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BASTIAN BAKER

bastian_baker-5316_ptTomorrow may not be better
Par Ismael Tlili | Photo : benny-t.com

Des rythmes exaltants saupoudrés de paroles graves ont propulsé Bastian Baker sur le sentier de la renommée. Une voix qui vous emporte sur les ondes, de Vidy à Bali. Rencontre avec la nouvelle sensation Made in Switzerland.
A 20 ans, le lyriciste a le mérite de s’être produit sans détonner sur les mêmes scènes que des artistes à la notoriété bien assise. Il aura eu le plaisir de partager son art aux côtés de musiciens comme l’Allemande Ayo ou le Britannique Julian Perretta au cours du Caprices Festival (Crans Montana). Un chemin prometteur se trace devant l’artiste, qui a enregistré un premier album avec d’autres personnages de renommée comme Philippe Weiss (Wyclef Jean, Beastie Boys, Charles Aznavour), Fergus Gerrand (Duran Duran) ou Ken Stringfellow (R.E.M.). Dresser une liste de noms n’aidera que peu à se faire une opinion de l’œuvre du Vaudois. Son album parle de lui-même. Il nous a suffit d’une mesure pour être séduits. A la fin d’une après-midi ensoleillée, nous avons rencontré Bastien au coin d’une table, au Bleu Lézard (Lausanne). Il partage sa vision avec vous.

Est-ce que ton inspiration est innée ou tu la travailles ?
Tout dépend du moment dans lequel je me trouve. Je ne force jamais rien, l’instant m’apporte ce dont j’ai besoin. J’aime l’immédiateté. J’essaye d’écrire mes paroles en même temps que je trouve une mélodie, de manière à ce qu’un réel rapport de création s’installe. J’aime aussi jouer sur les contrastes. Mes rythmes sont enjoués; quant à mes paroles, elles peuvent être parfois lourdes de sens.

Qu’ont apporté les «grands» à tes côtés sur cet album ?
J’ai toujours joué en acoustique et le rêve d’avoir un jour de bons zicos m’a toujours titillé l’esprit. Lorsque Fergus Gerrand est là pour toi, c’est quelque chose d’extrêmement stimulant. Il enrichit ta vision par ses idées et c’est là que naît le rêve. Quant à Philippe Weiss, tu peux ne pas avoir d’album, lui comme un magicien, il t’en fait un. C’est un privilège de travailler avec des gens qui ont compris ce que tu veux réaliser, qui t’accompagnent sans t’étouffer.

Le passé et le futur sont des questions souvent évoquées. Parle-nous de ton présent.
L’album est sorti en septembre et il est l’aboutissement de trois mois de travail quotidien. C’était une grosse aventure. A présent je vais essayer de me faire un nom en Suisse allemande. L’avantage que j’ai est que je chante en anglais et parle le suisse allemand. Je veux donner plein de concerts dans des petites salles, à mon avis c’est le meilleur moyen de se faire un nom.

Que faudrait-il à ta musique pour qu’elle puisse s’exporter ?
Tout est histoire de connexions. Si tu connais les bonnes personnes, ton message peut passer de mains en mains, pour finalement se retrouver sur la table d’une maison de disques américaine. En ce qui me concerne, les retours relatifs de l’étranger que j’ai reçus étaient enthousiastes. L’avenir nous le dira.

Qu’apportes-tu au monde de la musique ?
Je n’ai pas la prétention de dire que j’ai fait quelque chose de plus qu’un autre. Cependant, j’ai le sentiment qu’en Suisse la pop est dénigrée du fait d’arrangements trop simplistes, contrairement à d’autres styles de musique, comme le jazz par exemple. C’est un cadeau que j’ai reçu. Je veux le partager en espérant que ça pèse dans la balance.

Que penses-tu de ce qui se fait musicalement à l’heure actuelle ?
Je n’écoute pas beaucoup de musique, de façon à garder l’oreille fraîche pour composer, et écouter les choses qui viennent de l’intérieur. Ce que j’écoute dépend de la phase dans laquelle je me trouve, hip-hop, rock ou folk. Je n’ai aucune barrière.

Et l’univers musical suisse ?
L’univers musical suisse n’existe pas réellement. Il existe plutôt des régions musicales. Le problème principal – j’en parle par expérience – c’est que les Suisses allemands n’invitent pas les Romands et vice versa. Visiblement il y a de la flemmardise quand il s’agit de traduire ou réaliser une interview dans la langue de l’autre, y compris parmi les médias d’une même maison. Les artistes sont donc obligés de se cantonner à la région linguistique à laquelle ils appartiennent. Les mondes musicaux suisses sont remplis de bonnes choses mais il me semble que le public national n’est pas très demandeur de productions locales. (Ndlr : Chose à laquelle il remédie.)

Si tu pouvais répandre une idée sur le monde, quelle serait-elle ?
Ce que je fais est plutôt personnel, donc véhiculer une idée au travers de ma musique serait difficile. Mais de plus en plus je me rends compte qu’il faut faire attention aux préjugés, faire attention à ne pas se laisser influencer. Une personne que tu rencontres peut te paraître insignifiante au premier abord et se révéler être le meilleur des types.

Bastian Baker Tomorrow may not be better - Phonag Records TBA AG

bastianbaker.com

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