SWISS SNOWBOARD
l’association suisse met les gaz et le slopestyle devient discipline olympique
Par Corinne Tâche-Berther, de l’allemand par Ismael Tlili et Anthony Tâche – Photos: Roman Eggenberger, Fabian Weber

Jamais le snowboard n’a été aussi soutenu par l’association qu’il ne l’est en ce moment. Il en est de même pour les riders de l’équipe nationale qui n’ont jamais été autant boostés. Swiss Snowboard s’est défaite de son image trop FIS pour laisser place à son authenticité. Nous avons interviewé David Hürzeler, 25 ans, attaché de presse et snowboarder.
David, tout d’abord nous désirons te faire un compliment : tu fais un job remarquable avec la presse suisse. Grâce à toi, les riders Iouri, Hitsch, Patrick, Jan, Sina et Ursina ont eu la promotion qu’ils méritaient. Et leur succès n’est pas uniquement dû à leur Audi Quattro noire. Quel est le but de Swiss Snowboard ?
Les riders de l’équipe nationale sont suivis par des coachs et des physiothérapeutes. Nous leur fournissons des biens, comme des voitures et vêtements ou encore, nous leur facilitons les déplacements en organisant pour eux les voyages et les logements. Le tout de façon à ce qu’ils soient dans une forme optimale pour la saison. Egalement, nous souhaitons bien sûr les représenter au mieux au sein des médias. Les snowboarders doivent être reconnus comme les célébrités accessibles et cools qu’ils sont réellement.
On est d’accord que les riders sont libres de porter les vêtements qu’ils souhaitent et non pas ceux que la FIS leur impose ?
Oui, les freestylers sont libres de s’habiller comment ils le désirent, ni la FIS ni nous ne leur donnons des instructions quant à leur tenue. Il n’y a qu’aux Jeux Olympiques que les athlètes doivent porter les couleurs imposées. Une de nos conditions est que les riders doivent régulièrement nous faire parvenir des films de leurs entraînements et de leurs voyages, pour que nous puissions les publier sur notre site. C’est ainsi que Max Buri est devenu une légende.
Le slopestyle devient olympique. Qu’est-ce que cela implique pour Swiss Snowboard ?
C’est une chance de plus d’obtenir une médaille pour la Suisse. En déclarant le slopestyle olympique, l’IOC a fait un grand pas en avant. Les athlètes vont enfin recevoir la reconnaissance qu’ils méritent et les images vont être renversantes. D’ailleurs, le slopestyle en ski devient lui aussi olympique.
Est-ce que vous investirez plus d’argent dans le sport ?
Je pense que oui. En tout cas c’est ce qu’on attend de nous. D’autant plus que les Suisses sont numéros un au classement TTR des nations freestyle. Avec Sina, nous avons un avantage supplémentaire, car nous sommes en possession d’une spécialiste absolue du slope.
Parles-nous un peu des Audi Snowboard Series. Quarante événements en Suisse pour recruter ceux qui se rendront aux grands contests.
Les Audi Snowboard Series sont, avec d’autres grands rassemblements, un des éléments centraux du snowboard freestyle en Suisse. Il est possible pour les riders et rideuses de se retrouver sur le champ de bataille pour graduellement monter les échelons. La saison passée, les series ont été un excellent tremplin pour ces jeunes.
Quels sont d’après toi les nouveaux arrivants qui iront peut-être à Sochi ?
Derrière Hitsch, Iouri et le duo Pat Burgener et Jan Scherrer, je vois un Lucien Koch de 15 ans qui a gagné le Nescafé Champ ou un David Hablützel, 15 ans également et cadre C, vainqueur des Audi Series et deuxième au BEO chez les juniors. Les deux ont un potentiel gigantesque.
Comment perçois-tu les filles ?
Tout tourne autour du trio Nadja, Sina et Ursina. Pour motiver plus de filles à rider, Ursina a lancé Swiss Snowboard Girls (voir interview).
Est-ce qu’il y a beaucoup de nouveaux visages ?
Oui, le nombre a plus que doublé en deux ans. En ce moment on dirait que c’est un renouveau pour le snowboard. L’éclaircie vient après la pluie.
Sur ce, Franco Giovanoli, le chef de Swiss Snowboard reprend le fil de la conversation. Nous voulions savoir : à quand un classement unique TTR sur tous les events, impliquant aussi les contests FIS ?
Franco : Ce serait idéal d’avoir un classement général, mais cela prend du temps. On ne peut pas se tirer dessus des années durant et du jour au lendemain espérer se retrouver main dans la main. Les discussions sont en cours et il y a une volonté commune de trouver un accord. Pour la première fois, Swiss Snowboard se présente au freestyle.ch en même temps que la division ski. Nous souhaitons avancer avec notre temps et pousser ces jeunes sports. Nous remercions Audi pour leur engagement, qui nous permet d’aller plus loin.
Déclarations des riders
Que signifie pour vous le freestyle ?
Ursina Haller : Une expression libre, des sentiments positifs qui permettent d’être soi-même et qui nous poussent vers l’avant. Chacun se définit comme il l’entend. Le freestyle est le phare de ma vie.
Jan Scherrer : L’art de pouvoir faire tout à ma manière et n’avoir aucune limite.
Hitsch Haller : Me sentir libre et authentique. Le freestyle est une expression très personnelle et créative, sa pratique ne connaît pas de limites. Ce sentiment d’infini est gravé en moi.
Sina Candrian : Pour moi le freestyle signifie la plus grande des libertés. La liberté d’effectuer mes propres runs selon mon envie, sans être prisonnière d’un carcan et pouvoir choisir entre les contests, les films et les shootings photo. Il n’y a pas d’autres sports olympiques où les athlètes ont autant de libertés.
Pat Burgener : J’exprime mes pensées, ma joie, mon imagination à travers le freestyle ; c’est comme peindre ou jouer de la musique, c’est un art.
Iouri Podladtchikov : C’est une grande question, tout comme l’art. Chacun l’interprète comme il le sent, ni plus ni moins.
Que symbolise pour vous le fait que le slope-style devienne une discipline olympique ?
Ursina : Cela ne peut faire qu’amener au freestyle plus de renommée. C’est positif car la reconnaissance du public est notre fondement. Pour moi cela veut aussi dire que j’aurai plus de potes à Sochi.
Jan : Tout le monde est impatient de voir le résultat. Ce sera certainement un feu d’artifice de double et triple corks.
Hitsch : C’est magnifique que le slope puisse être présenté à un large public et que le snow ne reste pas cantonné au halfpipe.
Sina : C’est une chance pour moi que cela devienne une discipline olympique, du simple fait que le slope est mon terrain de prédilection. Ça fait aussi que je me réjouis de plus en plus de Sochi en 2014. Entre autres il est bon de voir les gens s’extasier devant notre jeune discipline. Les Jeux vont booster l’intérêt du public pour le sport et l’industrie. Peut-être que dans un avenir proche, je n’aurais plus besoin d’expliquer dans les bourgs ce qu’est le slopestyle.
Pat : Le slope aux Jeux, c’est le niveau supérieur. Avant les JO de Vancouver on ne réalisait pas encore de double en pipe. Merci d’avoir placé la barre plus haut.
Iouri : C’est une grande réjouissance d’y penser, d’y participer et d’en être spectateur.
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| Pat Burgener © Fabian Weber | Sina Candrian © Fabian Weber | Jan Scherrer © Fabian Weber |
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| Hitsch Haller © Fabian Weber | Ursina Haller © Fabian Weber | Iouri Podladtchikov © Fabian Weber |














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