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PABLOPOLAR

derrière les uniformes
Par Oliver Clarke – Photo: Pablopolar

L’histoire, simple, a déjà été racontée plusieurs fois dans les journaux : Pablopolar, les 4 bernois qui offrent les mélodies Britpop les plus rafraîchissantes depuis Oasis, a décroché un contrat sur une major et se trouve à la veille d’une reconnaissance internationale. Mais nous aimerions vous raconter une autre histoire, celle qui se cache derrière les uniformes et les contrats.
Le déroulement de l’interview est professionnel, le message clair. Le guitariste Simon présente une copie du contrat artistique avec Sony. Il sourit : “je parie que tu as toujours eu envie d’en voir un”. Visiblement, le groupe est fier de son succès aussi rapide que surprenant, et se donne un air pro et sûr de lui. Bien sûr, les faits parlent d’eux-mêmes. Depuis la naissance du groupe, les bonnes nouvelles pleuvent. Leur premier album Any Minute Now en poche, ils sont partis à la recherche d’un label. C’est Sony qui croira en eux. Leur single Playground Commitment Rules tourne en boucle sur toutes les radios, et leur album est entré dans les charts.

Pourtant, dès qu’ils rangent leur contrat et les phrases destinées à la relation publique déblatérées comme apprises par coeur, on comprend avoir affaire à des garçons simples et passionnés, qui s’investissent corps et âme dans leur rêve.
Le chanteur n’est pas une star arrogante, mais “Manu Britpop”, le nom sous lequel il a toujours été enregistré dans le portable du batteur Pablo. Pas de stratégie marketing de major, c’est d’une petite annonce et de leur passion commune que le groupe est né. Pablo raconte l’anecdote : “C’est pas très romantique, J’ai simplement trouvé une annonce qui disait “groupe Britpop cherche batteur”. Alors j’y ai répondu. Depuis, Manuel s’appelle “Manu Britpop” dans mon répertoire”.
Un nom qui lui va bien, car en tant que compositeur, parolier et chanteur, il définit depuis le début, la direction musicale du groupe.

Les influences anglaises se reconnaissent clairement, sans donner l’impression d’avoir été pompées. On sent la passion que le groupe investit dans la texture de ses mélodies. Chaque chanson met en place une ambiance différente et réussit toujours à toucher son auditeur, à lui transmettre son énergie. L’essentiel est là, dans la sincérité des émotions. De la musique de fans destinée aux fans. Et en plus, ils sont doués.
Le chanteur Manuel revient d’un long voyage. Il a l’air fatigué et quelque peu réservé, mais dès que la conversation se dirige vers la question de l’influence musicale, il renaît et devient aussi enthousiaste que les autres membres du groupe. Sa fascination pour la musique à guitare anglaise a commencé avec Oasis. “Je considère Don’t look back in anger comme un hymne, je suis un fan fidèle depuis ce morceau.” Le groupe jouera un grand rôle, aussi dans leur manière d’aborder la musique. “J’ai envie de reconnaissance. Je n’ai jamais voulu faire de la musique qui resterait dans un local de répétition, mais donner des concerts, défendre ce que je fais.”

Ce but, il le poursuit avec le groupe. Ils savent bien qu’en portant des uniformes, ils suivent une astuce pas tout à fait nouvelle qui renforce leur présence sur scène. “C’est du pur marketing. L’uniforme donne immédiatement au groupe une certaine unité, de l’énergie et de la magie” répond Pablo très sûr de lui. Ils savent aussi que cette démarche comporte des risques. “Il ne faut pas que ça ait l’air réchauffé. Nous ne prétendons pas révolutionner le rock, mais nous souhaitons offrir quelque chose de nouveau et développer notre propre style”, affirme Manuel, en donnant l’impression d’avoir déjà dû justifier la démarche plusieurs fois. Il n’a pas envie de mettre les uniformes du groupe trop en avant, ni ne souhaite trop parler de leur biographie. Les membres semblent encore un peu dépassés par le succès, le doute plane quant à l’avenir, à ce qu’apportera le contrat avec Sony. Malgré le soutien de la major, ils paressent nerveux lors du vernissage de leur album au légendaire Bierhübeli de Berne. “C’est quand même très grand, c’est osé de faire ça ici. Très honnêtement, je ne pense pas qu’on va remplir la salle”, dit Pablo. On ne peut s’empêcher de penser que ce groupe se trouve encore au tout début de sa carrière, qu’il aimerait probablement encore avoir quelques années pour travailler son style en toute tranquillité, et qu’il est le premier surpris de son succès.

On parie toutefois que Pablopolar va continuer sur la voie du succès. Porter un uniforme aide à se faire remarquer, mais il faut attendre de voir comment ceux qui les portent vont évoluer. On suppose que, lors de la prochaine interview, ils préféreront débattre jusqu’à tard dans la nuit de la question, qui d’Oasis ou Coldplay est le meilleur groupe, plutôt que de réciter leur biographie écrite par un expert en relations publiques très chèrement payé.

pablopolar.restorm.com

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