QUATRE NUITS D’HYSTÉRIE DU 9 AU 12 JUIN
Par Ismael Tlili | Photos Sundance : All rights reserved / Portrait Igor & Olivier: Benny

AVEC L’UNE DES PLUS GROSSES PROGRAMMATIONS ÉLECTRO EN SUISSE, LE FESTIVAL SUNDANCE DU MAD EST L’ÉVÉNEMENT PHARE DE ROMANDIE. A L’AFFICHE, LES PLUS GROSSES POINTURES ÉLECTRO DU MOMENT. UN FEU D’ARTIFICE DE CÉLÉBRITÉS DU MONDE DE LA NUIT. 20’000 ÂMES PRÊTES À SE DÉCHAÎNER DANS UNE AMBIANCE TRÉPIDANTE.
La ville de Montreux, réputée pour être des meilleures hôtes, accueillera pour sa cinquième saison le festival électro. Quatre nuits d’hystérie et de DJ’s à profusion rythmeron t la vie de la ville côtière ce printemps. Du jeudi 9 au dimanche 12 juin, les clubbers seront conviés à malmener les différentes scènes édifiées pour l’occasion. Sur les sons des énormes Français David Guetta, Martin Solveig ou encore Laurent Wolf, la foule a pour promesse d’entrer en transe. Ce n’est pas uniquement une invasion francophone qui vous attend : une multitude d’autres artistes seront de la partie afin de faire transpirer vos tympans. Il était difficile de voir plus grand, les années précédentes ayant déjà frappé un grand coup. Mais en juin prochain, c’est une expérience massive qui vous attend. Les lives de ces DJ’s seront assurément du plus haut niveau. Ces bêtes des platines, constamment en tournée, se sont fait la main avec les passionnés du monde entier. Dans un climat sous tension, ils ont su dompter les foules et se sont imposés comme étant incontournables. Sans être aficionados d’électro, même sans vouloir écouter leur musique, vous les avez dans l’oreille, ils sonnent familier.
Igor Blaska et Olivier Fatton aiment l’extravagance et sont donc sans cesse en mouvement, que ce soit lors d’événements à thèmes maritimes comme le MAD Boat sur le lac Léman et la MAD Cruise en partance pour les îles grecques, ou encore lors de voyages en train en direction de Paris et Milan. Leurs idées en décalage font d’eux une référence incontestable du clubbing. Voici le résultat de notre rencontre.
Le MAD est une référence culturelle. Comment en êtes-vous arrivés là ?
Igor Blaska : C’est la passion qui nous a conduits ici. On se laisse guider par nos plaisirs et c’est ça qui a créé notre identité. Mais il y a aussi les risques que nous prenons, qui sont plus démesurés par rapport à ce que font les autres clubs, plus traditionnels.
Olivier Fatton : Nous ne sommes pas des financiers, on veut le rendre vivant. Et ce n’est pas dans la simplicité qu’on le fait. Tout ce qu’on entreprend passe avant tout par un sentiment, une émotion. Le jour où ça deviendra un travail, on arrêtera.
I : Nos concepts ont toujours été en marge. On reste décalés et différents de ce que veut la tradition. Croire en ce que l’on fait nous apporte une certaine sérénité. Le but étant d’amener un plus à ce qui était déjà établi.
Comment embaucher de nouveaux artistes ?
I : Tout se fait sur des coups de cœur. Lors d’un voyage par exemple, on observe la tournure des choses, le mouvement. On se rend compte qu’il y a des feelings qu’on n’a pas ici, puis on essaye de retranscrire le tout.
O : On travaille avec des gens passionnés. Travailler avec des gens qui vivent ce qu’ils font nous permet d’évoluer. On garde toujours à l’esprit que l’objectif est de se distinguer parmi la masse.
Qui avez vous révélé ?
O : On ne les a pas forcément révélés, mais nous avons vécu les débuts d’un bon nombre d’artistes : Guetta et Sinclar bien sûr. Les murs du MAD ont aussi accueilli les performances de Céline Dion et de Faithless.
I : Laurent Garnier a aussi fait escale chez nous.
Est-ce que vous sentez que l’économie a repris ?
O : On a subi deux crises. La crise économique dont on parle tant, qui ne s’est pas ressentie sur le pouvoir d’achat, mais sur le comportement. Et aussi l’interdiction de fumer, qui est en vigueur depuis une année. C’est la deuxième que nous appréhendions vraiment, mais étonnement ni l’une ni l’autre n’a été ravageuse. On est un divertissement de luxe. A présent les gens partiront moins en vacances mais ils s’offriront plus de petits plaisirs.
I : On ressent des comportements plus responsables. Les gens sortent moins facilement le jeudi soir parce qu’ils appréhendent de se pointer au travail avec des cernes. Cela a eu l’effet vase communiquant : la population qui sortait le jeudi s’est déplacée sur le vendredi. Maintenant les gens dégustent plus et respectent le produit. Ils ont conscience de ce qu’ils ont entre les mains.
Les gens ont-ils plus besoin de faire la fête aujourd’hui qu’il y a 10 ou 20 ans ?
I : Le nightlife s’est démocratisé. Avant les noctambules étaient un peu considérés comme des marginaux, aujourd’hui on est un réel apport à la vie sociale.
O : Les nouvelles pop stars sont les DJ’s !
Qu’est-ce que vous offrez en plus par rapport aux autres festivals ?
I : Dans un festival lambda, les festivaliers viennent pour écouter un concert et vers deux heures du matin… plus personne. Contrairement à ça, chez nous, les gens débarquent à 22 heures et s’en vont à 6 ! On crée un club gigantesque. Si je vous donnais une recette, ça serait 50 % show DJ et 50 % concert, avec son et lumières, des intervenants et un tas d’effets. Une expérience futuriste !
O : L’idée de base est que le MAD n’est pas assez grand. On apporte donc la qualité d’un club et on la transpose à un festival, tout en étant différents d’une RAVE. Nous offrons de réelles performances et de vrais concerts.
Comment passe-t-on d’un club à un festival ?
O : Le fait est que nous avons des membres. Notre envie était donc que tous ces membres puissent sentir qu’ils font partie d’une tribu. Ce festival est ce qu’on a voulu leur offrir. En amenant tout le côté qualitatif et sécuritaire du club à un espace beaucoup plus grand.
Comment répondre aux attentes d’un public exigeant ?
I : On a la pression ! Si on est à Paris, automatiquement la foule s’ameute. Chez nous, vu qu’on vit dans un bassin beaucoup plus petit, il faut fidéliser les gens, donc être encore plus exigeants avec nous-mêmes. Cela nous contraints à être constamment à la pointe et précurseurs dans l’électro.
O : On veut faire vivre notre réseau social, assouvir cette tribu. Nous avons donc l’esprit très axé sur les désirs des membres.
I : Ils peuvent le revendiquer, de même que les artistes ! Ils sont certains d’avoir une bonne atmosphère pour se produire. Tout cela est possible grâce à la confiance que les gens placent en nous.
Comment se prévoit une bonne programmation ?
I : Premièrement, on essaye de ne pas s’en tenir au même créneau deux jours de suite. On cible différents publics et on essaye de créer des combinaisons complémentaires. Tout est fait pour que les moments restent gravés. Plus qu’offrir un artiste, on veut déclencher une émotion.
O : On fait des choses qui, en temps normal, ne peuvent pas se faire, comme présenter des groupes qu’on ne peut pas avoir le reste de l’année. On crée des rencontres différentes, pour que le résultat final en mette plein la vue !
La soirée 90’s est plus commerciale que pointue. Qu’est-ce qui vous pousse dans cette direction ?
I : On doit donner de l’oxygène à chaque jour. En complément du mix on projettera les clips et les chorégraphies. Actuellement les artistes s’inspirent du passé. Nous, on propose les originaux.
O : C’est vraiment très deuxième degré comme soirée. Tout ce qu’on veut c’est relancer la machine des souvenirs.
A quand remonte votre dernière soirée en tant que spectateurs ? Où, programmation, boisson, moyen de rentrer ? Quelle heure ? Où avez-vous dormi ?
O : A Bangkok, il y a deux semaines. Le club s’appelait le DEMO et je n’ai aucune idée de qui passait. Vodka Lemon et je suis rentré tard.
I : J’ai mixé dans une soirée et après ça je me suis rendu au Java. J’y ai vu plein de gens s’amuser, c’était cool, mais je ne suis pas rentré tard. Vodka Lemon.
Quelles sont les clés d’une soirée réussie ?
O : Les personnes avec qui l’on est.
I : L’atmosphère est super importante.







