KIM WILDE
LA STAR DES ANNÉES 80 EST DE RETOUR
Par Sebastian LeBor - Photo: Philipp Mueller
KIDS IN AMERICA, YOU KEEP ME HANGIN’ ON, YOU CAME, C’ÉTAIT ELLE. DANS LES ANNÉES 80, C’ÉTAIT ELLE LA STAR. TRENTE ANS PLUS TARD, NOUS AVONS RETROUVÉ KIM WILDE À L’OCCASION DE LA SORTIE DE SNAPSHOTS, SON DERNIER ALBUM SUR LEQUEL ELLE REND HOMMAGE À LA MUSIQUE POP EN REPRENANT LES CHANSONS QUI L’ONT TOUCHÉE DEPUIS SON ENFANCE. INSTALLÉE DANS LE SALON D’UN HÔTEL ZURICHOIS, LA CHANTEUSE RESSEMBLE À UNE PETITE FILLE ET LES ÉTOILES BRILLENT TOUJOURS AUTANT AU FOND DE SES YEUX.
Kim, Snapshots est un disque anniversaire : vous avez 50 ans et vous fêtez 30 ans de carrière dans la pop cette année. Comment avez-vous choisi les morceaux que vous reprenez sur le disque ?
J’en chantais déjà certains sur scène, comme A Little Respect d’Erasure, Sleeping Satellite de Tasmin Archer et Forever Young d’Alphaville. Par ailleurs, je voulais reprendre des chansons de différentes périodes. Certaines sont anciennes, comme Anyone Who Has a Heart de Cilla Black, qui m’avait marquée lorsque j’avais quatre ans. J’ai aussi demandé leur avis à mes amis et à mes fans, via Twitter.
N’avez-vous jamais eu envie de travailler avec les artistes que vous reprenez, comme Erasure, ou d’autres de votre génération, comme les Pet Shop Boys ?
J’avais beaucoup aimé le disque que les Pet Shop Boys ont fait avec Dusty Springfield. Ce serait merveilleux de faire quelque chose avec eux. Quant à Erasure, Vince Clark travaille de façon très similaire à mon frère Ricky lorsqu’il écrit et produit. Même technologie, mêmes influences, même sensibilité pour la musique pop. Une collaboration serait donc certainement très fructueuse avec eux aussi.
Comment était-ce de chanter avec votre frère Ricky (ndlr : il avait produit les plus grands tubes de Kim Wilde dans les années 80) sur To France, et avec votre mari Hal Fowler sur Kooks de David Bowie ?
Je suis très heureuse d’entendre Ricky chanter. Il faisait les chœurs sur mes anciens disques, mais on ne l’entendait jamais vraiment chanter. Il a une voix exceptionnelle ! Chanter avec mon mari, que jai rencontré sur la comédie musicale Tommy en 1996 à Londres, était une manière pour moi de le remercier pour son soutien. Vous savez, mon travail m’éloigne souvent de ma famille. En chantant avec lui, je me sens plus proche de lui.
Vous avez l’air plus décontractée que dans les années 80, et votre voix semble beaucoup plus puissante aussi.
Comme n’importe quel muscle, la voix se travaille. Cela fait 10 ans que je la travaille régulièrement. Mon mari, qui connaît bien le chant, m’a expliqué que les cordes vocales arrivent à maturation chez les femmes autour des 35 ans. J’ai arrêté à cette période-là. Lorsque j’ai recommencé, j’ai été surprise de constater qu’elle était plus forte, plus sûre et pouvait atteindre des notes qu’elle ne pouvait pas avant. Quand je vois mon père qui chante encore sur scène à 72 ans, je me dis que j’ai de bons gènes (rires).
Avez-vous plus de plaisir à chanter aujourd’hui ?
Je n’étais peut-être pas assez heureuse pour me sentir réellement bien sur scène dans les années 80. Je pense que la pause que j’ai prise dans les années 90, pour fonder ma famille et faire du jardinage, était nécessaire. Mon mari et mes enfants m’ont aidée à grandir émotionnellement.
Comment définissez-vous votre voix ?
C’est assez étrange. J’ai appris à mieux l’aimer ces dernières années, car elle s’est améliorée. Physiquement, je la trouve très enveloppante. Il m’arrive aussi de la trouver un peu fluette. Je suis consciente de ses limites, mais je dois accepter que l’histoire m’a choisie pour que les gens m’entendent (rires). Vous savez, les voix qui me touchent ne sont jamais des voix brillantes techniquement. Ce sont des voix capables de donner des émotions. Et je crois que c’est ce que je sais faire.
Snapshots, Kim Wilde, distr. Sony


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