Mat Schaer

Mat Schaer

EN SNOWBOARD, IL N’ARRÊTE PAS DE FAIRE RÊVER. SON STYLE FLUIDE ET SES PARTS DANS LES VIDÉOS ABSINTHE, SON CÔTÉ CALME ET RÉFLÉCHI QUAND ON LE RENCONTRE EST DÉCONCERTANT. MAIS CE QUI NOUS ÉPATE ENCORE PLUS, C’EST QUE CE JEUNE HOMME DE 24 ANS EST EN TRAIN DE TROUVER LA PARFAITE HARMONIE ENTRE SON SPORT, SES ÉTUDES ET SON ENGAGEMENT DANS LES PROJETS ÉCOLOGIQUES ET SOCIAUX. UN ENTRETIEN SUR LE THÈME DE SA WORK-LIFE BALANCE.


«Depuis tout petit, j’essaie de mettre en œuvre la philosophie que mon père m’a constamment inculqué : celle d’avoir toujours plusieurs cordes à son arc. J’étudie les sciences environnementales à l’EPFL de Lausanne, j’entre en deuxième année, ce qui s’annonce être un gros pari qu’il va falloir concilier avec mon sport. Un compromis pas toujours facile...» Tu es engagé dans des projets écologiques et sociaux... C’est une énorme satisfaction personnelle. Je suis tellement chanceux d’avoir pu vivre de ma passion, que je me sens rede- vable d’aider des gens en difficultés, la planète ou encore des projets en Afrique comme au Burkina Faso, où je connais un percussionniste, avec qui je me suis lié d’amitié il y a quatre ans. Depuis toujours, son projet était de réaliser un centre de musique et de danse traditionnelle sur place. Je trouve ça absolument génial! Je l’aide donc financièrement et personnel- lement dans ce projet. J’y suis allé pendant trois semaines au mois de juin et j’en suis revenu changé. Ça m’a tellement tou- ché... Voir ces enfants jouer, danser, rire et faire de la musique, au lieu de traîner dans la rue. J’avais rarement vu quelque chose d’aussi fort que l’énergie qu’ils te transmettent à travers leur sourire. C’était la récompense de tout ce travail investi.

Au-delà des sciences environnementales, mes études en- gendrent encore un autre projet : Unipoly. C’est une association qui a pris forme au sein du campus universitaire et qui consiste à contribuer au développement durable. Du jardin potager commun pour les étudiants, aux évènements de sensibilisation, en passant par des conférences, tout ce qui touche à cela passe par chez nous. C’est beaucoup de travail et d’engagement. Mais ce qui est beau, c’est que nous avons de l’impact. Nous sommes actuellement plus de 50 membres actifs, et nous touchons toujours un peu plus d’étudiants. On collabore également avec
toutes les cafétérias de l’UNIL et l’EPFL! Actuellement, nous coopérons également avec Summit Foundation sur deux ou trois projets. On veut lancer, entre autres, une journée de ra- massage de déchets à Champéry. Qu’est-ce qui te rend heureux? De pouvoir faire tellement de choses différentes, c’est très enrichissant. Les études et le snow sont celles qui me prennent le plus de temps mais ce qui me rend vraiment heureux, c’est cet équilibre spirituel entre les études, le snow, mon engage- ment dans les projets sociaux. J’ai absolument besoin des trois. Aller rider et découvrir des endroits merveilleux, mais aussi me déconnecter et aller étudier à fond, apprendre, enrichir ma connaissance et me sentir utile, et rencontrer des gens à travers les associations. Et bien sûr le Burkina Faso, où j’ai vu le fruit de mon travail, ce qui m’a encore procuré un tout autre plaisir, que je ne connaissais pas auparavant avant. Une très belle sensation... Ne te sens-tu jamais débordé? Si, si, cela m’arrive quelquefois quand je veux en faire trop, et quand je n’arrive plus à gérer le
tout, comme mes relations personnelles... Avoir une bonne orga- nisation et de bien faire les choses est très important. Si je n’arrive pas à atteindre tous mes objectifs, peut-être bien que je me poserai la question s’il n’aurait pas plutôt fallu faire qu’une seule chose à la fois. Mais la pression vient aussi et surtout de l’extérieur, et ça a un impact sur ma carrière de snowboardeur. Je reviens sur le fait de devoir trouver son propre équilibre. Quand tu aimes ce que tu fais et que tu le fais avec ton cœur, tu vas réussir!

Qu’est-ce que le nom de Heavy Mental veut dire pour toi?

Je n’y ai pas trop réfléchi, mais quand je l’entends il me fait pen- ser à tout le travail mental qu’il te faut pour faire une saison de snowboard, donc cela colle très bien. En snowboard, quand tu te lances sur un jump ou une ligne, le mental doit être fort, lourd et puissant. Il ne faut jamais être découragé. Tu dois toujours être concentré, surtout quand tu as vraiment l’objectif d’avoir une bonne part chez Absinthe. Tu peux avoir un peu peur, tu peux te faire mal, mais il faut rester confiant!

L’équilibre parfait?

J’aimerais beaucoup pouvoir me réorienter dans les études sur la nature, particulièrement dans les études de la montagne, de la neige et de la question qui s’impose, le réchauffement climatique...