
Comment maintiens-tu ton corps en forme ?
Je fais énormément de stretching. Cela m’a toujours aidé dans mon ski. Le mental aussi joue un grand rôle : il faut être serein et positif. Je n’étais pas fort mentalement avant, mais j’ai bossé dessus et ça m’aide énormément dans la vie et dans le sport. Il faut se forcer à positiver et les choses arrivent naturellement. Il y a le destin, mais il faut aussi savoir bouger ses fesses ! Ce qui arrive devait arriver, je ne me pose pas tellement de questions, il faut relativiser. Maintenant que j’ai appris, ça va beaucoup mieux. Je suis là pour me faire plaisir et c’est de mieux en mieux. Sur le Bec c’était différent : j’ai eu beaucoup de pression par rapport à la descente, moins par rapport à la compétition elle-même. J’ai pissé 15 fois avant mon départ. Et je dois dire que je suis simplement content d’avoir survécu et d’être arrivé en bas. C’est ta seule préoccupation dans un tel moment.

En tous les cas, on vous souhaite de pouvoir rencontrer Candide un jour, soit lors du prochain FWT, maybe au Candide Invitational, soit par vidéo :
www.candidekamera.com ou www.candidethovex.com, mais n’essayez surtout pas de l’appeler… à part s’il a envie de vous répondre…

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