JAMES FRANCO
L’HEURE DE LA CONSÉCRATION
Par Miguel Cid – Photo: all rights reserved
LE BEAU CALIFORNIEN CRÈVE L’ÉCRAN DANS 127 HOURS, LE NOUVEAU FILM CHOC DE DANNY BOYLE. RENCONTRE AVEC UN COMÉDIEN SOUS-ESTIMÉ.
SPOILER! ***On rapporte que certains spectateurs ont mal supporté la scène choc de 127 Hours, le nouveau film de Danny Boyle. Nous, on n’a pas vomi ni tourné de l’œil mais on a sacrément serré les dents en regardant James Franco amputer son bras droit avec un canif.***
Ce huis clos palpitant raconte l’histoire vraie de Aron Ralston, un jeune grimpeur américain qui s’est retrouvé bloqué au fond d’un canyon isolé de l’Utah, un bras coincé sous un rocher. Après un calvaire de cinq jours, déshydraté et en proie à des hallucinations, il trouve la force et le courage de s’en sortir. “Durant tout le film, la caméra est tellement près de moi que le spectateur développe un rapport très fort avec mon personnage. Ce n’est pas comme dans un film d’horreur où la moitié des personnages sont jetables et devant lequel on se fiche de les voir éventrés ou décapités. Ici, le spectateur ressent les choses différemment et s’identifie à lui, presque comme s’il vivait lui-même cette expérience”, explique le beau comédien, en promo dans un hôtel londonien.
Fidèle à ses habitudes, James Franco s’est minutieusement préparé pour ce rôle qui pourrait bien lui rapporter une nomination aux Oscars. Il a, bien sûr, rencontré le héros de l’histoire, qui a raconté son incroyable aventure dans un livre. Et visionné avec lui les vidéos qu’il avait enregistrées au fond du canyon alors qu’il pensait mourir. “Aron avait accepté sa mort mais ne s’apitoyait pas sur son sort. Il laissait des messages simples et dignes à sa famille et cela m’a beaucoup appris sur lui”. L’acteur de 32 ans s’est aussi entraîné à faire un peu de varappe “pour avoir l’air crédible”, et a perdu une dizaine de kilos pour paraître émacié vers la fin du film. Et lorsqu’on le voit se démener comme un forcené pour essayer de dégager son bras, il est plus vrai que nature. “On a tourné certaines scènes pendant une vingtaine de minutes sans interruption. Lorsque j’ai l’air épuisé, je suis vraiment épuisé !”.
L’heure de la consécration a enfin sonné pour le trop sous-estimé Californien de Palo Alto. Il y a 10 ans, il était parfait dans la peau de James Dean, dans un téléfilm du même nom qui lui valut un Golden Globe. Mais c’est avec le rôle de Harry Osborn, le meilleur pote de Spider-Man, qu’il a acquis une notoriété internationale. Une saga à l’énorme succès commercial mais qui l’a cantonné à des rôles secondaires. “Pendant longtemps, je me suis défini par rapport au succès de mes films. Si un film marchait bien, j’étais heureux, sinon j’étais malheureux. Je devenais fou”, confie-t-il. Avide lecteur (”Pour moi, l’enfer, c’est de me retrouver bloqué quelque part sans un bouquin”), et artiste protéiforme (il peint, écrit des livres et réalise des courts-métrages), l’intense comédien a repris depuis quelques années des études universitaires. “Grâce à l’école, je ressens moins de pression au cinéma. Je travaille toujours dur lorsqu’on m’engage pour un film parce que je considère que c’est ma responsabilité de donner 100 % de moi-même. Mais maintenant, j’ai autre chose dans ma vie”.
Bientôt à l’affiche de Rise of the Apes, le nouveau volet de La Planète des Singes, et de la comédie Your Highness, James Franco risque bien de devoir faire l’école buissonnière en 2011.








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