NADJA PURTSCHERT
SUR LE CHEMIN DE SOCHI
Par Corinne Tâche-Berther – Photo: Silvano Zeiter
C’EST À L’ÂGE DE 6 ANS QUE “LITTLE TORAH BRIGHT” EST MONTÉE POUR LA PREMIÈRE FOIS SUR UNE PLANCHE. RIEN D’ÉTONNANT, NADJA A GRANDI À RICKENBACH DANS LE CANTON DE SCHWYZ, ENTOURÉE DE MONTAGNES. SES TERRAINS DE JEU ÉTAIENT STOSS ET HANDGRUOBI. AUJOURD’HUI ELLE COURT EN CADRE A POUR SWISS SNOWBOARD, VOYAGE DANS LE MONDE ENTIER AVEC SON ÉQUIPE ET VISE LES JEUX OLYMPIQUES DE SOCHI EN 2014.
Elle aussi a appris sa science à l’âge de 14 ans au gymnase sportif de Davos avant d’intégrer la scène freestyle. Une demi-journée d’école, une demi-journée d’entraînement… Depuis, les choses ont bougé pour la boardeuse de 22 ans. À 15 ans, elle participait à son premier Burton European Open. À 18 et 19, elle passait son premier hiver en Nouvelle-Zélande et en Amérique du Nord. Depuis septembre, elle suit une formation de maîtresse d’école à la HEP (Haute Ecole Pédagogique) d’Arth Goldau. Grâce à un horaire flexible de 2 jours et demi par semaine, et la possibilité d’étudier à distance par internet, il lui reste assez de temps pour se consacrer au sport.
Nadja, qu’est-ce qui te plaît le plus dans le snowboard ?
J’aime être avec les gens du milieu, ils sont tous vraiment cool.. De plus, le snowboard me permet de voyager et être dans la nature.
Est-ce que, à ton niveau, tu ne trouves pas la pratique du snowboard un peu trop risquée de temps en temps ?
Quand on ride beaucoup, ça devient une habitude et l’on prend confiance en soi… Alors ça devient moins risqué. On continue toujours d’aller un peu plus loin, un peu plus haut. La Snowboard Academy de Laax est une chance pour nous tous. Les matelas de mousse et trampolines nous permettent de perfectionner nos tricks. On a la chance de pouvoir y skater et snowboarder toute l’année. J’y ai passé pas mal de temps l’hiver dernier, déjà durant l’avant-saison et au printemps. On remarque que c’est utile, que l’on fait des progrès. Et ça fait plaisir de s’entraîner avec les autres membres de l’équipe, on se motive les uns les autres.
Qu’est-ce qui t’es arrivé de plus dangereux ?
Une fois, à Zermatt, quand les airbags venaient juste d’arriver dans notre sport, j’ai atterri au-delà de l’airbag. Je m’en suis sortie avec des ligaments déchirés. Une autre fois, lorsque j’ai tenté mon 3e backflip, je suis tombée sur la tête. Ce sont les risques du métier. Toutefois, ces incidents restent rares.
Comment as-tu réussi à reprendre le dessus après ces incidents ?
Il faut se dire que c’était un coup de malchance. Un accident peut t’arriver n’importe où, on peut tout aussi bien rentrer dans un mur. Il ne faut pas trop se poser de questions, ne pas trop réfléchir et continuer. Une fois qu’on a refait un trick, c’est à nouveau bon.
Tu es dans le cadre A suisse avec les JO 2014 en ligne de mire. Tu en es où maintenant ? Quels tricks as-tu en vue cette année ?
Le front 7, le front 9 et d’autres tricks que j’exerce sur un coussin d’air. J’aimerais encore grimper dans le classement et participer à plus d’événements TTR. L’année dernière, j’étais souvent seule aux events FIS, et c’est quand même moins drôle que de voyager avec le reste de l’équipe. En plus, les meilleurs coureurs y participent, la compétition est plus palpitante.
Tu es aussi mannequin ?
À 15-16 ans, j’ai eu une petite phase où l’on se prenait beaucoup en photo… Je crois que la plupart des filles font ça à cet âge. De temps en temps, je pose pour les catalogues O’Neill. C’est assez cool d’être devant la caméra. Mais je n’ai aucune envie de devenir mannequin professionnelle.
Qu’est-ce qui t’a flashé récemment ?
L’été en Nouvelle-Zélande, surtout quand je n’avais pas de néphrite, d’angine ou de rupture du ligament… Ils ont eu le meilleur hiver depuis 50 ans ! Mes études me plaisent beaucoup aussi, ça me change du snowboard. J’ai aussi adoré surfer à Biarritz avec Swiss Snowboard, bien que j’aie passé plus de temps sous l’eau que dessus
. J’ai besoin d’être constamment en train de faire quelque chose… J’ai trouvé un bon équilibre avec la HEP. La formation me plaît, parce qu’elle est pratique. J’enseigne déjà dans des classes, on a des cours de chant et de théâtre, de pédagogie, de guitare, de psychologie… Je vois cette formation comme un moyen de me développer sur un plan personnel !
Qu’est-ce qui te motive le plus dans le métier de prof d’école primaire ?
De travailler avec d’autres personnes, des enfants. L’enseignement à l’école primaire peut être très créatif, on a la liberté de choisir sa méthode, il suffit de respecter le programme.
Est-ce que tu iras snowboarder avec tes classes ?
Bien sûr ! Peut-être pas avec les classes de 1ère année, mais dès qu’ils sauront un peu skier ou snowboarder… J’en ai très envie.
Comment te vois tu dans 10 ans, à 32 ans ?
Oh, à 32 ans, vieille…
Ce dont j’ai le plus envie, c’est de vivre au bord d’un lac avec des montagnes autour. Je serai très probablement prof et je continuerai à faire du snowboard. Peut-être plus en compétition, mais j’en ferai toujours parce que j’en ai besoin.
Quand est-ce que tu es en osmose avec toi-même ?
À chaque fois que je suis heureuse ! Quand il se passe des choses, quand je ne m’ennuie pas, et quand je suis entourée par mes amis.
Tu collabores aux Girls Camps de Ursina Haller ?
Oui, pour donner le goût de la glisse aux filles… Et de 15 filles, on passe à 30 l’année prochaine, parce que chaque participante emmène sa meilleure copine. Les filles ont besoin d’avoir quelqu’un qu’elles connaissent auprès d’elles. J’y ai collaboré les deux dernières fois.
Et Torah Bright est ton modèle, pas étonnant quand on te voit
.
Oui, je l’admire, parce qu’elle est restée naturelle. Elle ride super bien et a gardé les pieds sur terre.
Et quel est ton modèle masculin ?
Hmm… Iouri, je le trouve super, je suis fan de Iouri !
Est-ce que tu fais aussi du freeride ?
Pas beaucoup ces derniers temps, mais j’adore en faire avec mes collègues. Avec Swiss Snowboard, quand les conditions sont excellentes, que tous les éléments sont réunis pour une journée de freeride parfaite, on échange volontiers une journée de pipe contre une journée en backcountry.
Est-ce que tu conduis aussi une Audi ?
Non, j’ai une Toyota Corola ultra-vieille. Mais j’espère entrer dans la Nati en début d’année, alors je recevrai une Audi 4.
Tu es très svelte. Les résultats de snowboard sont-ils dépendants de la musculature ?
Ce n’est pas tant une affaire de muscles mais d’énergie. Mais il faut aussi les entraîner. Ils aident à tenir plus longtemps, à mieux se concentrer. Et tu as plus de plaisir parce que tu es moins vite fatigué.
Qui aimerais-tu remercier ?
Tous mes sponsors : O’Neill, Nitro, Swatch, Smith, Pow & Stoss.









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