Homeland

Homeland

Tout le contraire de l'hypocrisie
Texte / Tosca Waeber
Images / Gian Paul Lozza

HOMELAND. Un projet qui reflète le skate avec authenticité et sincérité sous la forme de prises de vue graphiques nocturnes et de portraits. À l’occasion de la sortie du livre, nous avons rencontré son créateur, Gian Paul Lozza, un vieux routier bien connu de la scène suisse du skate et du snowboard. Résumé d’un entretien vraiment décontracté sur l’avenir du ride.

Homeland est un rêve attendu depuis longtemps ?
Pour un photographe, publier un livre est certainement le summum. Un livre que tu puisses tenir dans tes mains, palper, avec TON nom dessus. Pour moi, c’est un grand moment. Il y a deux ans, j’ai pris des photos du parc alors qu’il était encore en construction. En arrière plan se trouvent tous les engins du chantier qui sont impossibles à distinguer sur les clichés. J’ai fait les portraits il y a environ un an. Ce sont des photos de skateurs qui, à mon avis, représentent l’âme du skatepark Homeland.

Quels sont tes points faibles et tes points forts ?
Mon point faible, c’est mon impatience… et mon point fort, c’est mon impatience. Quand je veux quelque chose, je me débrouille pour l’obtenir. Mais je peux aussi être infect quand les choses n’avancent pas et ça devient alors très désagréable (rires). J’aborde mon travail de manière consciente. J’ai des visions précises que j’impose et que j’applique.

Comment te vois-tu personnellement dans l’univers de la photographie ?
Comme un jeune photographe qui a beaucoup de cœur et qui tente de dépasser les frontières.

Comment vois-tu l’avenir du snowboard ?
Il y a vingt ans, il n’était pas mieux, simplement différent. Avant, c’était un style de vie et aujourd’hui, c’est devenu un sport. Beaucoup de choses ont évolué dans le bon sens. Pour moi, le problème se pose plutôt au niveau des formes de compétitions. Le halfpipe et le slopestyle se tournent complètement vers les figures libres, ce qui s’est déjà avéré fatal pour d’autres disciplines. Le skateboard, au contraire, reste fidèle à ses racines sur ce point.

Les projets publicitaires limitent-ils ta créativité ?
Parfois, je joue plutôt le rôle du mécanicien qui sait comment placer la lumière et, parfois, j’ai le droit de me défouler.

Quelles valeurs associes-tu à ton travail ?
La sincérité. Tout tourne autour d’elle. J’ai du mal avec ce qui est "artificiel". Je suis né paysan des montagnes grison et je suis donc imprégné de cette culture. À mes yeux, beaucoup de choses dans ce monde sont devenues très hypocrites. Ce qui me manque souvent, ce sont la sincérité et la morale. Mais j’essaie d’intégrer moi-même ses valeurs et d’en faire une ligne de conduite. Mes projets se veulent simples, très directs et rectilignes. C’est ça que je veux.

La Trace Gallery se vide peu à peu. Ce soir, photographes, étudiants, acteurs et amateurs d’art s’y étaient donné rendez-vous. Les clichés graphiques et semblables au rêve du parc ainsi que les portraits individuels des skateurs zurichois nous rapprochent pas à pas de la communauté locale de skateurs. Pour Gian Paul Lozza, ce projet est un retour aux origines de sa carrière. Le skateboard.

Pour commander le livre, rendez-vous sur hakuin-verlag.com

lozzaphoto.com

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