PAC-MAN ET MARIO BROS S’INVITENT AU MUSEE
Par Gaëlle Chaar – Photos: © Jean Nicolas Gilles

Halte indispensable pour les “nostalgeeks” de la Game Gear ou de l’Atari VCS 2600, le premier musée français du jeu vidéo vient d’ouvrir ses portes sur le toit de la Grande Arche de la Défense à Paris. Visite guidée.
Les adeptes français du joystick en rêvaient. Le jeu vidéo et ses quarante ans d’histoire ont enfin droit à leur musée parisien. Les consoles lourdes et archaïques des années septante et les héros pixellisés qui ont accompagné plusieurs générations d’enfants et d’adolescents appartiennent bien aujourd’hui au patrimoine culturel et méritent à ce titre d’accéder à la postérité. Et c’est aujourd’hui chose faite. Soutenu par le Ministère de la culture et fondé par l’agence de communication Alerte Orange, le musée du jeu vidéo accueille les fanatiques du gaming depuis avril.
Situé au sommet de la Grande Arche de la Défense dans le quartier d’affaires de l’ouest parisien et jouxtant le musée de l’informatique, l’espace consacre plus de 200 m2 au loisir le plus prisé au monde et retrace son histoire, de sa genèse à son apogée. “Le musée expose environ deux cents pièces : consoles, jeux, produits dérivés… Certaines très rares, comme l’un des prototypes de l’Odyssey, la Brown Box de Ralph Baer. Il n’en existe qu’une dizaine au monde” explique Olivier Bodeur, directeur de l’agence Alerte Orange et instigateur du projet. De Pong à la PS3, de Pac-Man aux mascottes des Lapins Crétins, les différents pôles du site content l’évolution d’un art numérique en pleine croissance. Dans un but encyclopédique autant que ludique, le musée va au-delà de la simple rétrospective et invite à envisager le jeu vidéo comme un objet culturel, en offrant la possibilité aux visiteurs de découvrir les multiples facettes de ce phénomène de société.
Ainsi, l’exposition célèbre les icônes légendaires du monde ludique – Mario Bros, Sonic, Zelda ou Lara Croft – devenues de véritables références collectives, mais rend aussi hommage à leurs concepteurs – de Michel Ancel, créateur de Rayman, à Will Wright, inventeur de Sim City – grâce à des portraits de ces professionnels passionnés, souvent inconnus du grand public. Interviews, documentaires, publicités, catalogues sous forme de table tactile, pôles jouables, le musée privilégie non seulement l’interactivité mais aussi la diversité. En témoigne le corner consacré à l’influence du jeu sur le cinéma, la musique ou le design avec notamment des affiches de films, des BO ou encore des créations originales de designers comme la Tetris Chair ou l’étagère Puck Man.
Invitation à s’immerger dans la pixelmania, le Musée de la Défense confère enfin à l’univers du gaming ses lettres de noblesse. Produit culturel de masse qui affiche des ventes records et secteur soumis à une profusion constante d’innovations, le jeu vidéo n’en est qu’à ses prémices. Si aujourd’hui, chacun peut devenir maître d’un monde parallèle, les technologies du ludico-virtuel ouvrent le champ à d’autres applications notamment à visée éducative ou même thérapeutique. Avant-gardiste, le musée a pour mérite d’offrir un lieu de conservation et de réflexion autour d’une tendance émergente qui envahit progressivement notre quotidien et dont on ne mesure pas encore l’ampleur. Pas de doute : le jeu vidéo et son musée sont loin du Game Over…


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