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FAITHLESS

Retour sur le dancefloor
Par Miguel Cid – Photo: All rights reserved

faithless_ptAvec un nouvel album truffé d’hymnes house, le bien nommé The Dance, le collectif anglais espère bien reconquérir les clubs. Rencontre avec Sister Bliss pour qui danser rime avec spiritualité.
Lorsqu’on demande à Sister Bliss ce qui l’a occupée ces quatre dernières années, depuis la sortie du dernier album de Faithless, la sympathique DJ et musicienne répond du tac au tac : “ J’ai pris le temps de vivre et d’élever mon fils mais je n’ai jamais arrêté de travailler parce que c’est ma passion. J’ai officié aux platines aux quatre coins de la planète et composé une tonne de musique ”. Si le groupe anglais était d’humeur plutôt mélancolique et downtempo sur To All New Arrivals, (” à l’époque, j’étais enceinte et pas du tout dans un trip disco ! ”), il revient aujourd’hui en force sur les dancefloors.
Son nouveau disque, le bien nommé The Dance, est truffé d’hymnes house grisants. “ C’est la première fois qu’on a cherché à concocter cinq ou six titres calibrés pour les clubs. Les gens écoutent la musique différemment aujourd’hui et achètent une chanson à la fois. Mais David Guetta a prouvé qu’on peut vendre un album entier de morceaux dance ”. Le collectif, formé il y a 15 ans par Sister Bliss, le producteur Rollo et le rappeur Maxi Jazz s’est d’abord fait connaître avec un tube house, Insomnia. Au fil de ses cinq albums studio, il a peaufiné son style unique : un cocktail bigarré de trip-hop, de house et d’electro. Sister Bliss justifie son retour à ses premiers amours : “ Ces deux dernières années, j’ai beaucoup fait le DJ et entendu des disques qui sonnaient comme Faithless avec de légères variations. J’ai dit à Rollo : ‘ Ecoute, ils nous piquent notre style ’ ! Et puis, plein de producteurs nous citent parmi leurs influences. Sans compter les fans qui, pendant mes sets à Ibiza l’été dernier, n’arrêtaient pas de nous demander quand allait sortir notre prochain CD ! ”.
Le combo n’a rien laissé au hasard pour son come-back. Il a testé ses nouveaux morceaux dans les clubs pendant le bouclage de l’album avec une formation réduite : Bliss, Maxi et leur fidèle percussionniste, Sudha. “ On a planifié notre retour comme une opération militaire ” plaisante Bliss. “ On ne peut pas s’absenter pendant longtemps et être arrogant, s’attendre à ce qu’une horde de fans viennent à nos concerts s’ils ne savent pas que nous avons de nouveaux morceaux dans nos valises ”. La DJ s’emballe lorsqu’elle évoque l’univers des clubs et la dimension spirituelle de la musique de Faithless, évoquée dans les raps zen de Maxi Jazz. “ Ce que les gens vivent dans un club est une expérience profonde. Vu de l’extérieur, on pourrait croire qu’ils ne font que se défoncer et danser mais ils sont joyeux, communiquent, jouissent de leur corps et oublient leurs problèmes. La dance music peut être une expérience spirituelle dans laquelle on se sent en osmose avec les autres et l’univers ”.

Pour Faithless, The Dance marque un retour aux sources à plus d’un égard. Arrivé au terme de son contrat avec Sony, le groupe a choisi d’autoproduire son nouveau CD et de confier sa distribution à des labels indépendants, avec l’aide de son manager qui s’occupe également de Radiohead, pionniers en la matière. “ Nous avons la chance de pouvoir financer le disque grâce à nos tournées. On a commencé notre carrière sur un petit label dance indépendant. Il n’y a rien de plus important pour un artiste que de se sentir libre ”.

The Dance, dist. Musikvertrieb.

www.faithless.co.uk

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