SAFU…
Et le projet fabuleux Urban Art de Camel
Par Corinne Tâche-Berther – Photos: © All rights reserved
Faire connaître des artistes et leurs œuvres en leur offrant la meilleure plateforme possible. Tel est le projet fascinant de Camel, Camel Urban Art qui nous fait découvrir une toute nouvelle créativité dans les villes. Entretien avec l’une des artistes sélectionnées, la jeune Lucernoise de 24 ans, Safu, au shop Naville Flagship à Lausanne, pendant le lancement du Camel Urban Art Pack.
“ Son art est urbain, illustratif, graphique et en même temps fashion. Son style colle. En plus de cela, elle fait partie des rares filles qui osent ” nous confie son employeur, Shark de chez RawCut, lorsqu’il nous présente la jeune femme, qui adore travailler avec des feutres noirs, des feutres Molotow et l’encre. Dans le travail de Safu, on retrouve des influences de diverses cultures, du street art, du graffiti et de la musique, qu’elle associe harmonieusement dans un produit final signé d’un seul trait..
Safu, tu étais déjà au taquet à Zurich fin avril et début mai lorsque six artistes “ Urban Art ” remodelaient à leur goût et à des intervalles bien déterminés des affiches F12 blanches. Du jamais vu !
Le projet a tout de suite été bien perçu et m’a procuré beaucoup de plaisir. Ce fut extrêmement inspirant et bénéfique de pouvoir tester sa propre flexibilité, de se laisser embarquer dans cette aventure… Découvrir toute la polyvalence des artistes, voir ce que les autres font avec le même support, quelles techniques ils utilisent, etc. Et bien évidemment, c’est une chance énorme de pouvoir peindre une énorme affiche soi-même, de la concrétiser légalement et sur une scène urbaine !
Qu’exprimes-tu à travers ton art ?
Je combine toujours plusieurs éléments. J’essaie de laisser transparaître le dynamisme et la poésie. En fin de compte, j’espère stimuler les gens pour qu’ils s’arrêtent et contemplent mon art…
Lorsque tu peins en live, n’as-tu pas une pression supplémentaire ?
Comme je l’ai déjà expliqué, cela demande une certaine flexibilité, mais également de la spontanéité. L’improvisation est nécessaire et l’environnement joue un rôle important. Il faut qu’il soit harmonieux pour que ma concentration soit optimale.
Tu dis que dès l’âge de 3 ans tu n’as pas arrêté de dessiner. Quand et comment ton intérêt pour cet art urbain s’est-il manifesté ? T’arrive-t-il souvent de peindre en public comme ici, au Flagstore de Naville, lors de la célébration du nouveau design packaging Dest ?
Je ne sais plus exactement quand l’envie est apparue… Je crois vers l’âge de 14 ans et puis la suite fut automatique, comme un développement naturel pendant mes études à l’Académie des beaux-arts et du graphisme. Depuis trois ans, je sors avec mon art et je suis sollicitée régulièrement pour participer publiquement à des peintures live, des contests et battles.
Qu’est ce qui te pousse quand tu peins ?
Ouh… beaucoup… Tout d’abord, c’est un sentiment qui provient du ventre. Auparavant, ce sentiment était plus fort, une sorte d’expression comme avec un journal intime, comme de la musique. C’est également une déclaration, ça a toujours à faire avec toi-même, bien que tu ne puisses pas tout le temps analyser le résultat. Mais le plus important est le plaisir que j’ai à peindre, à prendre les couleurs en main afin de créer quelque chose pour moi. Et bien sûr, la musique fait partie de l’art. Sans musique, je ne pourrais pas être créative ! Dans tous les cas, on donne le meilleur de soi-même.
Est-ce simple pour une femme d’exister dans cette branche ?
Je suis acceptée, mais ça doit être plus difficile pour une femme. Je n’entends pas tout, mais je serais certainement exaspérée si je le faisais. Mais c’est normal. Dès que tu fais quelque chose, les ragots ont font partie. D’un autre côté, cela te procure une sorte de motivation. Pour moi l’échange est important, c’est égal si celui-ci est entre hommes ou femmes… J’apprécie les gens qui sont contents pour les autres, qui présentent leur art et qui se donnent de la peine. Le plus important, c’est le respect et la bonne humeur.
Comment perçois-tu le développement de l’art urbain ?
Difficile à dire… J’espère qu’un mélange entre la subculture et l’art établi puisse se produire.
L’art urbain devrait toutefois rester de la subculture. L’idéal serait que les gens commencent à apprendre et comprendre cet art et surtout, à l’accepter.
Merci Safu et nous te souhaitons le meilleur pour la suite. La rédaction se réjouit d’avance de publier l’article sur le projet Camel Urban Art et RawCut Feder dans l’édition d’octobre de 7sky PEOPLE/PONG.


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