RIPS ONE
a la recherche d’espaces libres (et d’espaces de liberté)
Par Cindy Schrepfer – Photo: © RipsOne

Sept objets dans son sac à dos : un pinceau, de la peinture acrylique, un marqueur, une bonbonne de spray, un sac de couchage, des vêtements et bien sûr, un aller simple pour Vancouver! Départ d’une chasse aventureuse aux murs qui manquent de couleur, à revaloriser par ses dessins. Lors de ce voyage en Amérique du Nord, Linus von Moos cherchera des espaces libres pour exprimer son art et des espaces de liberté pour exprimer sa joie de vivre. Il prend la route à la freestyle.
Se rendre à Vancouver, se laisser porter vers le sud au gré de ses humeurs en espérant croiser un maximum de murs blancs qui semblent n’attendre que lui… C’est sa philosophie de vie qui le fait avancer sans destination précise.
Linus von Moos, alias Ripsone de son nom d’artiste (un nom ironiquement inspiré par les travers de porc), ne veut pas être réduit à son style, et encore moins se laisser enfermer par lui. De l’enfance, il a emporté l’influence de la bande dessinée et des superhéros, de l’adolescence son amour pour la bonbonne de spray, et de son dernier job en tant que graphiste le goût pour l’illustration. C’est dans un mélange inspiré qu’il concrétise ses idées avec son talent. Dès qu’il trouve une surface blanche, brute ou insignifiante dans le paysage urbain, il se lance dans la réalisation d’une fresque, sans préparatifs, et laisse sa main guider les opérations, de mouvements nonchalants.
Abracadabra, une fresque de street-art narratif est née
Il existe quelques anecdotes croustillantes à propos de son voyage. A Seattle, son deuxième arrêt, le hasard a voulu que son plan couchsurfing le fasse dormir dans une galerie d’art. Pratique. Enthousiasmé par son travail, son hôte l’a invité à donner un nouveau visage au mur extérieur de la galerie, et à présenter ses toiles à l’intérieur. Pendant qu’il refaisait le mur de la vitrine, une tempête de neige sournoise l’a surpris. Il a tout de même terminé son travail dans le froid glacial, sans se laisser abattre.
Ras le bol du froid : Linus réserve sans attendre un vol pour Hawaii. Il commence par faire un peu de surf et profite des rouleaux de vagues qui semblent sorties d’un rêve, claires comme du cristal. Puis, il passe au prochain point de son programme : embellir les murs d’un appartement. Partout où il trouve un toit, il offre son art en remerciement. Son astuce, monnayer son logement contre un de ses dessins, est très bien perçue. Un échange de bon cœur. A Hawaii, il a même eu la chance d’illustrer un dessin avec les sprayeur les plus connus de l’île.
De retour sur la terre ferme, “San Francisco is calling”. Il y immortalise son art sur les murs d’un centre culturel. A Los Angeles, le destin lui rendra un énorme service en lui faisant croiser le chemin d’un musicien qu’il avait rencontré backstage à Lucerne (Linus y faisait un painting live, et le musicien lui avait suggéré de le contacter s’il passait un jour à L.A.). Aussitôt dit, aussitôt fait. Après avoir avalé des travers de porc, il se retrouve déjà dans la galerie d’une amie du musicien à laquelle il donne sa carte de visite. Elle lui a ouvert une porte pleine de promesses et des plans d’avenir.
Cerise sur le gâteau : à San Diego Linus a eu la chance de faire un dessin avec le renommé sprayeur Persue. Pour tous ceux qui ne connaissent pas la scène street-art, c’est lui qui spraye des Bunny Kitty à travers le monde.
C’est l’heure du bilan : “Quatre mois de voyage m’ont procuré de magnifiques impressions, la découverte de lieux qui inspirent, des rencontres intéressantes, des moments de pure créativité et de nouveaux chez-moi. Le sujet du chez-soi se reflète d’ailleurs dans mes dessins. J’ai acquis de nouvelles manières de voir les choses grâce aux gens que j’ai rencontrés. Des gens qui font leur truc, en qui j’ai pu faire confiance, qui ignorent les pressions de la société et profitent de la vie en toute liberté”. Son voyage lui a donné l’impression de s’ouvrir, de rentrer le coffre plein d’inspiration avec un nouvel élan créatif. Qu’il puisse, lors de sa prochaine visite aux Etats-Unis, exposer à fifty24sf, la galerie de ses rêves à San Fransisco, reste par contre de la musique d’avenir.
Pour découvrir l’univers de Ripsone, check rips1.ch








Laissez un commentaire