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GUESS WHAT

SUR LA ROUTE DE LA RECONNAISSANCE
Par Fabio Bonavita - Photo : benny-t.com

guesswhatLES LAUSANNOIS DE GUESS WHAT NE FONT RIEN COMME LES AUTRES. SI LEUR MUSIQUE SE DISTINGUE DÉJÀ DE CE QUE L’ON ENTEND SUR LA SCÈNE HELVÉTIQUE, LEUR MANIÈRE D’APPRÉHENDER UNE RENCONTRE AVEC LA PRESSE EST CARRÉMENT UN SHOW EN SOI. DONT NOUS AVONS ÉTÉ LES PREMIERS SPECTATEURS.

Faire la rencontre de Guess What, c’est pénétrer dans un univers aux codes bien déterminés. Steve et Kreist sont originaires d’Italie, le premier de l’île d’Elbe, le second de Rome. Ils ne manquent pas de souligner ces origines lorsqu’il s’agit de parler de leur groupe. Vulzor, le Hollandais du groupe, est plus réservé, sous ses faux airs de Jude Law. Les trois compères, potes avant d’être membres du même groupe, sont finalement en parfaite symbiose malgré leur différence. Le journaliste pose son calepin et se laisse volontiers emporter par le tourbillon de paroles et de fous rires que les trois Lausannois d’adoption créent autour d’eux. Ils reviennent parfois sur l’enregistrement de leur dernier album à l’île d’Elbe, petit paradis niché dans l’archipel toscan.

Improvisation totale
Tout épicuriens qu’ils soient, ils y ont passé de nombreuses semaines afin de mettre sur pied, dans ses moindres détails, l’architecture musicale de leur prochain opus. Steve ne manque pas de souligner les plaisirs sans fin d’une telle démarche : «Rentrer en studio, devoir poser son matos et se sentir chronométrés et surveillés, ce n’est vraiment pas notre trip. Ce que nous aimons par dessus tout, c’est l’acte créatif en soi. Prendre le temps de faire les choses comme on le souhaite et surtout comme on les sent». Du coup, l’île d’Elbe, terre d’exil de Napoléon, semble terriblement plus sexy pour le groupe lausannois adepte d’Histoire et d’histoires en tout genre : «Nous sommes allés y composer de nouvelles chansons et enregistrer notre prochain album, précise Kreist. Et aussi prendre du bon temps».<

Ce bon temps qui anime leur vie et leur carrière artistique est terriblement communicatif. La discussion est hétérogène, les anecdotes sur la vie du groupe fusent, on saute de Dracula à un cigarettier suisse en passant par des anniversaires mémorables. Les trois compagnons se chambrent, rient aux larmes, se bousculent, s’amusent follement. Le journaliste devient spectateur et acteur à la fois d’une pièce de théâtre improvisée. Vulzor parle de sa femme alors que Steve revient sur son amour de l’île d’Elbe. Pendant ce temps, Kreist parle de l’avenir du groupe. La simultanéité des idées qui fusent est troublante. Kreist tente de poursuivre : «Nous commençons à vraiment intéresser la Suisse allemande et nous aurons aussi quelques dates à Berlin sous peu. Ce qui est une grande fierté pour nous car nous n’avons pas de manager, nous faisons tout nous-mêmes. Nous démarchons les salles de concerts et les festivals. Ce qui nous réussi parfois puisque nous avons eu l’occasion de faire un partenariat avec Converse : des modèles de chaussures à l’effigie du groupe ont été commercialisés. La marque américaine l’avait fait avec Kurt Cobain ou Pink Floyd, ce fut un grand moment d’émotion. Notre fer de lance est de rester indépendants. Nous ne sommes pas prêts à tout pour vivre de la musique». Lorsque le trio évoque ses modèles, le groupe Primal Scream revient inlassablement. Populaires, mais libres. Leur style, de l’électro clash hybride, leur permettra assurément de se différencier. Leur autre force, certainement la plus grande, est leur communion. Pour une fois, les compères parlent ensemble et d’une même voix : «Nous partageons tout, sauf les filles. Mais lorsque nous sommes les trois, nous nous sentons invincibles». Comme leur musique : puissante et inébranlable.

www.myspace.com/gwmusic

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