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“T’AS BESOIN D’UN ASSISTANT?”

Un séjour exceptionnel au Costa Rica
Texte & photos par Marc Weiler
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On m’a posé cette question une douzaine de fois, quand j’ai raconté à mes potes que je partais deux semaines au Costa Rica pour un shooting de mode Tally Weijl avec trois splendides surfing girls.

L’idée de ces deux semaines fait naturellement rêver (je tiens encore à remercier de tout cœur ma femme Paula pour la confiance qu’elle m’a témoignée), pourtant je n’arrivais pas à me débarrasser de quelques pensées sceptiques : comment se passerait la cohabitation forcée avec les trois filles ? Et si elles se crêpaient le chignon au bout de trois jours ? Et si l’une d’elles attrapait une migraine soudaine, virait de mauvaise humeur, ou si n’importe lequel de ces problèmes féminins, incompréhensibles pour nous les hommes, faisait irruption ? Des trois filles, je ne connaissais que Renate Bickel. J’avais rencontré Alena Ehrenbold une seule fois avant le décollage, et je n’avais communiqué avec Céline Gehret que par mail : elle habite en Grande-Bretagne et se trouvait déjà au Costa Rica depuis plusieurs semaines.

Quand les photographes voyagent
Je l’avais vu venir : je suis parti à l’aéroport surchargé de nombreux bagages très lourds. Un boulot en or ? Vous avez déjà voyagé avec un équipement photo complet et un demi-studio ? Sans limitation de poids, je l’aurais pris en entier. On ajoute un surfbag de 20 kg (heureusement, grâce à DaKine, sur roulettes) et un sac photo comme bagage à main, pratique et compact en apparence, mais tellement lourd que je pensais m’enfoncer dans le sol à tout instant. Un sacré trimballage ! Et le voyage en soi n’a pas été de tout repos non plus : 9 heures de vol pour New York, passage à l’immigration et contrôle, six heures d’attente, deuxième avion pour San José, quelques heures de sommeil, 4 heures de bus le lendemain matin, traversée en ferry et pour finir, deux heures de bus pour arriver à Mal Pais, destination finale. Et tout ça tout seul : Renate et Alena étaient déjà parties deux jours plus tôt pour travailler leur bronzage et apprivoiser les surfs.

Trois “ drôles de dames en bikini ” rien que pour moi
36 degrés à l’ombre. Je suis arrivé à Mal Pais dégoulinant de sueur après presque deux jours de voyage. Les filles, pimpantes et de bonne humeur, m’ont réservé un accueil chaleureux. Elles se tenaient toutes les trois devant moi pour la première fois en bikini. Whaou ! L’image valait le détour, elle réjouissait mon petit cœur de photographe. La scène me rappelait la série Les Drôles de dames, à la différence près, et de taille, qu’elles savaient bien mieux surfer que les originales. Elles débordaient d’énergie, d’envie d’activité. Elles avaient déjà trié tous les vêtements et inspecté les lieux pour les différents shootings. Le premier shooting était prévu le lendemain matin à 6 heures. Il ne me restait pas beaucoup de temps pour m’acclimater, et je ne flairais aucune odeur de vacances dans l’air.

Shootings sudorifiques, à l’heure où le coq chante
Je me suis levé à 5 heures, et les 12 jours suivants aussi ! On notera que le métier de photographe n’est pas fait pour les gros dormeurs, ni pour ceux qui ont peur de suer. Je ne sais pas sur combien de kilomètres j’ai bien pu trimballer mon sac de matériel de 20 kg, mon objectif 400 de 7 kg, ainsi que divers trépieds, réflecteurs et flashs, par une chaleur insoutenable, sur des terrains difficilement praticables et sur la plage. Pareil pour les filles : elles disparaissaient littéralement derrière les planches de surf, les bouteilles d’eau et les sacs de vêtements. C’est ce qu’on appelle travailler sur place. Par moments, j’ai vraiment regretté de ne pas avoir un assistant, ou même deux, surtout qu’une fois le déclencheur enfoncé, le travail n’est pas terminé : il faut transférer les images, les sélectionner, les retoucher… Tout ça au crépuscule. Le jour se termine par l’organisation du lendemain, juste avant de se coucher raide mort à 21 heures.

Couché sur un lit de roses, l’appareil photo à la main
Bien sûr, je ne vais pas vous cacher les bons côtés de mon boulot. Il en existe des tonnes : le lieu de travail peu habituel, des plages paradisiaques et la mer chaude qui va avec, les palmiers, les vagues parfaites, la possibilité de pouvoir improviser une session de surf pendant les courtes pauses, et bien sûr le privilège de pouvoir passer deux semaines avec trois filles en bikini, belles, intelligentes et drôles, de se laisser mijoter des plats et se faire mettre de la crème solaire sur le dos, etc., etc. Qu’on s’entende : des filles aux corps parfaits qui maîtrisent super bien leur planche de surf qui plus est ! Surtout Céline, la brune. La surfeuse suisse quatre fois championne en titre m’a beaucoup impressionné par son professionnalisme face à la caméra et son style dynamique sur l’eau. Reni maîtrise également très bien le jeu de séduction avec la caméra. Une inflammation de l’oreille l’a malheureusement empêchée de continuer à ripper la vague. Alena, elle, aime les big waves. Elle n’hésite pas à droper même les vagues les plus hautes. Son manque d’expérience en matière de shooting a garanti les rires et la bonne ambiance.

Trois filles pour un quotidien peu ordinaire
Alena arrivait à nous faire rire presque tous les jours par ses phrases chocs. D’abord, c’est son derrière rougi par le soleil qui l’a tracassée. Comment le mettre en images sans y voir plus que du rouge ? Une paire de shorts à la place du bikini ont réglé le problème pendant deux jours. Une fois que son problème rouge s’est estompé, c’est contre la couleur verte qu’elle s’est battue : après un shooting dans la piscine de la maison, le blond de ses cheveux a soudainement viré à un ton verdâtre. Une “ légère ” hystérie a éclaté. Une cure au ketchup de deux heures a réparé les dégâts (merci Tommy). Mais c’est le dernier jour qu’elle nous a offert sa meilleure prestation : j’étais exceptionnellement assis dans le line-up. Après un solide set en close out, elle m’a crié quelques mots que je ne suis pas arrivé à entendre, en faisant de grands mouvements avec ses bras. Elle a ramé très rapidement vers la plage, puis je l’ai vue piquer un sprint entre les baigneurs dans notre direction, tenant sa planche de surf en diagonale devant son corps. Elle était sans le bas de son bikini et ses deux fesses blanches cherchaient refuge derrière un linge le plus rapidement possible. Toute notre équipe, qui observait la scène depuis le line-up, était morte de rire. Alena avait réussi à perdre son slip de bain lors d’un duck-dive lors duquel il devait disparaître à jamais. C’est bien dommage que je n’avais pas mon appareil photo à ce moment là – et que tu n’étais pas à mes côtés comme assistant – non ?

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1 comment à ““T’AS BESOIN D’UN ASSISTANT?””

  1. veinard !!! mon rêve

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