COLLIE HERB
dès qu’il prend le mic, l’ambiance y est
Par Mario Angst – Photo: Collie Herb

Le freestyle, c’est le skater sur le rail, le boarder dans les airs ou le surfer dans un tube, des instants qui se suffisent à eux-mêmes, qu’aucune pensée ne peut déranger. Mais le freestyle, c’est aussi des beats rebondissants, des murs qui suintent et un public qui suit chaque rime improvisée. Le musicien reggae d’Olten Collie Herb cherche les points communs et les trouve dans l’importance de vivre au présent.
“Tu fais quoi, quand tu ne fais pas de la musique ?” La réponse de Collie Herb à cette question est inattendue. Un ange passe. Après un instant, il se souvient qu’il aime bien cuisiner. Il ajoute, presque gêné que, dans sa vie, tout tourne autour de la musique. Aucun doute que le rêve de Collie Herb, consacrer sa vie entièrement à la musique, se réalisera bientôt.
Quand la salle devient silencieuse, quand l’attente devient palpable et que la foule attend impatiemment les premiers accords… Quand la chanson commence enfin, avec des guitares euphorisantes et une voix féminine douce, comme Jede Tag, une musique comme un matin ensoleillé… Quand Collie Herb entre en scène, embrasse son beat, et que son chant fait vibrer les oreilles de manière directe et positive… Et quand des inconnus dans le public se sourient : ce sont des instants authentiques, pas très loin du pipe run sans faute, du grondement du public et du retour à la maison, en sueur mais heureux.
Pour Collie Herb, c’est encore mieux si les spectateurs emmènent une partie du message chez eux. Il s’agit d’improvisation, de joie de vivre, de répandre des vibes positives et de vivre son rêve. Il insiste : “Je veux faire de la musique qui reflète ma personnalité”.
Lorsqu’il donne un concert, il se sent comme un poisson dans l’eau. On comprend tout de suite que, de tous les endroits où vit la musique, la scène est le plus important pour lui. Collie Herb peut y sortir son grand jeu et, de temps en temps, il part en freestyle sur un sujet d’actualité. Le lien, il le voit immédiatement : “Le freestyle, c’est une manière de vivre, une liberté de mouvement, que ce soit dans le skate ou le rap. Bien sûr qu’il existe un lien !”. Ce lien devient d’autant plus évident si l’on considère que le flip en pipe et l’impro de textes nécessitent tous les deux autant d’exercice et de savoir-faire. Sauf que le freestyle de Collie Herb ne connaît pas de chutes. Il affirme ne jamais être à court de mots. Sur scène, il a une mission à remplir. Il tourne à plein régime dès qu’il prend le micro.
L’Oltenois ignore les frontières entre reggae et hip-hop et combine l’énergie positive du dancehall à la force entraînante du rap. Pour lui, ce genre de frontières est artificiel. Il fait remarquer que, en Jamaïque, le pays qui inspire la plupart des artistes reggae, personne ne se demande où commence le rap et où s’arrête le reggae. Le hip-hop, les beats et le freestyle lui sont indispensables.
Après pas mal d’enregistrements et de mix-tapes, le premier EP de Collie Herb sort bientôt. Et même si son disque ne diffuse qu’une partie de sa passion pour la musique, l’attente n’aura pas été vaine. Son son est autant adapté pour chiller joyeusement après une journée éprouvante dans un park que pour faire la fête le soir.
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