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RELAAXED

nico’s way
Par Nicolas Müller – Photo: Andy Wright

D’après un chercheur scientifique, on trouve les mêmes minéraux sur le lieu où l’on vit que sur le lieu où l’on est venu au monde. Est-ce pour cela qu’il y a autant de zurichois ici ? Mise à part la blague, moi aussi, je suis né à Zurich.
Laax a de nombreuses facettes, Laax est international, et Laax est freestyle. Reto Gurtner le dit lui-même : nous sommes libres et nous avons du style. C’est par cette vibe que j’ai été attiré en 1994. Le week-end lors duquel j’ai pris le chemin de Laax pour la première fois avec mon père aura changé ma vie. Assis sur le télésiège Curnis-Crap Sogn Gion, je ne me doutais pas encore que je verrais quelque chose qui me ferait vibrer pour les 20 prochaines années : le halfpipe en dessous du légendaire café No Name. Je sentais l’énergie du lieu m’envelopper. J’imaginais Reto Lamm, Terje, Johan, Ingemar ou Michi Albin traîner ici, qu’ils se donnaient un high five avant de poser les tricks les plus spectaculaires comme si de rien n’était. Ouha, c’est ici que ça se passe, à l’endroit où je me trouve. Très vite, plus aucuns terrains de foot, ni bancs d’école ne réussissaient à m’intéresser. Ce que Laax m’avait montré était révolutionnaire, et jusqu’à ce jour, rien n’a changé. Il fallait que j’en fasse partie, je n’avais pas le choix! Les années suivantes, j’ai avalé tout ce qui avait un rapport de près ou de loin au snowboard. Chaque minute de libre, je l’ai passé à la montagne ou en route vers elle. Mon horizon s’était élargi, loin au-dessus du brouillard et des forêts de Surselva, “Surselva” qui veut justement dire “au-dessus de la forêt”. Dans cette région, quelque chose de frais et d’éternellement jeune, flotte dans l’air.

“Changement” n’est pas un mot qui fait peur ici. Ni à moi, ni au domaine skiable, ni au Rock Resort. Logique, si l’on considère, dans une relativité géologique, que l’éboulement qui a formé Crap Sogn Gion n’a pas eu lieu il y a très longtemps. Ici, la nouveauté reste à l’ordre du jour. Et, mise à part un mascaret, il ne manque rien à un gars comme moi qui consacre sa vie aux sports de glisse.

Pendant les prochaines 24 heures, j’irai skater dans le bowl à la Freestyle Academy, je ferai quelques saltos sur le trampoline et quand je serai chaud, je me prendrai pour Danny Way, et je me lancerai dans la mega rampe. Ensuite, je prendrai un snack au Piazza avant de remonter sur le Crap Sogn Gion pour prendre un ride en direction de Crap Masegn. Ce qui arrivera ensuite est top secret, je ne peux vous le dévoiler par raison de sécurité. Ce qui est sûr, c’est que l’on ne trouve rien qui ne fasse pas plaisir à Laax. De retour sur le Masegn, on tracera vers le tout nouveau télésiège Alp Dado-Crest La Siala pour user du meilleur des parcs. Et ceux qui pensent que la journée se termine-là, je leur suggérerais de prendre un chaï maison au No Name pour prendre le temps de se remémorer la journée. Il ne faut pas sous-estimer le travail d’assimilation des nombreuses impressions! Il faudra aussi absolument se réunir une dernière fois pour attaquer le légendaire parc Curnius sur la descente en direction la vallée, avant d’étancher notre soif à l’Indy en se passant en revue la journée.

Pour finir, une citation du gérant de la poste de Laax, quand je voulais lui remettre un colis en courrier A à 15h ; “Il fallait me l’apporter au plus tard à midi. Mais à part ça, il fait bon vivre ici, n’est-ce pas Monsieur Müller ?”

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