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MARISA PICHLER

L’ENSEMBLE ESTHÉTIQUE : RECHERCHE + CONCEPTION + DESIGN = HOPEHOPE
Par Cindy Schrepfer – Photo : Marie-Christine Gerber, Nico Ammann

pichlerMARISA PICHLER EST VENUE AU MONDE AVEC UNE SENSIBILITÉ POUR LA MODE. L’ENVIRONNEMENT DANS LEQUEL ELLE A GRANDI ÉTAIT PLEIN D’ENTRAIN, SANS AUCUNE LIMITE À LA CRÉATION. ELLE Y A TIRÉ SA FORCE  : UNE COMPRÉHENSION HORS NORMES DE L’ENSEMBLE.

Comment la qualifier ? Chargée d’interactions, spécialiste mode, designer pour Interio, styliste, éditrice de magazine ou bloggeuse number one de Suisse avec HOPEHOPE ? En résumé  : directrice artistique transdisciplinaire ? Par modestie, elle préfère parler de processus plutôt que de travail. «Les nombreuses influences brillent dans un tout riche de ses nombreuses facettes. Au final, toutes mes tâches deviennent processus». C’est d’ailleurs ce que je ressens, assise dans son atelier zurichois, buvant un café et prenant la température. Pendant l’ensemble du temps que j’ai passé auprès d’elle, j’ai moi-même traversé un processus intéressant. Découvrez sa vision du monde et laissez l’interview faire son effet…

Chargée d’interactions diplômée, designer industriel, Concentration Process Design & Interaction Leading, spécialiste mode… Ai-je oublié quelque chose ? Ah oui, éditrice de magazine… On pourrait résumer ton activité professionnelle par «talents multiples». As-tu toujours été une touche-à-tout ou est-ce le monde en réseau qui t’y a amenée ?
Mes qualifications paraissent plus impressionnantes qu’elles ne le sont en réalité, plusieurs se recoupent. Mon programme d’études brassait large. Mon travail actuel forme un tout influencé par ces différentes responsabilités. Dans l’ensemble, il s’agit toujours de lifestyle et de personnalité. Quand j’étais ado déjà, et que j’allais voir des concerts, je m’imaginais améliorer le look des musiciens, le décor, ou modifier la pochette de l’album pour que les différents éléments forment un ensemble esthétique cohérant.
Est-ce que tu as grandi dans une famille de bricoleurs créatifs ?
Mon père est aussi entrepreneur. Mes parents m’ont appris qu’il n’existe pas de limites, que tout est possible. Leur soutien fut sans conditions, même pendant mes études au Hyperwerk alors que personne ne savait vraiment où elles allaient me mener. Pareil avec mes sœurs : la première, avec laquelle je partage mon atelier est photographe, la deuxième fait son chemin dans la médecine et participe à des expéditions de recherche.
A quel âge as-tu compris que tu avais une sensibilité pour les tendances ?
Je savais déjà ce que je voulais au jardin d’enfants, mais ce n’est que bien plus tard que l’on comprend comment le monde fonctionne et du coup, ce que l’on veut concrètement.
Tu as une clientèle très large, qui va du petit magasin comme Monsieur Dubois jusqu’au géant Nike. En général, il s’agit de créativité. As-tu déjà eu l’impression de te vendre ?
Quand on est engagé par une entreprise, seul le résultat compte. Il s’agit toujours de satisfaire son client, de créer le meilleur produit possible et d’optimiser sa production au maximum. Mais il existe des entreprises pour lesquelles je ne travaillerais pas pour des raisons d’éthique, des entreprises de fourrures par exemple.
Sur quel projet travailles-tu en ce moment ?
Sur un shooting pour une marque de lunettes suisse.
Est-ce qu’il y a un mandat que tu as particulièrement aimé honorer, une entreprise avec laquelle tu aimerais retravailler ?
J’ai aimé tous mes mandats, car chaque travail amène une grande part d’émotion. Chaque projet est spécial à sa manière. Bien sûr, j’ai adoré peindre une voiture pour Mini, et j’ai toujours profité à fond de la liberté offerte par mes clients à l’esprit très ouvert, comme Monsieur Dubois et On y va.
Quelle marque apprécies-tu particulièrement pour son image ? A quoi tient le raffinement ?
Ce qui m’inspire, c’est le mélange des styles les plus variés pour créer un look propre. Bien sûr, il y a toujours des favoris, et des collections qui donnent le ton. En ce moment, la palette des styles représentés est large, elle va du minimalisme géométrique au romantisme chargé de détails. Tout est dans le mélange, et c’est ce que j’aime dans la mode !
L’univers du blog tire son sang neuf de la jeune génération. Qu’est-ce que tu penses de la tendance des bloggers adolescents, les stylerookies – comme Tavi Gevinson par exemple, qui lance les trends à l’âge de 13 ans déjà – qui se font inviter au 1er rang des grands défilés ?
C’est un sujet épineux. Mais c’est naturel que les plus jeunes s’intéressent aux domaines créatifs, et il faut les y encourager. Ce qui me dérange, c’est que les adultes vont immédiatement accepter ces adolescents dans leur univers et les amener à leurs fêtes débauchées, surtout aux USA. Il y a là quelque chose de schizophrène. De toute façon, pour ma génération, les blogs n’existaient pas encore, il n’y a donc pas moyen de comparer.
Dans quelles villes et à quels défilés as-tu assisté lors des dernières Fashion Weeks ? Est-ce que tu te fais inviter désormais ?
Nulle part (rires) ! Mais on peut très bien suivre tout ça en ligne, Berlin par exemple. Et j’ai une correspondante à New York. J’étais aux Fashion Days Suisse de Vögele. Il faut avoir eu au moins une fois le sentiment d’être là où ça se passe, c’est important pour le métier de faire cette expérience.
A l’avenir, est-ce que tu souhaites te concentrer sur quelque chose de précis, ou est-ce que tu vas continuer à chercher de nouveaux terrains à explorer ?
Mes domaines sont tellement riches, il me reste beaucoup à découvrir. Je veux continuer à me concentrer sur ce que je fais et continuer à me spécialiser.
Quand est-ce qu’on aura la joie de feuilleter le 9e numéro de HOPEHOPE Magazine ?
Il est en préparation, mais sa de date de sortie n’est pas encore prévue (rires). Au départ, le magazine paraissait chaque trimestre ; désormais cela dépend du fil rouge du numéro.
Pour terminer, je ne peux pas partir avant que tu révèles à nos lecteurs le must-have du printemps.
Mmh ! Personnellement, j’aimerais m’offrir une belle robe longue. Celles qui préfèrent la simplicité et les tons unis pourront choisir Jil Sander. Pour un style plus hippie, choisissez des tissus imprimés.

Voilà Marisa, j’en ai fini de passer tes méthodes aux rayons X. Maintenant je saisis les liens et les approches de ton travail et je dois avouer que je ressens une forte envie de réaliser quelque chose moi-même. Merci beaucoup !

Plongez dans l’univers de Marisa Pichler et laissez-vous inspirer !

hopehope.ch

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