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COOP

Pionnière en matière de durabilité
Par Cira Riedel & Corinne Tâche-Berther – Photo: © Cira Riedel

juerg_peritz_ptLe groupe Coop faisait partie des premiers à s’engager dans la course à la consommation durable. A Bâle, nous avons interrogé Jürg Peritz, chef de la direction marketing/achat et membre de la direction générale, sur la démarche et la vision concrète de la coopérative.

Monsieur Peritz, comment est-ce que tout a commencé ?
Coop a vu venir les problèmes écologiques et éthiques très tôt : le sujet de la durabilité est visible dans les rayons depuis 1993, alors que nous lancions nos propres marques Coop Naturaplan et Coop Naturaline. Avec Naturaline, par exemple, nous avons commencé par travailler avec du coton issu de la production intégrée. Il était mieux traité, mais pas encore issu de la production bio. Nous utilisons du coton bio depuis 1995, un vrai travail de pionnier ! Nous avons beaucoup investi, et l’on se moquait parfois de nous en raison des profits minuscules rapportés. Mais nous avons continué, car nous croyions à notre vision. Coop est aujourd’hui l’entreprise qui offre le plus de produits en coton issus de la production bio et éthique au monde. La gamme est constituée de 440 modèles, notre coton est produit dans le respect des directives Bio Suisse et certifié par le Bourgeon bio.

Grâce à votre engagement concret et à votre communication, vous participez très clairement à la prise de conscience bio parmi les consommateurs. Quel est votre but ?
Nous souhaitons sensibiliser et éclairer nos clients sur les sujets importants, et nous communiquons beaucoup dans ce sens. Mais il faut aussi motiver les agriculteurs à faire le pas. La Suisse peut prétendre être pionnière dans ce domaine, on y propose des produits d’une qualité rare, quasi unique (Ndlr : en Suisse, 5’935 agriculteurs sur un total de 53’561 produisent bio. 5’499 sont certifiés par Bio Suisse). Maintenant que les frontières sont ouvertes, nous devons prendre position sur le marché international. Je suis personnellement convaincu que, en raison de la globalisation et de la standardisation, de plus en plus de clients souhaitent savoir ce qu’ils achètent, et attachent de l’importance au travail correctement rémunéré et aux conditions sociales. A l’avenir, Internet rendra ces informations de plus en plus transparentes et accessibles à chacun.

Est-ce qu’on se dirige, à votre avis, vers une conscience bio générale ?
Je pense, oui. Chacun peut voir l’impact de l’humanité sur l’environnement de ses propres yeux… On a déjà pris conscience du dérèglement que subit notre écosystème. La reconnaissance des problèmes continuera à faire son chemin, au niveau individuel comme au niveau des entreprises, ce n’est qu’une question de temps.

Et que signifie pour vous le développement durable, transposé en économie ?
Pour moi, le développement durable est la croissance de demain. A l’avenir, dans l’économie, il faudra penser social et écologique pour être compétitif à long terme.

Est-ce que vous tirez un bilan positif de Naturaplan jusque-là ?
Les produits Naturaplan sont entièrement fabriqués biologiquement et en harmonie avec la nature. Ils sont issus de l’agriculture biologique et suivent strictement les directives de Bio Suisse. Les produits frais sont les plus demandés parmi les denrées alimentaires : les légumes, les fruits, les œufs, la viande, le fromage, le lait et le pain. Afin de rendre notre clientèle attentive à notre offre Naturaplan, nous informons massivement en misant sur une communication qui explique les bienfaits d’un acte de consommation conscient. Fais du bien et parles-en. Ce qui ne veut pas dire que nous dictons une conduite à nos clients. Nous misons sur le libre choix, et nous informons de manière impartiale et correcte.

Les textiles Naturaline sont issus de la production de coton bio. Mais est-il possible de cultiver du bio de manière illimitée ?
Quand il est cultivé biologiquement, le coton peut être intégré dans un circuit équilibré dans lequel il ne prive pas la terre de ses éléments nutritifs. La consommation d’eau est également bien moindre dans l’agriculture bio que dans les méthodes habituelles. (Ndlr : les grandes quantités d’eau utilisées habituellement pour le coton représentent, avec les pesticides, la charge la plus importante. Elles réduisent la nappe phréatique et accélèrent la désertification.)

Pensez-vous qu’il soit possible d’habiller tous les êtres humains avec du coton bio ?
Non, je ne pense pas. Il existe malheureusement aussi de fortes réticences, et de grandes multinationales qui ont un intérêt économique dans l’exploitation de pesticides. Pour nous, il est important d’assurer la chaîne dans son ensemble, de la graine jusqu’au produit final, sans que la moindre graine de coton génétiquement manipulée puisse s’y introduire. Par chance, nous travaillons depuis 15 ans avec les mêmes producteurs. Nous n’achetons donc pas de coton bio sur un marché inconnu, où l’on reçoit un certificat alors que les contrôles sont inexistants. Nous connaissons personnellement nos producteurs en Inde et en Tanzanie, et nous leur restons fidèles.

Quels sont les projets durables, internes et externes, que soutient Coop ?
Chaque fois qu’il est possible, Coop mise pour ses produits sur des labels de qualité et des organisations indépendantes. Coop vend par exemple presque exclusivement des produits bio certifiés par le Bourgeon Bio Suisse, qui impose les directives les plus sévères du pays. Nous soutenons en partenariat avec nos producteurs divers projets de recherche pour une production biologique plus efficace. Nous travaillons aussi intensivement avec le FIBL (Institut de recherche de l’agriculture biologique) ou par exemple ProSpecieRara, une organisation de protection de la biodiversité. Notre écosystème souffre de la monoculture ! Nous ne pouvons pas continuer ainsi. Afin de préserver un équilibre entre rentabilité, efficacité, qualité et diversité, nous devons affronter les problèmes et viser des solutions concrètes.

Quel est, d’après vous, le plus grand problème global en ce moment  ?
L’instabilité de notre écosystème en général et les changements qui apparaissent dans divers domaines. Le CO2 dans l’atmosphère, la surpêche et la pollution maritime – je pense évidemment à la catastrophe récente du golfe du Mexique, qui me laisse sans voix – le déboisement, etc. Ce sont des problèmes globaux interdépendants qui affectent de plus en plus notre écosystème. Nous vivons dans un système fascinant, mais fragile, dans lequel nous ne pouvons pas puiser sans fin.

www.coop.ch

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