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URSINA HALLER

haller_01_ptsnowboardeuse professionnelle et inspiratrice du projet swiss snowboard girls
Par Corinne Tâche-Berther – Photo: Thomas Stöckli

Rayonnante d’une joie de vivre communicative, Ursina Haller parcourt le monde depuis 8 ans déjà pour le compte du cadre A de l’équipe nationale suisse. La jolie blonde aime ce qu’elle fait, mais ne le fait pas que pour elle. En effet, elle compte parcourir la Suisse pour convaincre toujours davantage de filles de monter sur une planche. Nous avons rencontré Ursina au restaurant Hiltl de Zurich.
Ursina, raconte-nous tes meilleurs “coups” en snowboard…
Il y en a plein. Mes meilleurs coups peuvent durer des jours entiers, quand j’essaie un nouveau trick, ou pendant une compétition durant laquelle je peux vraiment montrer ce que j’ai prévu. Ce sont des moments pendant lesquels je vais au-delà de mes limites… Et mes limites, je les redéfinis à chaque instant, jusqu’à ce que des visions plus grandes m’apparaissent.

Et quelles sont tes plus grandes visions ?
Si on traduit en termes de snowboard, je veux me sentir chez moi dans chaque pipe, sur chaque kicker et chaque terrain. Sinon, j’essaie de faire monter sur la planche toujours plus de filles suisses. Je travaille sur ces deux points. Swiss Snowboard Girls est déjà une réalité.

Jusqu’à présent, quelle est la plus grande leçon que tu aies retenue dans ta vie ?
C’est que l’homme doit tirer des leçons de l’Histoire, mais aussi apprendre des autres, de ses propres expériences comme de celles des autres. On doit apprendre à parler ensemble et ne pas aborder l’autre avec des préjugés. Et être capable de revenir sur ses préjugés après avoir appris à mieux connaître la personne. Il est toujours passionnant de découvrir la personne qui se cache derrière un préjugé.

Que signifie le freestyle pour toi ?
Pour moi, le snowboard est un art, une forme créative d’expression corporelle. Cela me plaît d’exploiter toutes mes capacités corporelles. Le snowboard n’obéit à aucun système. Chacun fait ce qui lui plaît, ce qui pour lui a le plus de style et qu’il sent le mieux… et tout ceci avec un effort ludique. C’est un jeu avec soi-même.

Expérimentes-tu le freestyle également dans ta vie quotidienne ?
Oui, c’est devenu une partie fondamentale de ma personnalité. Je vis dans différents mondes, que ce soit à la maison ou à l’uni. Avec le freestyle, on aborde les choses avec plus de décontraction. Le freestyle signifie aussi être spontané. J’aime l’idée qu’on puisse obtenir tant de choses avec autant de plaisir. Je n’aurais jamais cru pouvoir un jour vivre de mon rêve !

Essaies-tu de transmettre cela aux Suissesses ?
Oui, je trouvais qu’il y avait trop peu de filles dans les parcs et pipes suisses, et je me suis demandé pourquoi les filles ne s’intéressent pas au snowboard. En fait, elles s’y intéressent, mais il leur manque les possibilités de venir à la montagne et de découvrir ce sport. Donc j’ai organisé en automne dernier un camp avec vingt filles. Ça a été un succès total. Il y a aussi un concept que je continue de mettre en place : en septembre, le troisième camp de snowboard aura lieu à Zermatt et nous avons réussi à mettre sur pied une équipe de débutantes. Moi-même, j’ai pu retirer tellement de choses du snowboard, collectionner tellement d’expériences que j’estime devoir transmettre un peu ce sport. J’aimerais que les écoles proposent à nouveau des camps de snowboard dans lesquels on peut apprendre ce sport de façon ludique. Car le sport te permet d’aller au-delà de tes limites et tu peux faire abstraction de ta vie entière. C’est merveilleux pour moi de pouvoir transmettre ce sentiment aux futurs rideuses !

Quels sont tes meilleurs moments en compétition ?
En 2010, j’ai vécu une saison super cool, gagné l’O’Neill Evolution, remporté la deuxième place au BEO et à Leysin, et les Jeux Olympiques ont été une expérience énorme. Les Championnats du monde à La Molina m’ont ouvert de nouvelles portes et permis de collectionner de nouvelles expériences. Mon frère Hitsch (Christian Haller) et moi avons aussi été invités dans l’émission de Äschbacher (SF1).

C’est comment pour toi de voyager avec Hitsch autour du monde pour le snowboard ?
Hitsch est pour moi une partie du monde du snowboard ; il appartient à ce monde. Je ne peux pas imaginer les choses autrement. Tout a évolué de façon très naturelle, et nous avons tant de choses en commun, les amis, le sport… C’est aussi merveilleux d’avoir auprès de soi quelqu’un qui connaît toute ton histoire. Et ça, ça ne coule pas de source. Nous nous soutenons mutuellement et nous entendons vraiment bien. Je suis fière de lui.

Dis-nous quelques mots sur le snowboard en Suisse :
C’est comme une famille qui prend soin de nous. Nous avons deux entraîneurs super fiables, et les deux physiothérapeutes comptent parmi mes meilleures amies. Nous sommes une excellente équipe et chacun a sa place dans la structure. Le snowboard suisse nous apporte beaucoup de plaisir.

Et les compétitions des Swiss Snowboard Series ?
Lancées par Audi l’année dernière, elles sont une plateforme géniale pour les jeunes snowboarders. Il s’agit de participer, de rencontrer de nouvelles personnes et de nouveaux sites, de se motiver mutuellement et de gagner des prix cools.

Qu’en est-il de la glisse au féminin en général ?
Le snowboard au féminin est en pleine mutation. Le niveau augmente constamment, mais il est aussi chouette de constater qu’une communauté internationale de filles est en train de se former. Il ne s’agit pas seulement de compétition, mais de la glisse en elle-même. La femme représente vraiment une valeur ajoutée dans le format de la compétition, et je trouve ça super cool. Sur le TTR (Ticket To Ride), nous avons presque les mêmes primes que les hommes, et tout est en général bien organisé pour nous. C’est un processus nouveau, cela n’a pas toujours été ainsi, et ce n’est pas encore évident. Il y a certaines choses qu’on peut encore améliorer.

Qu’est-ce qui te plaît dans le WAS (We Are Snowboarding) de Chas Guldemond ?
WAS incite les snowboarders à échanger les uns avec les autres. Qu’est-ce qui nous plaît, qu’est-ce qui ne nous plaît pas ? Les femmes sont très actives et donnent l’impulsion de toutes parts. Pour nous, WAS est un porte-voix, afin que la voix des snowboarders soit bien canalisée.

Est-ce que la diversité d’événements indépendants est compliquée pour vous ?
Qu’il y ait autant d’événements n’est vraiment pas contraignant pour le sport… Le TTR, le Dew Tour, les XGames, le FIS, tout ceci joue en faveur du snowboard. Mais il est souhaitable que les meilleurs glisseurs puissent se retrouver sur les meilleurs événements. Pour le moment c’est encore difficile, car tout se chevauche. Il faut qu’on pallie ce défaut. Les temps d’entraînement et le planning de la saison doivent être encore plus axés sur les besoins des glisseurs, afin qu’aucun d’entre eux n’ait à décider entre deux événements. Ce serait génial qu’il y ait un système de classement représentatif pour tous les événements, où les meilleurs glisseurs pourraient se distinguer, et où il y aurait aussi un niveau inférieur pour les plus jeunes glisseurs, c’est vraiment très, très important.

Ursina est sponsorisée par K2, Eleven, Oakley, Vans, Snowlife & Audi.

eleven.ch

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