MARK KELLY
be open to the unknown
Par Ismael Tlili – Photo: © all rights reserved

Sans trop s’attarder sur un passé tumultueux, Mark Kelly est ce que l’on nomme “monstre” de la musique. Monstre de par sa capacité à faire des choses hors normes. Il jongle avec les aléas de la vie et réussit à les tourner à son avantage. Lors d’un concert, surpris par un problème technique, il saisit l’occasion pour plonger dans le public guitare à la main, offrant aux proches spectateurs un show qu’ils ne risquent pas d’oublier.
Il me confie dans l’entretien qui va suivre, qu’il n’a pas souvenir d’un concert qui se soit passé sans accrocs. Son charisme n’a d’égal que son talent. Sur scène, la nonchalance qu’il dégage s’évapore laissant place à une réelle bête de scène, pleine de fougue et d’énergie. Des comportements antagonistes donc, mais qui, assemblés vous en mettent plein la vue. Le spécimen Mark Kelly n’a pas fini d’embaumer vos ouïes.
Quand est-ce que la musique t’a atteint ?
Enfant, je n’avais qu’un seul désir : la musique. Le souffle m’a peut-être atteint lorsque mon père me donnait des leçons de piano, ou peut-être avant… C’est une bonne question à lui poser. La création, l’écriture étaient les seuls à avoir un sens pour moi. Cependant, je ne réalisais pas réellement ce que j’étais en train de faire. Tout ce que j’accomplissais, je le faisais par amour de la musique, en m’abreuvant de ce rêve.
Quand as-tu su que la musique serait ton destin ?
Je l’ai toujours su. Toujours sans savoir ce que je faisais ou où cela allait me mener. Quand tu as une idée, un objectif, et qu’elle parait foutrement gigantesque, tout ce qu’il te reste à faire c’est travailler pour l’atteindre.
Comment les compositions te viennent-elles à l’esprit ?
La vie est une source d’inspiration inépuisable. Je la puise dans les choses qui m’affectent au quotidien. Quand je compose, l’état dans lequel je me trouve est quelque peu surnaturel, tout s’enchaîne, s’assemble et ne se contrôle pas. Au moment où je conçois ce qu’il se passe, la conscience prend le dessus et ça disparaît. Cet état spirituel n’est pas physiquement présent ou perceptible, mais il existe.
Où est-ce que tu aimerais emmener les gens avec ta musique ?
La plupart de mes chansons me tirent de ma douleur, donc j’aimerais pouvoir aider les gens à sortir de la leur en mettant des mots sur ce qu’ils ressentent. C’est ce que l’art fait le plus souvent, il met du concret sur ce que les gens ressentent. J’aimerais que les gens arrêtent de se flageller, qu’ils se redressent, et finissent par se tenir droit. L’album qui va sortir n’est qu’un condensé d’émotions. Je ne fais pas de musique pour les gens, c’est quelque chose d’assez égoïste que je fais pour m’éclater et en quelque sorte pour exorciser le passé. Si elle peut guérir les plaies d’autres tant mieux, sinon elle est simplement ma thérapie du monde.
Quelle est ta définition du rythme ?
C’est un mouvement, pas seulement d’une partie mais d’un tout. La batterie et la basse donnent une rythmique, s’est ensuite la main qui se balade sur la guitare comme de la masturbation, ce tout donne le rythme. On ne sait pas d’où il vient mais il est là, là pour emmener les masses vers le mouvement, le changement.
Parle-nous de ta vision de la musique
Je respecte quiconque qui peut créer une chanson qui dure. Il faut savoir s’entourer de personnes meilleures que soi pour progresser de manière à accomplir de grands actes.
Actuellement, il y a quelque chose de tordu dans la musique qui veut que les magazines relatent les faits et gestes des artistes, pour que le public s’abreuve de leur quotidien. Les médias déchiffrent les codes vestimentaires et les habitudes, puis les revendent à leurs lecteurs, je trouve ça inquiétant.
La musique est une chose simple, qui prend place là où il n’y a rien pour ensuite créer un lien.








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