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CALI P

“la compréhension est la plus grande des cultures”
Par Corinne Tâche-Berther, de l’allemand par Mourad Moussa – Photo: © Félix Rioux www.felixrioux.com

cali_02_ptCali P, 25 ans, rasta man… moitié-suisse, moitié-guadeloupéen, il fera chauffer la scène du freestyle.ch le samedi 25 septembre à Zurich ! Du reggae dans sa forme la plus pure. Une découverte, à l’énorme potentiel, de Tanner Hall et Oakley. Une interview par e-mail.

Cher Cali P, permets-moi de commencer cette interview par la question qui est le fil rouge de ce numéro : qu’est-ce qui te rend heureux, vraiment heureux ?
Je suis heureux quand je vois les gens de mon entourage sourire. Les gens qui me sont proches et les enfants. C’est ça, quand les gens autour de moi sont heureux, je le suis aussi…

D’où te vient l’inspiration pour ta musique ?
Elle vient de mon quotidien. Je raconte la vérité dans mes chansons, ce qui m’arrive et ce qui arrive autour de moi. Je chante les moments d’inspiration, mais aussi les aspects plus tristes et plus négatifs de la vie.

Peut-on dire que tu cherches à élever les gens par ta musique ?
Oui, j’élève les gens par ma musique. J’aime transmettre des vibes positives. J’aimerais rendre les gens heureux et leur donner le sentiment qu’ils sont spéciaux. Je suis souvent surpris de voir l’effet de la musique sur les gens.

D’où vient cet effet d’après toi ?
Je pense que ça provient de mon amour du juste et que ça émane de mes expériences personnelles. C’est ce sentiment particulier qui m’envahit quand j’écoute de la musique que j’aimerais transmettre.

A quoi crois-tu dans la vie ?
En la positivité. Les belles choses, la reconnaissance pour la réussite, c’est à ça que je crois.

Quelle est ta chanson préférée et ton texte préféré ?
Si je devais choisir une chanson parmi mes 10’000, je prendrais Dreadful. Elle reflète Cali P en tant qu’artiste et dans le privé à 100%, mon lifestyle, ma vision du monde et du système. Parfois je ressens aussi les préjugés à mon encontre, par exemple, quand les gens prennent peur en voyant un rasta man. Pourtant, c’est moi qui devrais avoir peur de ces réactions. Alors je fais ce jeu de mots dans ma chanson, “The wicked them fear we, because we dreadful”. Je fais la promotion de l’amour, ce qui fait peur à certaines personnes, mais ce n’est pas une raison d’arrêter.

Comment et quand te viennent les paroles ?
Les paroles me viennent de manières très différentes. Le plus souvent, j’entends un rythme et je me laisse envahir par le sentiment que la musique me procure. Je la laisse me parler puis, je crée la chanson à partir de ce sentiment. C’est comme ça qu’est né Dreadful. Sinon il y a le cheminement en studio : on se met au travail pour écrire des chansons et des paroles avec Phantom, mon ingénieur. C’est une vraie expérience musicale à chaque fois.

Parle-nous de ta collaboration avec Tanner Hall et la bande originale de son nouveau film, Like a lion…
Tanner Hall fait partie de ma famille, il est un frère pour moi. C’est ça. Il est Cali sur des skis et moi je suis Tanner Hall qui fait de la musique. La bande originale du film s’est élaborée de manière naturelle, puisque notre boîte (Inspired) a produit le film et la musique. C’est la première production film et musique 100% Inspired. C’est du lourd.

Comment es-tu entré dans la scène freeski et qu’est-ce qui t’y plaît le plus ?
C’était lors du premier film de Tanner et Iberg, WSKI 106. C’était en 2004 ou 2005. J’ai fait une chanson pour le film. Dès que Tanner l’a entendue, il m’a invité chez lui aux Etats-Unis. C’est comme ça qu’a commencé la collaboration entre le reggae et le ski. And here we are… C’est ça qui me plaît tant : le ski évolue comme ma musique. Il ajoute des pierres sur les bases acquises. J’y ai trouvé ma place en ayant la chance de faire la musique pour ces vidéos de dingue ! Les sportifs et les artistes se ressemblent, ils ont besoin de créativité et d’inspiration pour faire ce qu’ils font… Et tous ces skieurs dont j’ai fait la connaissance étaient tellement aimables et ouverts envers moi. De si bonnes vibes, j’adooore ça.

Qu’est-ce qui t’impressionne le plus dans la dernière œuvre de Tanner Hall, et comment s’est passée la collaboration avec l’équipe ?
Ce nouveau film est fou. Crazy ! Tanner est une légende vivante, il n’y en a pas deux comme lui, sur les skis comme dans le privé. J’aime le fait que ce film ne montre pas seulement Tanner sur ses skis, mais qu’on y apprend beaucoup sur sa vie, sa carrière, ses hauts et ses bas. C’est un vrai lion ! J’ai rencontré Eric Iberg, qui a fait le film, le même jour que Tanner. J’ai eu le sentiment d’entrer dans une famille. Faire la musique pour ce groupe fut une vraie bénédiction. Ce film m’a totalement inspiré.

Dis-nous ce qui est le plus important au monde pour toi, cher Cali P.
Là, on revient à la première question. Vivre heureux et en harmonie avec Dieu. Il n’existe qu’un seul Dieu, un seul but, un seul destin. Une famille. Bénédiction.

Quelles sont les ingrédients d’un excellent concert ?
Je dirais que ce sont les différentes vibes des artistes qui font la réussite d’un concert. J’adore les concerts. Cette symbiose naît de l’interaction entre le musicien et son public. Chaque pays procure une expérience différente. La musique de qualité constitue évidemment un gage de réussite.

Qu’est-ce que ça te fait de savoir que tu vas donner un concert devant les 20’000 visiteurs du freestyle.ch ?
Je n’ai jamais donné de concert en Suisse devant autant de gens. Et ça, juste quelques jours avant que j’émigre en Jamaïque/Guadeloupe. C’est une belle occasion pour des adieux. Mais je reviendrai de temps en temps. Ce sera une expérience incroyable, et pas seulement pour moi, mais pour toutes les personnes sur place. Nous donnerons le maximum !

Qu’est-ce que tu aimes le plus chez la population freestyle ?
La population freestyle… Nous ne formons qu’un. C’est l’un de mes messages. Il faut faire tomber les barrières. We are one. Je considère les gens du freestyle comme tous les autres êtres du monde. One love.

Tu as beaucoup voyagé. Quelle est l’importance de revenir à tes racines en jouant ici ? Est-ce que la Suisse est ton pays ? Ou est-ce que tu te sens plus chez toi en Guadeloupe ? Qu’est-ce que tu aimes dans les deux cultures et comment est-ce qu’elles influent sur ta musique ? Et est-ce qu’il y a d’autres cultures qui influencent ton art ?
Une très longue question, à laquelle je vais essayer de répondre de manière circoncise. Bien sûr que la Suisse est mon pays. Ma mère est suisse, je suis né à Zurich où j’ai fait ma scolarité. Mais je me sens aussi chez moi en Guadeloupe. Mon père vient de là et j’y ai grandi en partie. Mais je suis avant tout un citoyen du monde. Ma culture est africaine. Je suis un rasta man. C’est un honneur pour moi de jouer en Suisse et de présenter un travail issu des quatre coins du monde, un véritable honneur. J’espère que nous continuerons de jouer entre Genève et le Tessin à l’avenir.
J’adore voyager et rencontrer des gens chaleureux. On peut découvrir d’autres cultures, mais à y regarder de plus près, on remarque que la compréhension est la plus grande des cultures. Elle englobe tous ceux qui répandent l’amour et le respect autour d’eux.

Est-ce que tu peux nous parler du développement du reggae en général ? Est-ce que tu penses que l’on entendra plus de reggae sous nos latitudes à l’avenir ?
En Europe, on écoute du reggae à la maison. C’est la plus grande des musiques underground du monde. Il n’y a personne qui ne connaisse pas Bob Marley. On sait qui il est, même dans des régions qui n’ont pas l’électricité ni la radio. Récemment, les médias ont attaqué le reggae et l’ont réduit à quelque chose qu’il n’est pas. Je ne sais donc pas à quoi ressemblera l’avenir. Personnellement, je vais continuer à travailler et à créer pour répandre l’impact positif que le reggae a sur les gens. Je suis sûr que le reggae va grandir encore et devenir important en Europe. C’est la véritable musique aux vibes originelles. Il n’y a rien de tel au monde qu’une party reggae dancehall. Le public pourra s’en convaincre à freestyle.ch.

Et comment vois-tu notre monde dans 5 ans ?
Je prie pour un monde sans guerre et sans faim. Sans souffrance. En considérant la technologie, il semble pourtant possible d’écarter toutes les erreurs commises depuis si longtemps. Travaillons à améliorer le monde ces cinq prochaines années.

likeaLionmovie.com

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