forme d’expression d’activités positives
Par Gigi Rüf – Photo: Scott Sullivan
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“Pour moi, le freestyle est une forme d’expression d’activités positives, la possibilité de faire quelque chose à sa manière et par pure passion. Il relève de la magie, car il est un moyen d’impressionner les gens.”
L’expression “freestyle”, je ne l’avais pas comprise d’emblée. La première fois que j’ai rencontré un snowboarder, il y avait pas mal à apprendre et à trier, tant son phrasé ressemblait à une explosion de mots qui m’étaient inconnus.

Si je comprenais bien, “freestyle” était le terme générique qui englobait différents grabs et tricks, que je voulais d’ailleurs apprendre à maîtriser. Pour ça, il fallait se procurer une planche aux extrémités relevées et des softboots. Le vocabulaire jaillissait de catalogues comme Buyers Guides. Pas étonnant alors que mes parents n’aient pas immédiatement exaucé les souhaits qui naissaient à leur lecture, d’autant plus qu’ils ne comprenaient pas forcément mon “craze”. Ainsi, j’atteignais déjà mes limites. Je devais commencer par prouver à mes parents que le snowboard me tenait vraiment à cœur. Mon frère et moi, nous avons dû apprendre à rider avec nos vieilles chaussures de ski! Il a rapidement trouvé des fixations soft et m’a donné les siennes. Nous allions alors à l’école avec nos bottes d’hiver fixées à nos planches. Plus que le ski, le snowboard donnait envie de s’exprimer, ne serait-ce qu’en décorant sa planche d’autocollants ou en coloriant ses fixations au feutre. Avec le temps, nos parents ont fini par comprendre notre passion, et ils ont été les seuls à documenter nos styles de l’époque avec leur appareil photo.
Ma voie se profilait : je voulais devenir “freestyler”, pour m’affirmer et pour trouver de nouvelles sensations de liberté que je ne connaissais pas encore. Il s’agissait de vivre notre passion, que ce soit par la mode, en portant des baggies et des chemises à carreaux, ou en levant notre doigt d’honneur au monde. Et puisque le freestyle avance main dans la main avec son lifestyle, un nouveau trend naissait, dicté par ma passion pour le snowboard. Ce trend infecta ma conscience et c’est lui qui fait en partie la beauté de ce sport : l’épanouissement personnel n’y rencontre aucune limite, une idée parfaitement exprimée par le terme. On créait, mimait et essayait tout ce qui était possible pour tester son talent. Le freestyle fut d’ailleurs réinventé il y a peu : alors que ma sœur cuisinait, je lui demandai : “Qu’est-ce que tu prépares”? Elle répondit : “Un plat freestyle”. J’ai tout de suite compris qu’elle improvisait avec ce qu’elle trouvait plutôt que de suivre une recette. Cette improvisation semblait la stimuler, lui donner la possibilité d’exprimer sa créativité. Freestyle est un terme sans définition arrêtée, puisqu’il dépend de l’interprétation que l’on s’en fait. Pour moi, snowboarder veut dire faire des tricks, atterrir à l’envers. Il faut qu’ils aient l’air simples et fluides. Les tricks ne peuvent être dissimulés que par le style, pour impressionner les novices. Pour moi, le freestyle est une forme d’expression d’activités positives, la possibilité de faire quelque chose de sa propre manière et par pure passion. Il relève de la magie, car il est un moyen d’impressionner les gens.

Gigi est sponsorisé par Volcom, Home, Dragon, Union et Burn.

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