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ELIAS AMBÜHL

19 ans, bronzé, athlétique, d’une forte personnalité,
beau et il conduit une porsche !

Par Corinne Tâche-Berther – Photos: © Paul Ripke, Fabian Weber
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Elias Ambühl prend la vie comme elle vient, est spontané, et tout ce qu’il a entrepris a été couronné de succès. Est-ce que ses parents se doutaient qu’il allait devenir une star du freeski quand il a quitté l’école à l’âge de 15 ans pour se dédier entièrement à son destin?
Nous l’avons rencontré au Starbucks de l’aéroport de Zurich une semaine après un surf trip d’un mois à Hawaii. Avec une casquette Red Bull et un polo Red Bull bleu, le jeune homme, qui incarne le freestyle jusque dans chaque os de son corps, nous rejoint d’un air nonchalant. “Je skie parce que c’est amusant… je fais aussi quelques contests”. Si on veut en apprendre plus il faut creuser un peu. Nous avons donc creusé durant une heure et ça en valait la peine. Mesdames et Messieurs, nous sommes fiers de vous présenter Elias Ambühl, l’ex et futur champion freeski du freestyle.ch (d’après nos pronostics), à la maison tout autant sur ses skis, dans les parks (sa spécialité) que dans la poudre! Elias a grandi à Masein, dans les Grisons.

Elias, est-ce qu’il y a des films qui te rappellent les mêmes sensations que quand tu rides ?
N’importe quelle vidéo de surf ou de skate me fait cet effet.

Qu’est-ce que la liberté à tes yeux ?
S’amuser et n’avoir aucun souci.

Que fais-tu quand tu ne skies pas ?
Je cherche quelque chose d’autre sur lequel me concentrer. Quand t’es dans une chambre d’hôtel tu penses à d’autres choses, pas uniquement à du ski. Au monde et à tout, comme à comment me faire un nom. Je ne veux jamais m’enliser dans la routine, je veux continuer d’avancer.

Qu’est-ce que tu veux dire par avancer ?
Avoir plus de fans, toucher plus de gens, obtenir de meilleurs résultats et apparaître à la télévision. Je pense aussi à un tas d’autres choses, des choses que je veux garder secrètes, mais aussi à ce que j’aimerais faire une fois que tout ça sera terminé. Peut-être monter ma propre boîte, mais je n’entends pas par là une marque. Je me vois plus comme le propriétaire d’un restaurant ou d’un magasin. J’ai déjà pu mettre de l’argent de côté.

Et tu n’auras pas peur de la concurrence de tous les grands revendeurs ? En ce moment les plus petits shops subissent plutôt une récession.
Disons que tu veux acheter une raquette de tennis. Est-ce que tu vas te rendre dans un énorme outlet ou à la boutique de Roger Federer de l’autre côté de ta rue ?
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Après ça tu deviendras une star de film ou du rock /?
Ce serait plus réalisable d’ouvrir un club sur deux étages à Coire en Suisse. Ce serait vraiment cool. Je joue du piano, mais je ne sais pas lire de partitions, je joue uniquement à l’oreille. Le piano fonctionne toujours avec les filles… mais je fréquente quelqu’un depuis un ou deux mois alors ça n’a pas d’importance.

Est-ce que tu dirais de toi que tu es parfaitement heureux ?
Oui je le dirais, si ça continue dans cette direction. De temps en temps je me fais trop de souci – où, quand, comment – au lieu de profiter de l’instant.

Tes amis sont-ils jaloux de ton succès ?
Non, ils sont simplement heureux pour moi. Ils aiment entendre les histoires que je leur raconte une fois que je suis de retour de voyage. De cette façon ils ont un peu l’impression de voyager avec moi.

Est-ce que ta façon d’agir les motive à suivre leurs propres rêves ?
Oui, il y a carrément de ça. D’un autre côté à cause de leur carrière, ils ne vivent pas leur vie pleinement, parce qu’ils ont peur de se blesser, etc.

Tu n’as donc jamais appris un métier ?
Non, j’ai quitté l’école à quinze ans et commencé à skier d’emblée.

Petit garçon quels étaient tes rêves ?
J’en ai eu beaucoup. Par exemple je voulais être pilote d’hélicoptère. J’ai toujours voulu être bon dans une chose ou une autre quoi qu’il arrive. En jouant du piano ou en skiant. A l’époque où j’avais 15 ans j’ai presque tout essayé : le football (j’ai fait partie des sélections Est U16 des moins de 16 ans) et jusqu’à mes 14 ans j’ai fait des courses de ski. J’étais aussi bon en ça. Mon père était skieur et s’entraînait pour la coupe du monde et je pense que j’ai pris un peu de lui.

T’as aussi fait du snowboard ?
Oui, jusqu’à mes 13 ans. Quand j’y repense, le snowboard était ce que le ski est pour moi maintenant. S’évader et s’éclater avant ou après les courses de ski. J’ai arrêté parce que mon emploi du temps était surchargé et puis j’ai redécouvert le plaisir en faisant du freeski.

Quels sont tes tricks préférés ?
Les simples. Pas de double corks ou autres où il faut se concentrer. J’aime les cork 5, les turns où il n’y a pas besoin de beaucoup de concentration. Il n’y a aucun trick que je n’appréciait d’apprendre. Mon but était de rentrer un triple cork et la saison dernière j’ai été le premier à le poser durant un contest. C’est comme ça que j’ai gagné l’événement. Jon Olsson m’a dit une fois qu’il avait gagné un contest en étant le premier à avoir rentré un double cork. Et par la même occasion je place que je ride pour sa marque de goggles, Yniq.

Les sponsors et les projets ne cessent d’affluer, n’est-ce pas ?
Chaque année j’ai de nouveaux projets et les sponsors continuent de m’aborder. En premier Atomic, puis Eleven, ensuite Armada et maintenant Sweet Protection. Je glisse avec Red Bull depuis que j’ai gagné le freestyle.ch. C’est sûr que les sponsors sont très actifs.

Ça ne te monte pas à la tête ?
J’essaye de garder les pieds sur terre. Je ne suis pas toujours satisfait de la vie que je mène, mais dans ces moments je me gifle et pense que je suis tellement stupide. Je suis très reconnaissant du fait que tout se soit passé aussi bien pour moi.

Et qu’est-ce que tes parents en pensent ?
Ils m’ont toujours beaucoup soutenu. Ils m’ont dit qu’il fallait que je me débrouille pour financer mon ski et que si ça ne fonctionnait pas je devrais me lancer dans une carrière professionnelle. Donc après l’école j’ai travaillé huit mois à trimballer des briques sur un chantier et c’est comme ça que j’ai pu financer mes deux premières saisons, jusqu’à ce que ma première offre de sponsor vienne d’Atomic.

Qui est ton héros ?
Jon Ollson est mon plus grand héros pour sûr. Il a choisi un sport en marge et est devenu multimillionnaire. Il vit à Monaco, conduit une Lamborghini et personne ne lui demande ce qui l’a rendu aussi riche. Mais j’ai aussi beaucoup appris de Bobby Brown, Jossi Wells et Russ Hetcha. Ça fait très longtemps qu’ils sont là dedans et j’ai toujours regardé leurs vidéos. Maintenant je skie et je voyage autour du globe avec eux. C’est fou la vitesse avec laquelle tout ceci s’est passé. Mais j’aime énormément aller rider avec des snowboarders. J’en apprends des tonnes d’eux. Pour moi le snowboard est plus cool que le ski. Je trouve que leurs tricks sont beaucoup plus stylés et beaux à voir. Sinon il y a aussi Mario Käppeli ou Mä, mais celui que je respecte le plus, c’est iPod (Iouri). C’est fou comme il arrive à se concentrer quand il se lance.
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Iouri nous a expliqué, dans sa toute première interview, comment il visualisait un trick avant de le plaquer en vrai…
Je le fais aussi. Je ferme les yeux et m’imagine en train de faire le trick. Une fois que je me vois le poser je me lance pour de vrai. D’habitude, je le rentre après deux ou trois essais.

Que veut dire pour toi “freestyle” ?
Une bonne partie de ma vie, c’est tout. Je ne suis pas attaché au sport au point de dire que c’est toute ma vie.

Qu’est-ce qui est vraiment important pour toi dans la vie ?
Mes amis sont hyper importants, et ma famille aussi. Ce sont à peu près les choses les plus importantes. Et aussi Chipsy, mon chien, qui est vraiment trop cool. Ce qui est aussi très important pour moi est de m’éclater : tu ne sais pas quand ton dernier jour viendra.

T’es-tu déjà blessé ?
Jamais réellement. Ça dépend toujours du niveau de pensée dans lequel on est. S’il y a beaucoup de vent et que le kicker est louche, beaucoup de gens te diront de quand même faire le contest. Mais il faut savoir dire non et redescendre en un morceau. Là je peux lâcher que c’est Jon qui m’a appris ça. Il a 28 ans et ne s’est jamais blessé. Il est le skieur le plus intelligent alors qu’il se dit plus souvent OUI que non. Mais j’ai quand même fait quelques trucs barrés en freeski.

Est-ce que tu te conditionnes pour te dire oui ?
Oui je me le répète et je profite de chaque jour. Dans une demi-heure je peux décider de partir surfer en France et le faire immédiatement. Je suis totalement spontané.

Tu es aussi impliqué dans Swiss Ski ?
Yeah, c’est vraiment cool, ils en font des tonnes en ce moment. A l’heure actuelle Virginie Faivre et moi sommes les seuls en cadre A.

Et tu as déjà une Audi ?
Non, mais j’ai deux voitures, une Subaru et une Porsche.

Qu’est-ce que tes amis pensent de ta Porsche ?
Ils trouvent ça cool. Ils en achèteraient une s’ils en avaient les moyens. Ce n’est pas une histoire de gaspillage mais uniquement de plaisir. Je l’ai achetée aux Etats-Unis et la revendrai plus tard. J’ai besoin de nouveautés tous les deux mois, j’en ai vite marre des anciennes choses.

De ta copine aussi ?
NON ! ! ! Elle est pleine de surprises, merci mon Dieu. Et je déteste être au même endroit pendant plus d’un mois. Ça me réussit aussi.

Et le voilà parti… en route vers sa Porsche sous l’interdiction de stationner.

Elias skie pour Atomic (ski & boots), Red Bull, Sweet Protection (outerwear & protection) et Yniq (goggles).

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