NOUVELLES STARS DU WEB
Par Gaëlle Chaar – Photo: all rights reserved

Cinéma, musique, mode ou bande dessinée, les internautes peuvent, en un clic, contribuer à l’émergence de nouveaux talents. Zoom sur une tendance en plein essor.
S’improviser producteur de films, directeur artistique d’une maison de disques ou éditeur de bande dessinée est désormais possible. Inutile de démissionner ou de gagner au loto : quelques francs et autant de clics suffisent. Car, après le “crowdsourcing” qui utilise la créativité et le savoir-faire des internautes pour lancer de nouveaux produits, le “crowdfunding” devient la nouvelle coqueluche du web 2.0. Le principe ? Fédérer un collectif prêt à investir dans un projet. De la musique au cinéma en passant par la mode ou l’édition, la possibilité de subventionner le travail d’un artiste s’étend à tous les champs de la création. Et le phénomène fait fureur. Il faut dire que chacun y trouve son compte. Les candidats à la célébrité se font connaître, testent la viabilité de leur entreprise et la finance. Les accros de la souris deviennent découvreurs de talents, prodiguent leurs conseils et reçoivent même parfois une petite rétribution. De quoi flatter un ego à moindre frais tout en nourrissant l’espoir de dénicher la pépite.
Ainsi, en 2007, les 347 sponsors de Grégoire ont eu la chance d’empocher 30 % des gains de l’album du chanteur au prorata de leur mise. Le premier artiste produit par le public en France a vendu plus de 750′000 exemplaires de son disque et prépare un deuxième opus. Et, alors que le désormais célèbre interprète de Toi + moi est aujourd’hui courtisé par les majors, il reste fidèle au label participatif My Major Company et à ceux qui l’ont soutenu. Une success-story qui fait rêver. Pourtant, parmi, les milliers d’aspirants à la gloire, rares sont ceux qui connaissent le destin d’un Grégoire et permettent à leurs généreux mécènes de récupérer leur mise ou mieux encore de gagner de l’argent. Mais finalement peu importe : plus que l’appât du gain, c’est l’excitation de l’aventure qui motive les donateurs. La course aux trésors des temps modernes ?
Aussi séduisant pour les producteurs d’un jour que pour les stars en devenir, le “crowdfunding” se positionne donc comme une solution transparente de financement pour les uns et comme un placement attractif pour les autres. Aléatoire certes, mais incontestablement plus fun et gratifiant qu’un troisième pilier! D’où le boom des sites participatifs. Du cinéma indépendant à la bande dessinée, la culture ne cesse de mettre les internautes à contribution. Et le succès est au rendez-vous. Créé il y a quelques mois à peine par Patrick Pinchart, ancien rédacteur en chef de Spirou et ex-éditeur chez Dupuis, Sandawe met en relation bédéphiles et auteurs. Onze projets sont actuellement en cours pour un investissement total de plus de 7′5000 euros. Comment cela fonctionne-t-il ? Des ébauches de bandes dessinées sont soumises au vote des “édinautes” qui choisissent de subventionner leurs favorites. Ces derniers verront leur nom imprimé sur les albums produits et toucheront un intéressement proportionnel aux ventes des publications.
Et, preuve ultime que l’épiphénomène devient incontournable : la haute couture elle-même lorgne du côté du “crowdfunding”. En cours de lancement, le site Fashionstake ambitionne de séduire les modeuses. Dirigée par Daniel Gulati et Vivian Weng, la start-up américaine se donne pour objectif de permettre aux jeunes créateurs de récolter les premiers fonds nécessaires au lancement de leur marque grâce à l’apport financier des internautes. Les fashionistas-actionnaires participent non seulement, via leur vote et leur soutien, à l’avènement des futurs grands noms de la mode, mais reçoivent aussi des réductions sur les vêtements de leur styliste fétiche, des invitations aux showrooms et aux défilés. Une révolution dans un secteur habitué à la toute-puissance des décrypteurs de tendances. Car finalement, n’est-ce pas ce à quoi les producteurs d’un jour aspirent : avoir leur mot à dire et ne plus se laisser dicter leurs goûts par des professionnels, jugés trop loin d’eux ? Des consomm’acteurs impliqués avec lesquels l’industrie devra désormais compter.
www.sandawe.com
www.fashionstake.com
www.peopleforcinema.com
www.mymajorcompany.com







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