ELECTRON
Le festival accélérateur de particules
Par Sesame not-online | Photo : Damien Schmocker

Réservez vos soirées entre le 21 et le 24 avril 2011 car un raz-de-marée de culture électronique de la plus haute qualité s’apprête à submerger Genève à ces dates. L’affiche du Festival Electron 2011 est renversante, et n’a cette année pas grand-chose à envier à son grand frère catalan, le mythique festival Sónar, considéré comme la Mecque de la musique électronique.
La dreamteam aux commandes du vaisseau Electron a en effet réussi à composer une prodigieuse programmation pour le cru 2011, qui promet d’être littéralement culte. Emmanuelle Dorsaz, André Joye et Jérôme Soudan pilotent avec dextérité ce projet, affichant le désir avoué d’explorer au maximum les tendances musicales actuelles, en balayant très large dans tous les styles en vigueur avec une grande diversité, tout en repérant au passage les perles rares les plus hallucinantes de l’underground. Le résultat est concluant, sinon purement jubilatoire pour un public averti, ainsi que véritablement instructif pour tous ceux qui ne seraient pas encore conquis par les cultures urbaines les plus pointues du moment.
Difficile de ne pas s’attarder en détail sur une programmation se déployant sur neuf différents sites et qui donnera probablement lieu à des choix cornéliens aux festivaliers les plus assidus. La principale zone tellurique, à tendance dancefloor, se situera à nouveau entre L’Usine (Zoo et Kab) et le Palladium, ainsi qu’à un nouveau lieu d’envergure : la patinoire des Vernets, pouvant accueillir jusqu’à 2000 personnes. L’Alhambra proposera une programmation plus cérébrale, dont quelques rencontres exclusives très intéressantes entre musiciens de renom, issus d’univers musicaux très différents. La fonderie Kugler accueillera des workshops et un brunch quotidien, l’ADC un spectacle de danse, le BAC une exposition sur le thème du hacking et du bricolage électronique, et le Grütli (White Box et Black Box) proposera des conférences, des créations originales de danse et musique, et des expérimentations sonores : ce nouveau pôle s’inscrit dans la volonté des organisateurs du festival de proposer aussi des spectacles et concerts gratuits, l’accès aux manifestations étant partiellement libre.
Le Grütli accueillera également le projet Skate Resurection. Il permettra de redonner vie à un spot adoré des skaters mais qui leur fut autrefois interdit d’accès, grâce à l’aménagement d’un espace skate à cet endroit, ainsi que grâce à l’organisation de rencontres, de performances et d’une compétition autour de ce thème, quelque part entre le sport et l’art, le tout en musique.
Cette édition 2011, accueillant plus de 120 artistes internationaux, ainsi qu’un focus inédit sur la musique électronique indienne, promet donc une promenade de toute beauté dans l’univers des tendances électroniques actuelles. Des artistes de toutes disciplines se croiseront au menu de ce condensé culturel électronique hors normes, incluant des live-acts et des DJ’s de renommée mondiale, ainsi que des découvertes extraordinaires, mais également de la danse contemporaine, des films, des conférences, des workshops (permettant au public de confectionner de petits miracles électroniques), des performances et même pour la première fois cette année, de la street culture.
La liste des artistes invités est longue et réjouissante. Elle peut se vanter de réunir des stars mondiales telles que Juan Atkins, Dave Clarke, Diplo, Kruder & Dorfmeister, Modeselektor en back to back exclusif avec Miss Kittin, Wagon Christ ou Andrew Weatherall pour ne citer qu’eux, aux côtés de figures légendaires telles que ANBB (Alva Noto & Blixa Bargeld), Ryoji Ikeda ou Nitzer Ebb. Les nouveaux venus les plus incontournables de la scène actuelle seront aussi de la partie, tels qu’Agoria, Crowdpleaser, Isolée ou Mondkopf. Sans oublier les ovnis les plus ahurissants de la scène underground qui promettent des prestations phénoménales, à commencer par Kap Bambino et leur punk digital écorché vif, ou l’impressionnant Beardyman, le génie du beatboxing loufoque, passé maître dans le malaxage d’airs connus, les recrachant en live devant un public en délire.
Il est recommandé d’aller jeter un œil au programme online sur le site officiel du festival car il est extrêmement riche, varié, et mérite d’être étudié en détail.
Et surtout, tenez-vous prêts, car il semblerait bien que la frigide «Calvingrad» (comme les détracteurs de la Genève parfois trop timide la surnomment) va bel et bien trembler sur ses fondations autour de Pâques 2011, et se prendre une grosse décharge électrique nommée Electron, qui promet de laisser des traces.
Shall we dance ?







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